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Bonjour, mesdames et messieurs. Je déclare ouverte la septième séance du comité législatif chargé du projet de loi C-2.
L'ordre du jour, conformément à l'ordre de renvoi du jeudi 27 avril 2006, est l'examen du projet de loi C-2, Loi prévoyant des règles sur les conflits d'intérêts et des restrictions en matière de financement électoral, ainsi que des mesures en matière de transparence administrative, de supervision et de responsabilisation.
Nous accueillons comme témoins aujourd'hui, des représentants du Bureau du directeur des lobbyistes: M. Nelson, directeur des lobbyistes, ainsi que M. Bruce Bergen.
Nous recevons également M. George Weber, président du conseil d'administration, et M. Michael Anderson, président-directeur général de la Société canadienne des directeurs d'association.
Enfin, M. Léo Duguay, président de l'Institut de relations gouvernementales du Canada, et une autre personne qui en fait peut-être aussi partie.
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Merci, monsieur le président. Je vais faire une courte déclaration.
Monsieur le président, mesdames et messieurs les membres du comité, je suis très heureux d'être parmi vous aujourd'hui. Comme point de départ aux questions que vous pourriez avoir au sujet des dispositions sur le lobbying du projet de loi C-2, j'ai pensé qu'il serait utile de vous donner un bref aperçu du fonctionnement de la loi actuelle, de mon point de vue.
Voici tout d'abord certaines statistiques tirées du registre des lobbyistes. Les députés se souviendront que la Loi sur l'enregistrement des lobbyistes établit trois catégories de lobbyistes: les lobbyistes-conseils, qui sont embauchés par des particuliers, des entreprises et d'autres pour communiquer avec des titulaires de charge publique; les lobbyistes salariés de personnes morales, qui sont des employés d'entités qui exercent des activités contre rémunération; les lobbyistes salariés d'organisations, qui sont des employés d'entités à but non lucratif. Diverses dispositions de la loi exigent l'enregistrement des lobbyistes dans l'une de ces catégories; toutefois, les dispositions les plus importantes concernent la communication avec des titulaires de charge publique et le fait que les activités de lobbying sont menées moyennant rétribution.
Au 15 mai 2006, 4 752 lobbyistes étaient enregistrés. La ventilation des lobbyistes dans les trois catégories est la suivante: 699 lobbyistes-conseils avec 2 330 enregistrements; 1 764 lobbyistes salariés travaillant pour 274 entreprises; 2 289 lobbyistes salariés travaillant pour 376 organisations à but non lucratif. Cette ventilation montre que, même si c'est des lobbyistes-conseils que l'on entend le plus souvent parler dans les médias, il y a en fait beaucoup de diversité parmi ceux qui sont tenus de s'enregistrer en vertu de la loi. Je le mentionne parce que j'ai constaté que la loi a une vaste portée.
Par exemple, des mesures prévues dans la loi censées viser les activités d'anciens titulaires de charge publique qui font du lobbying pour le compte de grandes entreprises peuvent également s'appliquer à l'employé de l'université qui discute de questions de politique avec Santé Canada ou au président d'une entreprise comptant 10 salariés qui cherche à obtenir une aide financière de l'APECA.
[Français]
Le registre peut être consulté gratuitement et en tout temps sur Internet. Nos employés ont travaillé très fort pour en améliorer les fonctions de recherche. Il est bien connu parmi les lobbyistes et il est le registre le plus utilisé parmi les titulaires de charge publique.
Du reste, je crois que la loi gagnerait à être mieux connue, tout comme son fonctionnement ainsi que les critères relatifs à l'enregistrement obligatoire. Dans le cas des titulaires de charge publique en particulier, il faudrait préciser les exigences de la loi grâce à des activités d'éducation et de sensibilisation. Je suis convaincu que de telles activités contribueraient considérablement à accroître la conformité à la loi.
Par exemple, malgré le caractère limité des activités d'éducation que mon bureau a pu mener au cours des derniers mois, combinées à la publicité faite autour du lobbying dans les médias, je sais qu'il y a un plus grand nombre de titulaires de charge publique qui vérifient le registre avant d'accepter de rencontrer des lobbyistes. Plus d'activités de ce genre produiront des fruits pour ce qui est des enregistrements. Il en sera de même pour l'application de la loi.
