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Je m'appelle Bijan Mannani. Je parlerai au nom de Landmark Homes Canada. Je suis accompagné de Haitao Yu, chercheur principal de Landmark Homes Canada.
La principale activité de Landmark Homes est la construction de maisons résidentielles en Alberta. Nous avons également une petite succursale à Phoenix, en Arizona. Nous avons commencé à construire des maisons en 1977, en Alberta. Nous avons construit plus 15 000 maisons dans cette province.
L'entreprise s'est lancée dans la construction de maisons écoénergétiques en 2006. En 2008, nous avons adopté les quatre principes de la durabilité établis par The Natural Step Canada, et nous avons créé une entreprise dont l'objectif stratégique était d'allier le principe de durabilité écologique à l'industrialisation des procédés de construction pour les appliquer à l'industrie de la construction résidentielle.
En 2011, nous avons démarré une usine qui fabrique des sections de maisons préfabriquées, comme des blocs Lego. Notre objectif était de réduire le gaspillage et les émissions de gaz à effet de serre tout au long du processus de construction en évitant que divers entrepreneurs et partenaires commerciaux utilisent leur propre véhicule pour livrer des matériaux aux sites de construction et en éliminant certaines pratiques inefficaces du marché de la construction classique. Nous avons aussi commencé à utiliser des enveloppes de bâtiment très hermétiques qui permettent d'atteindre un degré de précision calculé au millimètre près et de maintenir le taux de renouvellement d'air bien en dessous d'un renouvellement par heure; le meilleur rendement que nous avons atteint est un taux de 0,41 renouvellement par heure. L'objectif est ensuite de faire en sorte que toute notre gamme de produits offerts sur le marché répondent aux normes de construction de maisons écoénergétiques et de maisons à consommation énergétique nette zéro et dépassent les normes du Code national du bâtiment d'au moins 15 %.
En 2017, à Edmonton, nous avons présenté notre cinquième maison modèle à consommation énergétique nette zéro. Il s'agit d'une maison unifamiliale à un coût de moins de 400 000 $, ce qui comprend le terrain, le bâtiment et toute la gamme d'options et d'améliorations. Nous nous apprêtons maintenant à intégrer deux autres modèles de maison à consommation énergétique nette zéro à notre offre régulière pour le marché d'Edmonton.
Notre entreprise a été reconnue comme l'un des 22 constructeurs de maisons à consommation énergétique nette zéro qualifiés au Canada et l'un des trois constructeurs de maisons à consommation énergétique nette zéro et de maisons écoénergétiques qualifiés à Edmonton.
Notre objectif — et nous croyons qu'il faut accélérer le processus en ce sens — est de mettre en place un régime d'étiquetage et de modélisation énergétique obligatoire tant pour les nouvelles maisons que pour le marché de la revente afin de sensibiliser les consommateurs et ainsi changer la perception de ceux qui croient que le statu quo est acceptable et stimuler la demande pour les maisons écoénergétiques. C'est un changement important à apporter.
Le deuxième aspect que le gouvernement fédéral devrait étudier, ce sont les investissements dans les activités de recherche et de développement qui ont trait aux fenêtres et aux systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation. Cependant, nous croyons qu'il faut surtout se concentrer sur l'enveloppe de bâtiment et la science du bâtiment.
Pour ce qui est du financement de projets spéciaux ou de projets pilotes, je crois que c'est un domaine où le gouvernement fédéral pourrait intervenir et mettre en oeuvre un plan pour accélérer, mais de façon graduelle, l'intégration de normes écoénergétiques plus rigoureuses au Code national du bâtiment afin d'imposer de telles exigences partout au Canada. Actuellement, toutes les provinces n'ont pas la même approche. Le gouvernement fédéral doit coordonner efficacement les efforts pour promouvoir les mesures en matière de logement écoénergétique.
La question de la rénovation de bâtiments existants a été soulevée. Actuellement, il n'y a aucun programme à cette fin en Alberta. Ce n'est pas notre domaine, mais je crois que ce genre d'initiative axée sur l'efficacité énergétique aurait une incidence considérable sur le marché. Si tous les intervenants s'entendent, et si les exigences sont établies clairement et de manière graduelle, alors nous pourrons tous en profiter et apporter les changements nécessaires.
Pour ce qui est des mesures qui visent à réduire davantage notre empreinte de carbone et à accroître l'efficacité énergétique, nous croyons que, en Alberta, où nous avons établi l'usine de fabrication de sections hors chantier, cela permettra non seulement de diversifier l'économie, mais aussi de créer des possibilités d'emploi et d'offrir un environnement de travail plus sécuritaire. Comme je l'ai souligné plus tôt, la méthode de construction résidentielle classique génère en moyenne environ 15,4 tonnes d'émissions de gaz à effet de serre. Cela ne comprend pas les émissions générées pendant l'utilisation du bâtiment.
Notre processus de fabrication nous a permis de réduire ces émissions de gaz à effet de serre de 6,42 tonnes. C'est une baisse considérable. Si on construit en moyenne 250 000 maisons au Canada, cela signifie que la fabrication hors chantier pourrait, à l'instar du préassemblage dans l'industrie automobile, réduire de façon considérable les émissions de gaz à effet de serre de l'industrie et atténuer notre empreinte de carbone.
Je crois que nous devons adopter graduellement des normes d'efficacité énergétique plus rigoureuses. Il faut les mettre en place de façon graduelle, selon un échéancier précis afin de permettre à tous les partenaires commerciaux de l'industrie — y compris les constructeurs et les installateurs de fenêtres, d'enveloppes de bâtiment et de systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation — de coordonner leurs efforts.
Maintenant, si vous avez des questions, je serai ravi d'y répondre.
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Merci beaucoup, madame la présidente. Je remercie le Comité de m'avoir invité à témoigner.
J'aimerais expliquer brièvement le point de vue de notre conseil sur la façon dont les bâtiments écologiques peuvent aider le Canada à remplir ses engagements à l'égard des émissions de gaz à effet de serre et des changements climatiques. Au Canada comme dans le monde entier, on considère généralement qu'environ 30 % des émissions de gaz à effet de serre sont associées aux bâtiments — y compris la construction et l'utilisation du bâtiment —, et cela s'applique également au Canada.
Nous avons un document de présentation que nous allons vous distribuer. Vous verrez que, jusqu'à présent, l'industrie de la construction a fait beaucoup de progrès, notamment en appliquant des systèmes d'évaluation volontaire ainsi qu'en adoptant des normes volontaires comme la norme Leadership in Energy and Environmental Design, ou LEED. Au Canada, les bâtiments LEED occupent maintenant plus d'un milliard de pieds carrés, et la norme LEED est devenue la norme de bâtiment écologique la plus largement reconnue au Canada.