Comme les membres du comité le savent peut-être, pratiquement rien ne démontre que le fait de ne pas respecter la loi ou le Code de déontologie des lobbyistes entraîne des conséquences: pas de condamnations, pas d'amendes, pas de peines d'emprisonnement, pas de rapports soumis au Parlement conformément au Code de déontologie.
Bien que la loi confère des pouvoirs considérables au directeur afin de mener une enquête en vertu du Code de déontologie des lobbyistes, il n'existe pour ainsi dire aucun pouvoir qui lui permettrait de recueillir les éléments de preuve nécessaires afin d'ouvrir une enquête en vertu du Code de déontologie, ou pour établir une base solide sur laquelle la GRC pourrait s'appuyer pour faire enquête sur d'éventuelles infractions à la loi.
[Traduction]
Je vais m'arrêter ici, monsieur le président.
Je suis impatient de contribuer à vos délibérations sur ce projet de loi. J'espère voir un résultat législatif qui aidera à rétablir la confiance dans les institutions fédérales canadiennes grâce à une responsabilisation et à une transparence accrues des activités de lobbying menées auprès des titulaires de charge publique.
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Merci, monsieur le président, et distingués membres du comité.
Bonjour.
La Société canadienne des directeurs d'association, généralement connue sous l'appellation SCDA, se réjouit de l'occasion de commenter le projet de loi C-2, Loi fédérale sur l'imputabilité, et de participer à son examen au nom de ses adhérents.
Comme l'a dit le président, je m'appelle George Weber. Je suis l'actuel président de la SCDA. Dans mes fonctions principales, je suis directeur administratif de l'Association dentaire canadienne. Je suis accompagné ce matin de M. Michael Anderson, président et premier dirigeant de la SCDA.
La SCDA est l'association professionnelle qui regroupe les 1 600 hommes et femmes qui gèrent un grand nombre des associations de métier, de profession, d'occupation, de philanthropie et d'intérêt général les plus progressistes du pays qui, à leur tour, rassemblent 14,5 millions de particuliers et 2 millions d'entreprises. Six cents entreprises supplémentaires offrant des services et des produits aux secteurs font également partie intégrante de la composition de la SCDA.
La SCDA et ses associations affiliées soutiennent les initiatives du gouvernement destinées à renforcer les règles et les institutions qui veillent à une meilleure transparence et responsabilisation à l'endroit des Canadiens. Nous souscrivons à ces objectifs, et à deux réserves près, nous sommes heureux d'appuyer la loi connue sous le nom de Loi fédérale sur l'imputabilité.
Notre première réserve porte sur l'interdiction de cinq ans du lobbying par les ministres, leur personnel et les hauts fonctionnaires. Selon nous, les fonctionnaires devraient pouvoir continuer de circuler librement de la fonction publique au secteur à but non lucratif vu la relation unique que ces associations entretiennent avec le gouvernement fédéral.
Les cadres et les associations adhérentes de la SCDA qui font du lobbying auprès du gouvernement sont définis dans la Loi sur l'enregistrement des lobbyistes comme des lobbyistes salariés d'organisations. Ils font du lobbying auprès des autorités gouvernementales et leur vocation première est de défendre l'intérêt général de leurs membres.
À notre avis, éliminer le moratoire de cinq ans ou le remplacer par une période plus raisonnable permettrait de poursuivre l'échange de renseignements et les consultations uniques en leur genre qui profitent actuellement aussi bien au gouvernement qu'au secteur. Ne pas supprimer cette contrainte finira par dissuader les fonctionnaires de travailler pour des associations à but non lucratif, source de bienfait pour la société canadienne.
Notre autre réserve porte sur l'obligation de signaler tous les contacts avec certains représentants du gouvernement. La loi fait obligation à tous les lobbyistes salariés d'organisations de consigner toutes les activités enregistrables — à quelques exceptions près, comme les rencontres fortuites qui peuvent survenir avec des titulaires de haute charge publique — et de noter qui a été rencontré et ce qui a été discuté; les lobbyistes doivent aussi déposer des rapports réguliers auprès du directeur des lobbyistes. Ces rapports sont censés être mensuels d'après la loi.
La SCDA craint que l'obligation de produire plus fréquemment de nouveaux rapports réduise considérablement les contacts avec les représentants du gouvernement ou les élimine tout à fait. La libre circulation de l'information — la recherche, le savoir et les consultations — entre l'État et le secteur sera entravée, ce qui affaiblira le processus actuel de prise de décision éclairée.