Non seulement les bâtiments écologiques sont avantageux pour l'environnement, mais ils créent des emplois et stimulent la croissance économique. Nous avons produit un rapport qui est accessible sur notre site Web. À la fin de 2014, l'industrie des bâtiments écologiques a contribué au PIB à hauteur de 23 milliards de dollars, et 300 000 emplois étaient directement liés à la construction écologique. Comme vous pouvez le constater, au chapitre de l'emploi, ce secteur a dépassé les secteurs forestier, minier, pétrolier et gazier. Au-delà des avantages écologiques, ce secteur offre des perspectives économiques exceptionnelles au Canada.
Jusqu'à présent, selon les chiffres disponibles à la fin de 2016, on estime que, dans l'ensemble du pays, les bâtiments LEED, y compris ceux construits par le gouvernement fédéral, ont permis de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 1,8 million de tonnes par année, d'économiser environ 18 milliards de litres d'eau et de réduire de 2,1 millions de tonnes les rebuts de construction et de démolition qui se retrouvent dans des sites d'enfouissement.
Ce ne sont là que quelques chiffres actuellement disponibles qui soulignent les avantages écologiques et économiques. Ce que nous recommandons au gouvernement — et c'est un aspect très important —, c'est de continuer de promouvoir les normes volontaires de l'industrie. La norme LEED ainsi que d'autres normes de l'industrie ont vraiment permis d'accroître les capacités dans ce secteur. Elles ont favorisé l'acquisition de connaissances qui, au fil du temps, ont permis à l'industrie de perfectionner continuellement ses méthodes en ce qui concerne notamment la gestion efficace de l'eau, le recyclage, mais surtout, l'efficacité énergétique.
Comme vous pouvez le constater, la norme LEED a contribué de façon considérable à la construction de bâtiments qui surpassent les exigences du code du bâtiment, ce qui a permis, dans une large mesure, de montrer l'exemple à suivre lorsqu'il s'agit d'inscrire des normes plus ambitieuses dans les codes du bâtiment national et provinciaux.
Enfin, le gouvernement a établi une politique sur la norme LEED or en 2005. Nous recommandons au gouvernement de jouer un rôle de premier plan, notamment à l'égard de l'attribution des marchés relatifs à l'immobilier, qu'il s'agisse de marchés de construction, de rénovation ou de location de locaux. Nous recommandons au gouvernement de continuer de promouvoir l'adoption de normes volontaires dans le cadre de ses propres politiques sur les marchés publics, notamment en rehaussant ses politiques sur les bâtiments écologiques en fonction de la norme LEED platine, soit la norme de rendement la plus élevée pour les bâtiments actuels et la construction de nouveaux bâtiments. Le gouvernement pourrait aussi commencer à se pencher sur la nouvelle norme du marché, dont je vais parler dans une minute, qui vise à promouvoir les bâtiments à émissions de carbone nettes zéro.
Selon le Conseil, pour que nous puissions atteindre nos cibles de réduction des émissions de carbone, notre réflexion doit commencer à porter moins sur l'énergie, mais davantage sur un paramètre quelque peu différent, soit les émissions de carbone. Nous sommes tout à fait favorables à l'adoption d'une approche axée non seulement sur l'énergie, mais également sur les émissions de carbone. Prenons l'exemple de deux bâtiments situés au Québec dont l'efficacité énergétique est identique. Si l'un d'eux est chauffé au gaz, et l'autre, à l'électricité, celui qui est chauffé au gaz produit 36 fois plus d'émissions de gaz à effet de serre que celui qui est chauffé à l'électricité.
Cela démontre que la source d'énergie est un facteur extrêmement important, tout comme la région du Canada où se trouve le bâtiment. Nous devons tirer parti des sources d'énergie propre du Canada. J'habite à Vancouver, en Colombie-Britannique, où l'électricité provient à 95 % de sources qui ne produisent pas d'émissions de gaz à effet de serre. Au Québec et au Manitoba, nous devons tirer parti de ces sources d'énergie propre afin d'amorcer la transition vers un secteur de la construction à faibles émissions de carbone.
C'est un domaine sur lequel le Canada et le Conseil se penchent en vue de créer des bâtiments à émissions de carbone nulles. C'est, en fait, en vue de créer le parc immobilier de l'avenir. Dans 10, 20, 30 ou 40 ans, nous aurons besoin de bâtiments qui produisent le moins possible d'émissions de carbone. Il faut toutefois tenir compte des coûts énergétiques et de l'efficacité énergétique. L'objectif, c'est de créer des bâtiments qui nécessitent très peu d'énergie.
Nous avons lancé la norme zéro carbone l'an dernier. Dix autres pays ont approuvé la norme zéro carbone pour les bâtiments, dont l'Australie, ou sont en train d'élaborer une telle norme, notamment l'Allemagne et le Brésil. C'est un secteur d'innovation dans le monde entier.
Il importe d'établir un équilibre entre la norme zéro carbone et une haute efficacité énergétique, puisqu'il nous faut toujours assumer les coûts énergétiques, bien sûr, notamment les coûts liés au gaz et à l'électricité. Il faut également tenir compte des sources d'énergie renouvelable. Cette énergie renouvelable peut être en partie produite sur place ou peut être obtenue à l'extérieur au moyen d'un certificat d'énergie renouvelable et, comme je l'ai mentionné, à partir de sources d'hydroélectricité propre et presque sans émission de carbone.
À l'heure actuelle, cette norme est utilisée dans le cadre de 16 projets dans diverses régions du pays. L'industrie est convaincue qu'elle est en mesure de respecter cette norme. En fait, un projet du gouvernement fédéral fait partie du projet pilote. Le gouvernement provincial de l'Ontario et des administrations locales au Canada mènent également leur propre projet dans le cadre du projet pilote. Il y a également des projets du secteur privé. Ces projets sont variés et vont d'un petit projet d'approvisionnement en eau à Walkerton, en Ontario, à une tour de bureaux de 60 étages sur Bay Street, à Toronto. Manifestement, l'industrie est disposée à faire ce genre d'investissement, et elle a également besoin de l'appui du gouvernement, notamment en matière de politique, de recherche et de développement, pour faire avancer cette partie des travaux.
Cela dit, nous avons examiné de façon plus générale le secteur de la construction. Après avoir produit plusieurs rapports de recherche, qui, je le répète, peuvent être consultés sur notre site Web, nous avons conclu que nous ne serons pas en mesure d'atteindre nos objectifs en matière de réduction des émissions de carbone sans modernisation des bâtiments. Quand je parle de modernisation, il n'est pas question pour le moment de maisons unifamiliales. Je parle plutôt de bâtiments plus grands, c'est-à-dire de plus de 25 000 pieds carrés environ. Nous ne disposons pas de données parfaites, mais, selon les sources consultées, il pourrait y avoir plus de 400 000 grands bâtiments environ au Canada pouvant faire l'objet d'une modernisation. En modernisant les bâtiments, on pourrait réduire, d'ici 2030, trois fois plus d'émissions de gaz à effet de serre que si chaque nouveau bâtiment d'ici 2030 est construit selon la norme zéro carbone. Voilà le potentiel de réduction de gaz à effet de serre qu'offre le secteur de la modernisation. Le Canada peut réellement jouer un rôle de chef de file pour la modernisation des bâtiments existants.