La consignation des contacts avec les titulaires de haute charge publique favorisera-t-elle vraiment l'élaboration de politiques gouvernementales destinées à résoudre des problèmes dans l'intérêt général?
Comme vous le savez, beaucoup d'associations à but non lucratif s'enregistrent actuellement deux fois par année — et M. Nelson vient de donner les chiffres; il y a plus de lobbyistes d'entreprise que de lobbyistes conseils — après du directeur des lobbyistes. Elles fournissent une mise à jour des questions et des sujets abordés ainsi que du ministère ou de l'organisme contacté.
Nous craignons que cette obligation supplémentaire devienne un fardeau lourd et accaparant qui réduise la productivité de beaucoup d'associations à but non lucratif déjà à court de moyens. Sachez également que le tiers de nos membres comptent quatre employés ou moins. Cette mesure ne fait qu'alourdir une charge de travail déjà considérable.
Nous encourageons le comité à conserver les exigences actuelles de déclaration pour les lobbyistes salariés d'organisations.
Au nom des membres de la SCDA, je remercie les membres du comité du temps que vous nous avez accordé pour exprimer certaines de nos inquiétudes. C'est avec plaisir que nous répondrons à vos questions ou apporterons des précisions.
Merci.
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Merci, monsieur le président.
Mesdames et messieurs les députés, c'est avec plaisir que nous avons accepté de comparaître devant vous ce matin. Je suis président de l'Institut de relations gouvernementales du Canada et je suis accompagné de Mme Lisa Stilborn, la vice-présidente.
[Traduction]
Mesdames et messieurs les députés, nous représentons les lobbyistes dont vous n'entendez pas beaucoup parler. Nos adhérents sont des lobbyistes enregistrés et vous savez déjà qui nous sommes, quelles charges publiques nous avons occupées, qui sont nos clients et quelles politiques, règles, réglementations ou lois nous essayons d'influencer. Vous en savez déjà passablement sur nos adhérents.
Notre conseil d'administration est un échantillon intéressant d'à peu près tous ceux qui font du lobbying au pays. Y siègent des représentants de Bell Canada, de l'Association médicale canadienne, de la Société canadienne du cancer, du Conseil canadien des ingénieurs, de la Centrale des caisses de crédit du Canada et quantité d'autres comme moi, qui sont des lobbyistes conseils. D'une manière ou d'une autre, nous représentons la quasi-totalité des lobbyistes enregistrés.
Pour commencer, je tiens à dire que nous soutenons fermement les principes du projet de loi C-2, la transparence et la responsabilisation. Depuis sa création, notre association a appuyé tous les efforts pour ajouter à la transparence du lobbying. Nous appuyons la quasi-totalité des changements que vous proposez pour renforcer la Loi sur l'enregistrement des lobbyistes.
Avant de passer aux particularités de la loi, j'aimerais rappeler le préambule de la Loi sur l'enregistrement des lobbyistes sous sa forme initiale. Si vous souscrivez à ces principes, vous verrez facilement ce qui peut et doit être fait.
Je cite:
Vu l’intérêt public présenté par la liberté d’accès aux institutions de l’État; Vu la légitimité du lobbyisme auprès des titulaires d’une charge publique; Vu l’opportunité d’accorder aux titulaires d’une charge publique et au public la possibilité de savoir qui se livre à des activités de lobbyisme; Vu le fait que l’enregistrement des lobbyistes rémunérés ne doit pas faire obstacle à cette liberté d’accès...
Ce préambule renforce la position actuelle du gouvernement pour qui le lobbying est une profession légale, honnête et qui sert l'intérêt public. C'est précisément notre avis.
Nous appuyons également la majorité des modifications de la loi, y compris le renforcement des dispositions relatives aux enquêtes et à l'application de la loi. L'immense majorité des personnes que nous représentons s'y conforme en tous points. Nous soutenons depuis longtemps que des moyens supplémentaires devraient être consacrés à l'application de la loi pour que les actes d'un petit nombre ne ternissent pas la réputation de tous les secteurs. De fait, je rappellerai qu'aucune des personnes visées par la Commission Gomery n'était enregistrée.