Dans le cadre de la modernisation des bâtiments, on a recours à des stratégies très précises, qu'il s'agisse de la remise en service de systèmes, de rénovations importantes donnant lieu à des réductions de 20 % à 40 % de la consommation d'énergie, ou encore d'une combinaison, c'est-à-dire de l'énergie solaire ou d'une autre source d'énergie renouvelable et du changement de combustible. Pour ce qui est du changement de combustible, cela signifie de passer d'un combustible fossile à un combustible au carbone, que ce soit l'électricité ou l'énergie renouvelable sur place, l'énergie géothermique. C'est de ce genre de stratégie dont il s'agit.
Ce sont les quatre stratégies prévues, et nous avons établi une feuille de route. Cela touche à l'une des questions auxquelles vous nous avez demandé de répondre. Nous avons établi une feuille de route pour la modernisation au Canada. Vous constaterez que les stratégies sont différentes selon l'endroit où sont situés les immeubles. Par exemple, dans une région comme le Québec, où le crédit de carbone est bas, il est préférable de mettre l'accent sur la modernisation, les rénovations importantes et le changement de combustible. La production d'énergie renouvelable y est probablement moins importante, puisqu'on y dispose déjà d'une bonne source d'énergie propre. Dans une région où le crédit de carbone est élevé, il faut mettre l'accent sur la production d'énergie renouvelable plutôt que sur le changement de combustible, puisqu'il ne serait pas très sensé de remplacer un combustible par un autre qui est considéré comme étant plus polluant.
Une occasion nous est offerte de bien examiner la situation et de cibler, dans l'ensemble du pays, les initiatives en fonction de la région, de l'âge du bâtiment et du type de bâtiment. L'approche retenue serait vraiment ciblée, et, plutôt que 100 000 bâtiments, ce serait seulement de 50 000 à 60 000 bâtiments qui seraient visés.
J'aimerais ajouter en terminant que le gouvernement du Canada a l'occasion d'investir dans la modernisation. Nous recommandons que tous les ministères et organismes responsables élaborent des stratégies pluriannuelles en matière de modernisation. Nous recommandons également que le gouvernement affecte 1 milliard de dollars de la Banque de l'infrastructure du Canada pour la modernisation de bâtiments commerciaux et d'immeubles résidentiels tant dans le secteur public que privé. Des garanties doivent également être prévues, de sorte que l'on puisse vérifier que les travaux de modernisation donnent lieu aux améliorations du rendement voulues, tant sur le plan de l'énergie que celui des émissions de gaz carbonique.
Je m'arrête ici, puisque les dernières recommandations se passent d'explication.
Je vous remercie.
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Bonjour. Je m'appelle Mike Giroux et, comme vous l'avez mentionné, je suis le chef de la direction du Conseil canadien du bois.
Je possède une expérience variée, notamment dans le domaine de l'entrepreneuriat et de la construction de maisons à ossature en acier de faible épaisseur. J'ai travaillé dans l'industrie du ciment et je travaille maintenant dans l'industrie des produits du bois depuis huit ans. J'ai aussi passé un peu de temps au Conseil national de recherches.
Maintenant que j'ai parlé un peu de moi, passons au Conseil canadien du bois. La mission de l'organisme comporte deux volets. Le premier consiste à assurer la juste reconnaissance des produits du bois et des systèmes de construction dans les codes nationaux du Canada. Ce volet est très important puisque tout ce qui est reconnu est construit. Je vais revenir à ce point dans le contexte de l'écodurabilité dans un instant.
Le deuxième volet consiste à former tous les intervenants du secteur de la construction, allant des architectes aux ingénieurs, en passant par les constructeurs et les étudiants. Nous fournissons des outils et des logiciels à cette clientèle.
En faisant tout cela, nous investissons fortement dans le processus d'élaboration des codes. Nous participons non seulement à l'élaboration de modèles avec le Conseil national de recherches à Ottawa, mais aussi à l'adaptation et à l'adoption de codes nationaux à l'échelle provinciale. Nous participons aussi grandement aux démonstrations. Dans ce cas-ci, nous collaborons avec nos partenaires financiers et nos partenaires en recherche et développement pour faire la démonstration d'immeubles en bois, l'idée étant d'atténuer les risques associés à ces immeubles afin que leurs caractéristiques puissent un jour être intégrées aux codes du bâtiment.
C'est ce que nous faisons. Je suis un peu préoccupé par certains commentaires sur le code du bâtiment. Vous le savez probablement tous, mais les codes du bâtiment et les normes connexes sont mis à jour tous les cinq ans. Il s'agit d'un long intervalle. Aux États-Unis, l'intervalle est de trois ans.
On pourrait dire qu'une telle procédure nuit à l'innovation. Ce n'est sans doute pas parce qu'ils sont très axés sur les objectifs fondamentaux dans le code et que ceux-ci doivent être protégés à tout prix. Ces objectifs distincts, qui découlent de toutes les exigences techniques, comprennent la consommation d'énergie et d'eau; la protection et la sécurité sur le plan structurel et la protection contre les incendies; et la santé et la sécurité. Vous remarquerez que le code ne contient pas d'objectif fondamental relatif à la durabilité, à l'énergie et au CO2. Nous avons discuté de ces sujets, mais ils ont été jugés compliqués. Il faudrait d'énormes pressions politiques pour forcer leur ajout dans les codes.
Voici mon introduction. J'aimerais commenter certains de ses points principaux. Je ne suis pas nécessairement un expert sur ceux-ci.
Premièrement, en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre, les mesures de réduction dans le secteur du bâtiment et la façon dont elles peuvent être accélérées avant la prochaine mise à jour du code du bâtiment. De toute évidence, il est trop tard pour ajouter un objectif dans le code. Deuxièmement, le leadership du secteur public est non seulement très utile, mais aussi nécessaire. Nous pouvons examiner les pratiques de gestion immobilière des gouvernements à l'échelle fédérale ou provinciale. Elles doivent être moins normatives et plus neutres en ce qui concerne le matériau. Il faut qu'elles aillent au-delà des coûts initiaux en vue de tenir compte des répercussions de l'analyse du cycle de vie puisqu'il s'agit de répercussions environnementales.