Bien sûr, nous ne représentons que les lobbyistes qui s'enregistrent. Nous savons tous que certains ne le font pas. Sauf que le problème de ceux qui ne s'enregistrent pas ne se réglera pas en alourdissant les obligations imposées à ceux qui s'enregistrent.
Nous sommes en faveur de la création d'un commissaire indépendant au lobbying doté de pouvoirs et comptable au Parlement.
Pour ce qui est des autres changements apportés à la loi, il n'y a que deux choses que nous voudrions dire, après quoi j'aimerais proposer un amendement.
En ce qui concerne la règle des cinq ans, chacun s'entend pour dire qu'un délai d'interdiction est nécessaire. Cinq ans est-il de beaucoup préférable à quatre trois ou deux ans?
La question à laquelle vous devez répondre est la suivante. Ce délai empêcherait-il des gens compétents et expérimentés d'entrer à la fonction publique? C'est la première chose. Comme George Weber l'a dit, cela empêcherait-il de bons fonctionnaires d'aller travailler pour des entreprises, des associations ou des entreprises de lobbying de qualité qui sont au service d'entreprises ou d'associations de qualité.
Le deuxième point porte sur la consignation des contacts avec des titulaires de haute charge publique (qui, quoi, où et quand?). Si vous posez la question à vos collègues, vous constaterez je crois que nos craintes sont légitimes. La question que nous nous posons constamment est la suivante: cela va-t-il paralyser les rencontres qui se font dans l'intérêt général? Les fonctionnaires qui devraient rencontrer les clients que nous représentons, les associations et les entreprises refuseront-ils de le faire de crainte que la rencontre soit mal interprétée?
Chose plus révélatrice encore: cela va-t-il compromettre la confidentialité commerciale? Dans ma carrière, et d'autres vous le confirmeront, il nous est arrivé d'avoir des entretiens confidentiels avec des sous-ministres et des ministres.
Je vais vous donner deux exemples. Quand une entreprise envisage une fusion ou une acquisition délicate, des discussions ont lieu avec des hauts fonctionnaires au sujet de leurs conséquences éventuelles et d'autres questions de nature technique, surtout en ce qui concerne les compagnies pharmaceutiques et la mise en marché de nouveaux vaccins. C'est arrivé par le passé. Ce n'est pas quelque chose que leurs concurrents devraient savoir.
Il y a aussi le fait que chacun veut savoir ce qui se passe à Ottawa. C'est très répandu et ces renseignements ne sont pas forcément dans l'intérêt public.
Posez-vous ces questions. Qui veut savoir dans le détail ce dont une compagnie et le sous-ministre ont discuté alors que l'on sait déjà publiquement quelles politiques, règles, réglementations et lois ces compagnies essaient d'influencer? Quand cherche-t-on à trouver l'équilibre entre l'intérêt public et la confidentialité qui doit entourer des questions commerciales sensibles? L'autre perspective, horrible, c'est le degré de spéculation qui suivra ces révélations et les réactions de tout un chacun. Combien de demandes d'accès à l'information seront déposées quand on saura que telle entreprise a rencontré tel ministère? Combien y en aura-t-il?
Il y a de toute évidence des gens dans ce milieu qui veulent tout savoir. Ils veulent savoir ce que tout le monde a dit et si vous avez eu une rencontre pour discuter d'une loi, ils demanderont ce que le sous-ministre a dit, ce que vous avez dit et ce que le sous-ministre a répondu.
Vous devez aussi vous demander quel est votre rôle dans ce processus. Vous faites partie intégrante de l'élaboration des politiques gouvernementales. C'est intéressant. J'ai déjà été député et je sais un peu ce que vous faites. Nous ne sommes pas vos rivaux. Comme lobbyiste, je ne rivalise pas avec les députés. Mon travail est très différent. Chaque jour, vous recevez des centaines de demandes de renseignements dans votre bureau. Moi, je représente entre cinq et dix clients par année. Moi, je peux passer deux jours à discuter avec une compagnie. Comme mon collègue l'a dit, il en va de même pour les associations. Vous, vous n'avez pas autant de temps à consacrer à un dossier en particulier. Souvent, la première chose que nous faisons, c'est de discuter du dossier avec le député local.
Nous voulons avancer et vous demander de vous poser la question de savoir si le fardeau de cette réglementation sera alourdi pour tous les lobbyistes enregistrés, les lobbyistes pour les associations à but non lucratif, pour les organisations et pour les entreprises. Beaucoup de choses n'ont pas encore été réglées tout à fait.