C'est important dans notre cas, car non seulement nous nous penchons sur la nature opérationnelle et séquestrée de notre produit, mais nous pouvons faire de même pour tout immeuble, si nous le souhaitons. À cette fin, vous examinez des produits qui peuvent séquestrer le carbone. Le béton est l'un de ces produits. Il existe d'autres produits énergivores intéressants. Si vos décisions sont prises partiellement et il est très important de prendre cet élément en considération.
Au Québec, il y a la Charte du bois. Selon cette politique, le bois doit également être pris en considération. La politique n'exige pas que le bois soit choisi comme matériau de construction. Elle stipule que le bois doit faire l'objet de la même considération que les autres matériaux. Je trouve cette directive très intéressante et elle offre une possibilité. Cependant, il ne devrait même pas être nécessaire d'utiliser le terme « bois » dans la politique. Celle-ci devrait exiger que tous les matériaux soient pris en compte. Un aspect très intéressant de la politique est son idée de passer au palier suivant et d'établir une unité de mesure connexe pour les émissions de carbone. La politique traite ensuite du besoin d'élaborer un outil, dont la conception est en cours au Québec. À cette fin, un partenariat a été conclu avec l'Ontario et un autre sera établi avec la Colombie-Britannique.
Sur le plan de l'analyse du cycle de vie, cet outil permettra de déterminer la quantité réelle de carbone provenant des immeubles, surtout à l'échelle du corps à l'heure actuelle et sur le plan opérationnel plus tard. L'outil devrait aussi permettre de prendre de bonnes décisions. Les réductions en émissions de carbone qui sont réalisées maintenant ont tendance à s'accumuler ou elles devinent une bonne histoire au fil du temps, car, si vous évitez des émissions maintenant, vous évitez aussi leurs futures répercussions. Cela dit, il est inutile d'avoir un tel programme si vous n'en surveillez pas l'application.
Il y a une autre possibilité et cette possibilité consiste à adopter une vision industrielle, c'est-à-dire une vision de la direction que nous voulons prendre. Si vous examinez la possibilité, vous pouvez voir qu'il y a des produits existants et de nouveaux produits et qu'ils se combineront dans les immeubles à l'avenir. En ce qui concerne les immeubles futurs, nous n'avons pas effectué beaucoup de recherche et de développement dans ce domaine. Nous n'avons mené aucune analyse des répercussions sur le cycle de vie. Nous ne savons pas vraiment si les nouveaux produits ou les nouveaux immeubles représentent une amélioration par rapport à la dernière génération d'immeubles. Je pense que le groupe de Thomas et certains de nos autres programmes commencent à nous diriger en ce sens. Nous devons toutefois vraiment examiner la question dans le contexte d'une vision globale qui inclut l'industrialisation relativement à la préfabrication des immeubles. De cette façon, la vision peut porter sur la réduction des émissions de CO2 ou la réduction énergétique.
Au bout du compte, il s'agit de répercussions environnementales. À l'avenir, la saveur du jour pourrait être l'eau. Cependant, lorsque l'industrie connaît la vision, elle peut la respecter et prendre des mesures en ce sens dans ce domaine. Je trouve intéressant que, lorsque vous savez ce que vous allez faire, vous puissiez rendre compte sur le sujet. Vous pouvez produire des rapports sur la durabilité qui prouvent que vous l'avez améliorée et qui montrent au public que vous souhaitez aussi l'améliorer et que vous avez prouvé cette direction.
Le marché des rénovations est énorme. Comme Thomas l'a indiqué, ce marché est probablement plus grand que celui des nouveaux immeubles à l'avenir. Je n'ai rien à ajouter aux observations de Thomas, sauf peut-être en ce qui concerne la taxe sur le carbone qui est envisagée. Un des avantages de la taxe est qu'elle pourrait entraîner un changement de comportement puisqu'elle a une incidence sur le niveau des produits et rend certains produits plus dispendieux que d'autres. Je pense que cette possibilité est très intéressante et j'encouragerais le gouvernement à poursuivre ses démarches dans cette direction.
L'autre caractéristique du marché des rénovations est son adaptabilité. Au bout du compte, si un nouvel immeuble n'est pas conçu pour être adaptable — vous pouvez aussi vous servir du mot « durable » pour décrire la longévité de l'immeuble —, les coûts seront plus élevés à l'avenir. Cela représente une occasion pour les codes du bâtiment.
Comment pouvons-nous favoriser davantage la consommation énergétique nette zéro? Beaucoup de travail se fait dans ce domaine. Il est très encourageant de voir des entreprises comme Landmark se tourner non seulement aux réalisations canadiennes, mais aussi aux réalisations étrangères. J'aimerais pouvoir dire qu'une bonne partie de nos activités de recherche et développement ne sont pas axées sur les inventions, car celles-ci ne sont pas nécessaires. Au bout du compte, nous pouvons réaliser beaucoup de choses en apprenant à adopter et adapter des innovations d'ailleurs. Il existe de merveilleuses technologies en Allemagne, en Autriche et dans d'autres pays étrangers que nous pourrions importer au Canada.
Il s'agit des points que je souhaite soulever aujourd'hui.
Je vous remercie énormément de m'avoir permis de prendre la parole.
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Je vous remercie, mesdames, messieurs, de me donner l'occasion aujourd'hui de vous parler de ce qui est considéré par notre industrie comme le plus grand défi de notre société, c'est-à-dire la lutte contre les changements climatiques et le moyen de s'attaquer au problème en réduisant les gaz à effet de serre provenant du secteur de la construction industrielle et du secteur des transports.
L'industrie du ciment et du béton fournit un apport économique direct et indirect d'environ 73 milliards de dollars au Canada et emploie environ 151 000 Canadiens. Elle appuie la prise de mesures vigoureuses pour lutter contre les changements climatiques, notamment la tarification du carbone. À compter de cette année, toutes les cimenteries canadiennes, sauf une, se trouvent dans une province qui tarifie déjà le carbone.
Alors que les gouvernements adoptent la tarification du carbone, ils doivent tenir compte des répercussions d'un tel système sur la compétitivité, surtout celle des industries les plus énergivores et les plus tributaires du commerce. L'industrie du ciment est l'une des industries canadiennes les plus énergivores et les plus tributaires du commerce, et elle est très susceptible à ses compétiteurs des marchés d'importation et d'exportation qui n'ont pas de filet de sécurité semblable pour la tarification du carbone, comme l'ensemble des États-Unis, sauf la Californie.
Heureusement, dans l'ensemble, tous les systèmes de tarification du carbone du Canada, y compris le filet de sécurité fédéral pour la tarification du carbone, trouvent un juste équilibre entre les incitatifs à la réduction des émissions et d'autres mesures visant à protéger l'industrie canadienne et même à accroître sa compétitivité pendant la transition vers une économie à faibles émissions de carbone. Le système de tarification du carbone de la Colombie-Britannique est la seule exception.