Une disposition exige un rapport 15 jours après la fin du mois dans laquelle on décrit qui, quoi, où et quand il y a eu une réunion. Si on veut protéger la confidentialité et le secret commercial, le Parlement devra adopter une loi qui devrait dire que ces choses seront faites — personne n'est contre — mais au lieu de consigner tous les détails de la façon dont ça devrait être fait dans la loi, vous voudrez peut-être dire que les personnes produiront des rapports d'une manière et à un moment exposés dans le règlement et laisser au commissaire au lobbying le choix de déterminer si cela doit être trois mois ou si il doit y avoir des exceptions pour des questions commerciales délicates. Nous craignons beaucoup que si vous rédigez des règles avec autant de détails que vous l'avez fait dans la loi proposée, alors les choses sensées et les demandes raisonnables pour conserver les questions confidentielles pendant deux semaines ou trois mois ne seront peut-être pas possibles.
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Merci, monsieur le président.
Merci aux témoins.
Je vais poser une question ouverte, qui s'adresse à chacun de vous. Je trouve très préoccupant les articles et les communications que je lis. Pour les gens ordinaires, pour nos électeurs, le mot « lobbyiste » n'a pas un sens clair, et son sens est plutôt péjoratif. Dieu merci, je suis un avocat et un homme politique, ce qui me permet de savoir comment faire face aux points de vue péjoratifs que je rencontre quotidiennement.
Je crois que les gens ordinaires ont la sagesse de savoir que parler à son député, à son maire ou à son conseiller municipal, sur le parvis d'une église ou lors d'une partie de hockey ou encore dans un supermarché, constitue une forme de lobbying. Elle est tout simplement exercée par des citoyens électeurs, à titre privé.
Dans la Loi sur l'enregistrement des lobbyistes, ce que l'on a fait, c'est rendre le lobbying que vous faites — le lobbying politique, pour ainsi dire — lorsqu'il est rémunéré, comme nous le reconnaissons tous, c'est de le rendre, donc, transparent, ouvert. C'est là que vous, les professionnels, êtes concernés.
En apportant ces modifications à la Loi sur l'enregistrement des lobbyistes — en fait, en l'appelant la Loi sur le lobbying, comme le veut l'amendement — je crains que nous réduisions considérablement les communications légitimes qui peuvent se produire.
J'ai lu un article dans le Ottawa Citizen d'hier. Le premier ministre Harper a peut-être déjà été un invité de la LCF avant de devenir premier ministre, Carol Skelton a également été présente à la Coupe Grey, pour Telus, et Jay Hill était là, ou à un endroit semblable, pour représenter Bell Canada. Qui peut dire que leur conversation n'a simplement porté que sur le hockey, le baseball, ou sur autre chose encore?
Si le premier ministre, M. Poilievre ou M. Tonks se rendent à une partie de hockey ou de football — je vous parie que cela ne se produira pas souvent, soit dit en passant — qu'ils achètent leur propre billet, leur propre boisson, mais qu'il y a une discussion arrangée à l'avance ou un coup de fil, toute cette discussion qui a lieu à une partie de hockey ou sur le parvis d'une église doit-elle faire l'objet d'un rapport si vous rencontrez votre député par hasard, vous qui êtes un lobbyiste rémunéré, qui travaillez sur un dossier, devrez-vous présenter un rapport?
Dans quelle mesure cela va-t-il débiliter le processus de consultations publiques? Je ne vais pas dire qu'il est facile de convaincre les politiques si Exxon veut forer des puits dans le Nord, ou si le Sierra Club veut sauver un oiseau de la côte Est. Je veux dire que ce sont des objectifs louables. Cela dit, une fois que les règles seront établies, dans quelle mesure vont-elles faire obstacle à votre travail, si vous avez l'obligation d'inscrire le moindre détail d'une discussion et d'en faire rapport?
Dans quelle mesure cela va-t-il nuire à votre travail, monsieur Duguay?
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Ce n'est pas tant l'effet que cela va avoir sur moi et sur les personnes que je représente. Nous sommes bien prêts à fournir les renseignements que vous nous demanderez. Nous l'avons fait depuis le début et nous continuerons de le faire.