Pourquoi la tarification du carbone et les industries énergivores et tributaires du commerce jouent-elles un rôle important dans la discussion sur les changements climatiques et l'environnement bâti? C'est parce que, bien que les systèmes de tarification du carbone bien conçus puissent favoriser les innovations à faible émission de carbone dans les industries qui appuient l'environnement bâti du Canada, ces innovations ne peuvent pas s'épanouir dans un environnement stratégique qui ne les inclut pas activement dans le processus décisionnel sur l'environnement bâti.
Prenez en considération le fait que, en règle générale, les trois ordres de gouvernement achètent, directement ou indirectement, environ 60 % de tous les matériaux de construction utilisés au Canada et que le béton forme le gros de ces matériaux. Prenez aussi en considération que nos codes du bâtiment et de l'énergie représentent les codes minimaux. Nos codes du bâtiment ne sont pas des modèles par excellence comme vous et la plupart des Canadiens le croient. S'ils ne sont pas modifiés considérablement, ils nuiront à l'innovation à faible émission de carbone au lieu de l'accélérer, comme Michael Giroux l'a indiqué dans ses commentaires.
En règle générale, les décisions d'approvisionnement prises par les gouvernements mettent l'accent sur le faible coût des soumissions. Nous octroyons toujours les contrats aux plus bas soumissionnaires. Les gaz à effet de serre et l'adaptation aux changements climatiques sont rarement pris en considération. Lorsque les gouvernements tiennent compte des changements climatiques dans un environnement bâti, ils le font en se servant de politiques normatives comme celle du « bois en premier » plutôt qu'en tirant profit des marchés pour favoriser l'innovation globale et systémique pour l'énergie propre ou la croissance propre.
Permettez-moi de vous donner un exemple. Récemment, des intervenants de notre secteur provenant de partout au Canada se sont réunis pour promouvoir l'utilisation d'un nouveau ciment, le ciment Portland au calcaire, afin de réduire les gaz à effet de serre produit par le ciment. Le ciment Portland au calcaire réduira de 10 % l'empreinte des gaz à effet de serre sans frais. Si la décision est prise de remplacer complètement tous les ciments vendus au Canada, le ciment Portland au calcaire pourrait réduire les émissions de CO2 d'environ une mégatonne par année et, comme je l'ai dit, ce serait sans frais.
Bien que le ciment Portland au calcaire réponde aux mêmes normes de rendement que celles du ciment à usage général, soit utilisé en Europe depuis des décennies et soit reconnu dans le Code national du bâtiment du Canada de 2010, il ne jouit pas d'une grande popularité dans l'ensemble du Canada. C'est parce que les organismes responsables des codes et des normes de l'industrie de la construction qui relèvent d'organismes d'achats gouvernementaux chargés de planifier et de commander des projets d'infrastructure ne voient pas encore la valeur des innovations dans les matériaux de construction à faible émission de carbone et l'industrie de la conception ou n'offrent pas d'incitatifs en ce sens.
Plus de la moitié de tout le béton produit au Canada est acheté par les gouvernements. Or, d'un trait de plume, ils pourraient faire en sorte que le ciment Portland au calcaire soit le ciment utilisé par défaut dans la majorité des projets réalisés au Canada. Pourtant, les efforts déployés par notre industrie à cette fin sont inexorablement rejetés. Grâce à cette innovation, nous pouvons combler environ 2 % de l'écart relatif aux émissions que le gouvernement a désigné et qu'il doit combler pour atteindre son objectif de 2030.
Les infrastructures pavées représentent un exemple important. Des évaluations rigoureuses du cycle de vie ont été menées par des tiers et elles prouvent de façon irréfutable les avantages financiers et pour le climat des chaussées en béton par rapport aux chaussées en asphalte. Les chaussées en asphalte durent de 7 à 12 ans. Les chaussées en béton durent de 40 à 50 ans, coûtent moins au cours de leur durée de vie et peuvent augmenter le rendement du carburant de 7 %. À elles seules, ces caractéristiques pourraient réduire les émissions de gaz à effet de serre d'un maximum de 12 000 tonnes par kilomètre de voie sur un cycle de vie de 50 ans, comparativement à une route asphaltée typique.
Comparez les deux exemples aux interventions politiques incessantes dans l'ensemble des codes du bâtiment du Canada et aux centaines de millions de dollars investis par les gouvernements fédéral et provinciaux pour défendre les produits du bois, surtout les grands bâtiments de bois, dans le cadre d'une importante stratégie de réduction des émissions de carbone. Vous pouvez voir pourquoi nous sommes exaspérés.
Les conséquences de telles politiques sur l'environnement bâti, y compris la possibilité d'établir d'une stratégie de croissance propre axée sur un marché robuste, ouvert et concurrentiel et destinée aux immeubles et aux matériaux de construction, sont énormes. Pourtant, l'hypothèse sous-jacente que les immeubles en bois fournissent des avantages nets en matière de carbone par rapport aux autres options n'a jamais été clairement formulée, et a encore moins fait l'objet d'un examen approfondi par les pairs. C'est d'autant plus troublant en raison des lacunes de mieux en mieux documentées dans la compréhension actuelle du profil de la teneur en gaz carbonique des produits du bois.
La recherche sur les répercussions de l'exploitation forestière commerciale sur les gaz à effet de serre suggère que l'effet sur le profil de la teneur en gaz carbonique des produits du bois est considérable. Selon un rapport du Bureau of Land Management dans l'Ouest de l'Oregon, si on tient compte non seulement des répercussions de la déforestation sur le changement d'affectation des terres, mais aussi des repousses, environ 13 tonnes de gaz à effet de serre sont libérées dans l'atmosphère pour chaque tonne séquestrée dans un produit du bois. C'est bien loin de la neutralité carbonique revendiquée par l'industrie du bois et les ministères fédéral et provinciaux des Ressources naturelles.
Vous comprendrez alors pourquoi nous avons été déçus lorsque nous avons constaté, dans le budget de 2017, que le gouvernement va dépenser 40 millions de dollars pour accorder un traitement préférentiel aux matériaux de construction à base de bois au détriment des autres matériaux de construction partout au Canada. Récemment, nous avons aussi été déçus par votre vote sur le projet de loi , qui a franchi l'étape de la deuxième lecture et qui essaie de pencher la balance en faveur du bois dans les infrastructures gouvernementales malgré le nombre grandissant de données qui montrent que cela pourrait contribuer à une augmentation des émissions de gaz à effet de serre et à rendre nos bâtiments plus vulnérables au changement climatique.