La question ne porte pas vraiment sur nous. Elle porte sur les personnes que nous représentons et les clients que le groupe de M. Weber représente. Comme vous avez commencé à le dire, il existe un mythe au sujet du lobbyiste malveillant. Or, les gens que je représente ne sont pas du tout malveillants. Vous en connaissez déjà un bon nombre, et nous sommes prêts à vous fournir tous les renseignements que vous voulez.
Selon le mythe, du simple fait que je connais une personne ou que je parle à une personne, nous nous livrons probablement à une activité répréhensible. En fait, dans la plupart de nos activités, nous allons voir le gouvernement — et parfois vous-même — pour signaler que les conseils que vous donnent les fonctionnaires présentent des lacunes. Je crois qu'il est nécessaire d'établir un juste équilibre entre les conseils qui vous proviennent de la fonction publique, organisme clos, qui a ses propres responsabilités, et les conseils que nous pouvons vous fournir et que, plus particulièrement, nos clients vous fournissent.
Nous pouvons déjà vous dire que la simple idée de la promulgation de ce type de réglementation amène beaucoup de hauts fonctionnaires à craindre de parler à qui que ce soit. Selon nous, il n'est pas dans l'intérêt du public, à long terme, que l'on fasse obstacle aux conversations légitimes entre les citoyens, car nous sommes en réalité des citoyens, et le gouvernement.
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Merci, monsieur le président.
J'aimerais commencer par dire que nous sommes nombreux à avoir le sentiment que la réglementation actuelle régissant les lobbyistes est sans effet, et même inutile, parce qu'on se retrouve toujours avec des cas comme celui de David Dingwall. Les comités ont été scandalisés lorsqu'ils ont découvert qu'on lui versait des honoraires conditionnels pour obtenir un prêt de partenariat technologique de 450 000 $. Lorsque le commissaire ou quelqu'un d'autre lui a rappelé qu'il était interdit d'accepter des honoraires conditionnels, ils ont restructuré la chose afin qu'il reçoive des honoraires d'un montant identique sous un autre nom. En quoi est-ce utile?
Je comprends certains des arguments de M. Duguay, mais certains d'entre nous pensent que les lobbyistes ont miné la démocratie aux États-Unis, et nous ne permettrons pas que ça se passe ici. Ce va-et-vient entre le secteur public et le secteur privé, et le trafic d'influence qui en découle, est une insulte aux Canadiens. M. Duguay tente de se dépeindre sous son bon jour, de nous dire qu'il est un citoyen canadien ordinaire, et qu'il a donc le droit de s'adresser à n'importe quel représentant politique. Le fait est que les Canadiens ordinaires ne devraient pas à avoir à parler à leurs représentants politiques à travers les lobbyistes. Vous n'êtes pas des agents immobiliers. Ce n'est pas comme quand vous avez besoin d'un agent pour acheter une maison. On ne devrait jamais avoir un système où on a besoin d'un intermédiaire pour avoir accès aux personnes qui nous représentent.
Je ne sais pas, mais moi, ça me fâche d'entendre le ton et le contenu de vos remarques. Vous nous dites qu'il n'y a pas de problème avec ce système, que c'est juste un groupe de personnes bien intentionnées qui discutent avec leurs représentants élus. Il existe un exemple bien connu: un ministre du gouvernement libéral est parti travailler pour l'industrie pharmaceutique, et il faisait du lobbying au nom de l'industrie pharmaceutique au même moment où les Libéraux discutaient de l'examen du brevet de médicaments, et de la durée du brevet de 20 ans. Donc, on avait un ministre libéral célèbre qui exerçait des pressions auprès du président libéral du comité qui allait devoir prendre une décision sur le plus gros cadeau fait au secteur privé depuis le CN, à savoir la protection du brevet de 20 ans pour les médicaments pharmaceutiques. C'était insultant. C'était un cas flagrant de trafic d'influence, et les Canadiens veulent y mettre un terme.
Certains d'entre nous pensent que ce projet de loi ne va pas assez loin. S'il est trop onéreux pour vous d'inscrire quand et à qui vous vous adressez en échange de vos honoraires, alors il y a un problème avec la façon dont vous fonctionnez, non pas avec la façon dont nous fonctionnons. Quand je vous entends vous plaindre du niveau trop élevé de reddition de comptes, pour moi, ça veut dire que nous prenons les bonnes mesures.
Le projet de loi interdit les honoraires conditionnels, et j'aimerais que la procédure d'application soit telle qu'on ne puisse pas simplement renommer ces honoraires et facturer le même montant, toujours en fonction des résultats. Pensez-vous également que les entreprises qui font du lobbying ne devraient pas avoir le droit de recevoir d'autres types de contrats du gouvernement tant qu'elles exercent des pressions auprès du gouvernement? Ça réglerait la question du va-et-vient du type Earnscliffe. Dans ce cas-ci, il n'est pas inhabituel qu'un groupe de lobbyistes vende également d'autres services au gouvernement auprès duquel ils exercent des pressions. Pensez-vous que c'est l'une des modifications que l'on devrait apporter ici?
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Permettez-moi de vous expliquer.
Il y a de nombreuses entreprises et de nombreuses personnes au Canada qui sont capables de faire leurs propres déclarations de revenus, mais elles préfèrent embaucher un comptable. Il y a de nombreuses entreprises qui sont capables de décortiquer une loi, mais elles préfèrent embaucher un avocat. Il y a de nombreuses personnes au Canada qui sont capables de trouver leur chemin dans le labyrinthe du gouvernement fédéral, mais elles choisissent de ne pas le faire, soit parce qu'elles n'ont pas les ressources nécessaires, soit parce qu'elles n'en n'ont pas le temps. Souvent, elles se tournent vers quelqu'un qui, par expérience ou par habitude, sait plus ou moins comment fonctionne le gouvernement.
Nous aidons nos clients à faire face à des problèmes souvent difficiles, à comprendre leurs affaires, à élaborer des stratégies qui permettront de servir l'intérêt public, tout en servant les intérêts de nos clients. Nous ne réussissons pas toujours, mais lorsque nous accostons des personnes comme vous, nous vous présentons le problème à régler, et nous espérons que vous nous aiderez à trouver une solution.
Permettez-moi de soulever un dernier point.
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Je voudrais dissiper certains malentendus concernant cette loi. Tout d'abord, certaines personnes ont laissé entendre que les rencontres imprévues allaient désormais être gâchées. Quelqu'un a déclaré que les conversations qui ont lieu devant l'église ou au cours d'un match de hockey, là où les gens se rencontrent par hasard, allaient être réglementées. Mais ce n'est pas vrai. La loi a été rédigée de telle façon qu'elle ne couvre pas les rencontres imprévues. Donc si vous croisez par hasard quelqu'un au supermarché, vous n'aurez pas à déclarer cette conversation.
Quelqu'un a également demandé ce qui devait se passer lorsqu'on se rendait à un concert ou à un match de hockey et passait toute la soirée avec un lobbyiste, ou une entreprise qui fait du lobbying. On nous a demandé si cette personne devrait subir l'injustice de déclarer cela, et de le voir apparaître sur un site Web quelque part. Honnêtement, je suis récemment allé à un concert avec la Banque de Nouvelle-Écosse (j'ai payé mon billet), et lorsque cette loi entrera en vigueur, cette rencontre devrait apparaître sur un site Web, car si je venais à prononcer un discours à la Chambre des communes une semaine plus tard en expliquant pourquoi je suis en faveur des fusions bancaires, je pense que les Canadiens ont le droit de savoir que j'avais des liens avec une partie intéressée, que j'avais rencontré ces personnes, et qu'elles avaient eu une influence sur ma réflexion. Franchement, ça ne me dérangerait pas que l'on sache que j'ai eu des contacts avec la Banque de Nouvelle-Écosse, car elle a un établissement dans ma circonscription qui oeuvre en faveur de la communauté. Cela dit, je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas avoir à me justifier. Je ne vois pas pourquoi les titulaires d'une charge publique n'auraient pas à justifier leurs rencontres, surtout lorsqu'ils rencontrent des personnes qui sont payées pour exercer des pressions sur eux.
Imaginez qu'un gouvernement propose une politique très libérale en matière de tabac, et que l'on découvre plus tard que le ministre de la Santé avait rencontré à 33 reprises au cours des six derniers mois des lobbyistes de l'industrie du tabac. Je pense que la population a le droit de savoir qui est payé afin d'exercer des pressions auprès des décideurs politiques.