Au Canada, les plus importantes répercussions des émissions de carbone provenant des immeubles concernent le chauffage et la climatisation. Les besoins énergétiques opérationnels représentent plus de 90 % de la contribution des immeubles au réchauffement de la planète. Même si l'industrie du bois est aussi carboneutre qu'elle le prétend, ce qui n'est pas le cas, le remplacement de l'acier et du béton par du bois aurait une incidence négligeable sur les émissions d'une structure au cours de son cycle de vie. En fait, les caractéristiques du béton relatives à sa masse thermique peuvent jouer un rôle important dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre en diminuant les demandes opérationnelles. Aujourd'hui, l'utilisation stratégique de la masse thermique a permis de réduire de plus de 70 % les besoins énergétiques opérationnels de grands édifices commerciaux comme le Manitoba Hydro Place.
Nous avons besoin de codes du bâtiment et de l'énergie plus stricts. Le béton pourrait jouer un rôle important dans le cadre de stratégies abordables visant à atteindre l'objectif tant recherché de l'immeuble à consommation énergétique nette zéro. Seules une évaluation des coûts sur la durée de vie utile du berceau au berceau et une évaluation des changements climatiques sur la durée de vie utile peuvent déterminer les paramètres de rendement relatifs aux gaz à effet de serre et aux économies. Les politiques des politiciens qui favorisent un matériau de construction au détriment d'un autre sans tenir compte de la situation dans son ensemble ne sont absolument pas dans l'intérêt du public.
Ce qui est plus intéressant, mais moins bien compris est le rôle que jouera le béton dans la nouvelle catégorie de technologies révolutionnaires: « utilisation de dioxyde de carbone ». Le béton est une source et un puits essentiels de carbone piégé. En raison de l'énorme quantité de béton utilisé chaque année, qui est supérieure à la quantité de tout autre matériel utilisé sur terre, à l'exception de l'eau, notre secteur jouera un rôle essentiel dans l'élaboration de procédés technologiques qui finiront par réduire les émissions de carbone.
La stratégie de croissance propre du Canada pour l'environnement bâti doit être axée sur l'avenir recherché, c'est-à-dire un avenir à faible émission de carbone et résistant sur le plan climatique, et faire place aux innovations de transformation qui nous permettront d'atteindre cet avenir.
Soyons clairs. Nous ne demandons pas au gouvernement d'imposer le béton dans la construction des routes ou des immeubles et nous ne dénigrons pas les concurrents qui se servent d'autres matériaux de construction. Nous demandons tout simplement au gouvernement d'adopter une approche sectorielle neutre en matière de planification et d'utilisation d'outils axés sur les gaz à effet de serre pendant la transition vers une économie à faible émission de carbone et résistante sur le plan climatique.
En conclusion, nous vous demandons principalement de recommander au gouvernement du Canada d'exiger des évaluations complètes du cycle de vie et des évaluations environnementales pour tous les projets d'infrastructure financés par le gouvernement fédéral aux trois ordres du gouvernement.
Merci.
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Je remercie la présidente et les membres du Comité de m'avoir donné cette occasion de prendre la parole et de contribuer à cette conversation importante.
Je ne parlerai pas de matériaux de construction. Je vais mettre l'accent sur un aspect tout aussi important, voire plus important, de la solution au problème des changements climatiques, c'est-à-dire le secteur du chauffage, de la ventilation, de la climatisation et de la réfrigération. Je souhaite parler un peu du rôle de l'industrie du chauffage, de la ventilation, de la climatisation et de la réfrigération dans la promotion de l'efficacité énergétique et l'atténuation des changements climatiques.
Je tiens d'abord à préciser la portée du secteur du chauffage, de la ventilation, de la climatisation et de la réfrigération. Je sais que la plupart d'entre vous connaissent ce secteur. La portée de notre organisme s'étend au chauffage et à la climatisation d'immeubles par diverses méthodes, comme les systèmes hydroniques ou d'admission d'air. De toute évidence, il s'agit d'un service essentiel au Canada. Cela comprend les chauffe-eau résidentiels, les systèmes de ventilation, les produits et les services liés à la qualité de l'air intérieur et les processus de réfrigération qui répondent aux besoins de l'industrie, d'épiceries, d'institutions, d'hôpitaux, d'écoles, de patinoires et diverses autres applications spécialisées.
Les contrôles pour les immeubles font également partie de notre secteur. Ils lient tous les systèmes ensemble. Il s'agit d'une industrie canadienne qui génère environ 7 milliards de dollars par année et, comme je l'ai mentionné, elle est essentielle au Canada en raison du climat. Nos membres et l'industrie en général sont actifs dans toutes les régions du Canada, qu'il s'agisse d'une maison ou d'un immeuble. Pourtant, notre industrie est pour ainsi dire à l'abri des regards parce que nous fournissons des services essentiels derrière les murs et sous le plancher. Nous sommes principalement invisibles aux Canadiens.
L'Institut canadien du chauffage, de la climatisation et de la réfrigération, c'est-à-dire l'organisme que je représente, a été fondé en 1968. Environ 1 350 entreprises en sont membres, dont 90 fabricants, environ 60 grossistes-distributeurs, plus de 1 000 entrepreneurs dans l'ensemble du Canada et de nombreux associés, y compris des services publics, des collèges, des instituts de formation et des ingénieurs-conseils. Nous employons 28 membres du personnel, une douzaine d'instructeurs qui participent très activement aux formations, 5 gestionnaires régionaux et 20 succursales dans l'ensemble du pays.
Comme toute association de l'industrie, nos principaux services sont surtout liés à la défense de l'industrie. Nous sommes toutefois aussi très investis dans les formations offertes par l'industrie, dont la conception technique et la gestion d'entreprise. Les cours sur la conception technique que nous offrons sont principalement conçus pour aider les techniciens à respecter les exigences des codes du bâtiment. Ils comprennent un très grand volet sur l'efficacité énergétique.
Tous les deux ans, nous organisons un salon professionnel. Le prochain salon s'appelle CMPX 2018 et il aura lieu dans un mois. De plus, nous participons activement à des programmes d'intendance environnementale. Conformément à la réglementation, nous sommes chargés d'un certain nombre de programmes gérés par l'industrie qui récupèrent des produits de l'industrie ayant des répercussions néfastes sur l'environnement, comme les thermostats au mercure et les réfrigérants usés, qui sont maintenant interdits.
Je veux parler un peu du rôle de notre industrie dans le cadre pancanadien. Le cadre accorde une importance particulière à la réduction des gaz à effet de serre. Je pense que vous savez tous que les investissements dans l'efficacité énergétique contribuent le plus à la future réduction des gaz à effet de serre, non seulement au Canada, mais dans le monde entier. Environ la moitié des objectifs prévus seront atteints au moyen de tels investissements. Il s'agit d'un point important pour notre industrie, car c'est là que nos membres vivent.
Les consultations du gouvernement fédéral sur diverses questions ayant une incidence sur notre industrie vont bon train. Nous participons actuellement à une consultation sur la transformation du marché en faveur de l'équipement de chauffage et des chauffe-eau au Canada. Nous sommes très heureux d'y participer.
Le cadre pancanadien reconnaît que le chauffage joue un rôle important dans la solution visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur de la construction ainsi que par rapport aux chauffe-eau. En moyenne, le chauffage est responsable de 56 à 64 % de l'énergie consommée dans une résidence. En ce qui concerne les immeubles, il s'agit de la source la plus importante d'émissions directes dans le secteur. Par conséquent, l'amélioration du rendement de la technologie de chauffage peut réduire considérablement la consommation d'énergie d'une propriété ou d'un immeuble résidentiel typique. Par exemple, selon Ressources naturelles Canada, si tous les systèmes de chauffage résidentiels étaient remplacés par des thermopompes d'ici 2040, cela réduirait la consommation d'énergie à des fins résidentielles de 25 % et les émissions de gaz à effet de serre de 24 mégatonnes.
Diverses mesures liées aux immeubles ont été envisagées au titre du cadre pancanadien. Ces mesures comprennent des codes du bâtiment pour les bâtiments à consommation énergétique nette zéro d'ici 2030, un code du bâtiment type pour les rénovations d'ici 2022, des exigences en matière d'étiquetage et de cotation dès 2019 et les normes économiques et techniques les plus strictes possible pour l'équipement de chauffage et d'autres technologies. Je tiens à souligner que notre industrie appuie ces mesures, mais avec certaines réserves importantes sur lesquelles je reviendrai bientôt.
À titre d'exemple, certaines des technologies dont nous parlons incluent les générateurs à gaz commerciaux, les thermopompes à air pour climats froids, les thermopompes à gaz, les pompes géothermiques ou les thermopompes utilisant le sol comme source de chaleur, la microproduction combinée de chaleur et d'électricité, et les contrôles pour les immeubles des systèmes intégrés. Il s'agit de la trousse d'outils de notre industrie.
Les plans du gouvernement comprennent des interventions stratégiques dans le marché pour accélérer l'adoption d'équipements de chauffage à haut rendement d'ici 2035. Le gouvernement a ce qui a été défini comme des objectifs inspirants. Beaucoup de nos membres ont de la difficulté avec l'expression « objectifs inspirants » parce que ces objectifs sont très durs à définir. Ils visent toutefois à accomplir diverses choses, y compris faire en sorte que, d'ici 2035, toutes les principales technologies de chauffage vendues au Canada aient un rendement énergétique de plus de 100 %. Pour ceux qui ne connaissent pas très bien la technologie de chauffage, cela signifie essentiellement que tout l'équipement de chauffage résidentiel fonctionnera à l'électricité d'ici 2035, car aucun équipement au gaz ou au mazout ne peut battre un rendement de 100 %. Si tel est l'objectif, il a d'importantes répercussions pour notre industrie.
Le plan désignera aussi les obstacles et les difficultés à surmonter pour atteindre ces objectifs. Il s'agit d'un des sujets soulevés dans le cadre de notre long débat actuel avec Ressources naturelles Canada et d'autres intervenants. Nous chercherons à mettre en oeuvre diverses mesures pour surmonter les obstacles au moyen de tous les outils disponibles.
Le cadre pancanadien et tous éléments qui en découlent offrent d'immenses possibilités pour notre industrie. Il se trouve que l'efficacité des produits de chauffage, de ventilation et de climatisation unitaires ne fait qu'augmenter. La transition aux thermopompes offre une possibilité à tous entrepreneurs du Canada qui sont membres de l'institut. Il s'agit en quelque sorte d'une stratégie de création d'emplois parce que les systèmes de chauffage devront être convertis dans les maisons et les immeubles actuels. L'établissement de contrôles intelligents pour les immeubles et la mise en oeuvre de systèmes qui permettront de mieux gérer les immeubles créent toutes sortes de possibilités pour notre industrie. Il est très important pour notre secteur de mettre l'accent non seulement sur l'innovation des produits, mais aussi sur l'innovation des systèmes d'un immeuble, et d'axer ses efforts sur les pratiques exemplaires et l'amélioration des compétences spécialisées. Bref, il y a énormément de possibilités pour notre secteur. Comme je l'ai mentionné, l'industrie dispose de divers outils dans sa trousse d'outils pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement.
Je ne vais pas m'attarder sur ceux-ci pour l'instant. En fait, je réalise que vous êtes dans une position désavantageuse puisque j'ai entre mes mains une présentation que vous ne possédez pas. Si cela vous intéresse, je vous fournirai une copie de la présentation et quelques documents de référence sur ces technologies. Le défi que l'industrie devra relever à l'égard du cadre pancanadien et de la transition vers une économie à faible émission de carbone est la nécessité de s'adapter. La diversification des sources d'énergie et la transition du chauffage au mazout et au gaz naturel vers le chauffage électrique posent des défis pour un grand nombre de nos membres et de nos participants partout au Canada.
L'innovation en matière de production est faisable, mais la réduction du coût unitaire de l'équipement dans le contexte de normes de rendement de plus en plus strictes représente un défi. Les codes et les systèmes de construction de plus en plus sophistiqués représentent un autre défi pour notre secteur. En ce qui concerne la transition aux personnes qui feront le travail et la méthode par laquelle elles le feront, il faut mettre l'accent sur les transitions à une main-d'oeuvre qualifiée, c'est-à-dire sur la formation.
L'industrie du chauffage, de la ventilation et de la climatisation est disposée à collaborer avec tous les ordres de gouvernement pour relever les défis de l'Accord de Paris. Je veux que cela soit clair, mais il y a quelques principes très importants que nous devons examiner ou respecter si nous voulons avoir des échanges constructifs. Tout d'abord, les fabricants des produits qui sont importés au Canada ont besoin d'une marge de manoeuvre. Il existe un cycle de production pour les produits, c'est-à-dire un délai dans lequel des produits sont créés et peaufinés conformément aux normes et aux règlements, et les fabricants ont besoin de temps. Ils doivent anticiper les règlements qui seront adoptés et prévoir du temps pour s'y adapter. Il est primordial de consulter l'industrie pour concevoir de bons programmes et de bonnes réglementations. La connaissance des produits provient de notre industrie et de la connaissance de notre clientèle. La consultation facilite les préparatifs pour l'industrie.
Nous avons une bonne relation de nature consultative avec Ressources naturelles Canada, surtout l'Office de l'efficacité énergétique, et avec le Conseil national de recherches du Canada, les laboratoires CanmetÉNERGIE et j'en passe. Je veux souligner que nous avons bel et bien une relation positive.
Cependant, je tiens aussi à souligner qu'il faut tempérer les efforts déployés pour lutter contre les changements climatiques par l'harmonisation réglementaire requise pour les produits qui entrent sur le marché canadien et les marchés provinciaux et territoriaux afin de maintenir les coûts à un niveau acceptable pour l'industrie et les consommateurs. Par conséquent, nous appuyons le travail du conseil de coopération en matière de réglementation. Nous sommes intéressés par le processus de renégociation de l'ALENA et nous voulons nous assurer que l'Accord de libre-échange canadien qui a récemment été conclu puisse être appuyé.
En conclusion, nous avons de nombreuses autres priorités stratégiques et beaucoup d'idées stratégiques particulières proviennent de notre industrie, mais j'aimerais que vous vous rappeliez qu'il est important, à notre avis, de consulter l'industrie le plus tôt possible et à plusieurs reprises afin d'obtenir des résultats efficaces.
Je vous remercie pour votre attention.
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C'est une très bonne question.
Le Conseil du bâtiment durable du Canada a pour mission de rehausser la barre et de faire avancer les choses. Revenons une quinzaine d'années en arrière, si vous le voulez bien, quand le Conseil a vu le jour.
On doit se souvenir de trois choses. Primo, oui, on nous a confié la responsabilité du code, mais n'oublions pas qu'à l'époque, nous devions nous projeter dans l'avenir. D'abord, il faut le rédiger, le code, puis l'appliquer, et c'est seulement des années plus tard que ses effets se feront sentir sur le marché.
En fait, ce que vous voulez savoir, c'est: « Comment peut-on aller plus vite et être plus ambitieux? » Ces systèmes à adhésion volontaire ont un très grand rôle à jouer. Je répète d'ailleurs qu'avec les marchés publics qu'ils attribuent, le fédéral, les provinces et les municipalités ont énormément de pouvoir. Aux premiers jours de la certification LEED, c'est le gouvernement fédéral qui, avec quelques villes, a fait disparaître les risques aux yeux du secteur privé. Même si l'État doit dépenser l'argent des contribuables de manière responsable — moi aussi je suis un contribuable, alors j'en sais quelque chose —, les retombées sont tellement nombreuses de nos jours que la preuve n'est plus à faire: ça rapporte toujours de miser sur un rendement élevé en construction. Pensons seulement aux économies d'énergie et d'eau, plus toutes celles qui varient selon le propriétaire et le type de bâtiment construit. Qu'il s'agisse d'une construction financée par le gouvernement ou par le propriétaire lui-même ou alors d'une rénovation ou d'une location, la différence est énorme.
Viennent ensuite les politiques. Quand les libéraux sont arrivés au pouvoir, le simple fait qu'ils parlent de politiques sur le carbone a entraîné un virage à 180 degrés dans l'industrie. Juste parce qu'elle savait que c'est là que s'en allait le gouvernement, l'industrie a dû s'adapter.
Tout ne se résume pas au code. Il faut voir plus loin, parce que ce n'est pas toujours évident. Il doit y avoir une synergie totale entre les marchés publics, les politiques et le code, et il faut aborder la question sur plusieurs fronts.
Une chose est sûre, cependant: ça rapporte toujours.
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Je crois que l'innovation la plus intéressante et la plus porteuse viendra des technologies qu'explore déjà CarbonCure, c'est-à-dire l'utilisation du carbone capté comme matériau. Comme le disait Michael au début, l'industrie combinée du ciment et du béton est à la fois une source de dioxyde de carbone pouvant être capté et réutilisé et un puits de carbone potentiel.
Des dizaines de technologies s'intéressent au captage du carbone et à son intégration au béton comme matériau. Le béton est le matériau le plus fréquemment utilisé du monde après l'eau, alors simplement en pensant au volume, on se trouve devant une occasion en or, celle de prendre le carbone présent dans l'atmosphère et le séquestrer définitivement dans le patrimoine bâti. Selon moi, elle est là, l'innovation la plus porteuse.
Vous avez toutefois raison de dire que notre secteur emploie une pléthore de stratégies pour atteindre le Saint-Graal, c'est-à-dire devenir carboneutre, voire carbopositif si certaines de ces technologies de captage du carbone tiennent leurs promesses. La clé, c'est l'efficacité, comme pour les piliers des viaducs dont vous parliez.
Nous aimerions éliminer les combustibles fossiles des procédés de fabrication du ciment pour les remplacer par des solutions consommant moins de carbone. Il existe déjà une technologie à court terme qui est utilisée ailleurs dans le monde, et nous travaillons très fort avec les gouvernements canadiens pour qu'elle puisse s'implanter ici aussi, et c'est sans parler des bons coups qui ont été réalisés dernièrement du côté climatique.
Bref, deux choses à retenir: oui, l'innovation est omniprésente dans l'industrie, mais comme pour votre iPhone, elle ne touche pas qu'une seule technologie. Pour que les choses deviennent vraiment intéressantes, il doit y avoir une synergie entre des centaines de technologies. Je ne parle pas seulement de notre industrie, mais aussi du secteur du chauffage, de la ventilation et de la climatisation, bref de tous les intervenants du secteur du patrimoine bâti.
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Il s'agit de la modernisation, d'accord. Ces quatre éléments sont en fait des pratiques établies au sein de l'industrie. Nous les classons selon le pourcentage, ou le nombre, de bâtiments qui devraient adopter ces pratiques. À la diapositive suivante, vous pouvez voir où se trouvent ces bâtiments.
Il est crucial que la discussion ne se limite pas à l'énergie, mais qu'elle porte aussi sur le carbone.
La remise au point est déjà une pratique de l'industrie, mais il faut l'étendre. Il s'agit simplement de s'assurer que les systèmes du bâtiment fonctionnent bien et qu'ils servent aux fins prévues. Quiconque entreprend de tels travaux bénéficie d'économies immédiates.
Ce que nous recherchons vraiment, ce qui doit être favorisé et encouragé par des mesures incitatives, c'est la modernisation. Nous parlons d'importantes rénovations parce qu'elles entraînent des réductions de 20 à 40 %. Des rénovations mineures, par exemple, remplacer le système d'éclairage pour améliorer légèrement le bâtiment, ne sont pas suffisantes. Il faut des travaux importants sur tous les systèmes, et non seulement sur le système d'éclairage, qui tiennent compte de l'enveloppe du bâtiment et de la source d'énergie.
Il est possible d'améliorer un bâtiment par un simple remplacement qui accroît l'efficacité énergétique. On peut aussi, comme l'a dit M. Luymes, passer de l'énergie fossile à une thermopompe qui, par exemple, fonctionne à l'électricité. Elles sont très efficaces maintenant. C'est une des façons de réduire les émissions de carbone d'un bâtiment.
Ce que je veux dire, c'est que tout dépend de la situation.