Très honnêtement, ça m'est égal si les Canadiens apprennent ce qui s'est dit au cours de ces rencontres. Certaines personnes sont payées pour influer sur les décisions du gouvernement. Cela devrait se faire de façon transparente, et j'aimerais savoir pourquoi cela vous gêne.
:
Merci, monsieur le président.
Merci au comité d'avoir ajusté le temps qui nous était alloué pour cette présentation.
Depuis plus de 85 ans, l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada représente les intérêts des employés dans la fonction publique fédérale, une représentation à peu près sans pareille dans le secteur, voire même au pays. Il représente maintenant 50 000 professionnels du secteur public fédéral et dans plusieurs provinces, dans presque toutes les professions imaginables.
En raison de son rôle unique comme agent négociateur pour les employés professionnels de la fonction publique, l'institut est particulièrement bien placé pour commenter le projet de loi C-2, Loi fédérale sur l'imputabilité. Je vous remercie de nous accorder ce temps.
L'imputabilité ou la responsabilité est bien connue des professionnels. Au sein de leurs associations, sociétés et collèges, un grand nombre de nos membres respectent un code de déontologie indépendant de leur rôle dans la fonction publique. Ces codes les obligent parfois à prendre des décisions difficiles lorsqu'ils font face à des situations de travail où il pourrait exister des actes répréhensibles. C'est l'essence même du professionnalisme dont le gouvernement et les Canadiens dépendent pour assurer l'efficacité et la sécurité des programmes et des services dont ils ont besoin.
À titre de projet de loi omnibus, la Loi fédérale sur l'imputabilité est vaste et complexe, et elle aura beaucoup de répercussions. Par conséquent, elle doit être analysée à fond et avec prudence. Les Canadiens et les employés de la fonction publique n'en méritent pas moins. C'est dans cet esprit que l'Institut professionnel de la fonction publique présente les observations et les recommandations suivantes.
[Traduction]
L'Institut est favorable à bon nombre des initiatives figurant dans le projet de loi, et on en trouvera la liste dans notre mémoire. Mentionnons au premier chef une meilleure protection accordée aux dénonciateurs. Toutefois, certaines de ces dispositions nous préoccupent lorsque nous pensons à leurs répercussions sur nos membres. Parmi les changements envisagés, le projet de loi propose la création d'un poste d'agent parlementaire du budget qui serait chargé de conseiller et de guider les parlementaires lorsque ces derniers veulent comprendre les propositions de dépenses et les prévisions budgétaires du gouvernement. Étant donné les exigences de la Loi sur les relations de travail dans la fonction publique, à la fois en ce qui a trait à l'arbitrage et aux commissions d'intérêt public, exigences de tenir compte de la situation financière et des politiques du gouvernement, nous insistons pour qu'on les fournisse aussi aux agents négociateurs afin qu'ils puissent en servir dans le cadre du processus des négociations collectives. Or, il n'est nulle part dit clairement que les renseignements destinés au titulaire de ce nouveau poste seront aussi fournis au public, ni quand. On ne sait pas non plus si les renseignements fournis prendront la forme de résumés ou de prévisions estimatives ou encore s'ils seront complets.
Il y a également les modifications apportées aux procédures d'achat qui auront sans contredit des répercussions sur les milliers de membres de l'Institut engagés directement dans le processus des approvisionnements au gouvernement. Nous sommes heureux de voir que des mesures sont apportées dans le but d'amélioration la transparence et la fiabilité de ce système, mais nous devons nous assurer que nos membres, leur expérience et leurs connaissances ne sont pas laissées de côté. Nous développons cet aspect à la page 4 de notre mémoire.
Toutefois, ce qui préoccupe avant tout l'Institut en ce qui a trait au projet de loi C-2, ce sont les amendements ou les régimes législatifs en vue de protéger les dénonciateurs. Compte tenu du peu de temps à notre disposition, nous avons concentré nos observations sur six points. Vous les retrouverez dans notre exposé, à la page 5.
Comme le stipule l'article 204 [nouveau paragraphe 26(1)], de la Loi sur la protection des fonctionnaires dénonciateurs d'actes répréhensibles, la tenue d'une enquête est encore destinée à porter à l'attention des administrateurs généraux les actes répréhensibles pour que des recommandations soient formulées. l'Institut voit dans un tel geste une erreur de fondement du processus de divulgation. Bien qu'il n'existe aucun doute que les actes répréhensibles au sein des ministères relèvent des administrateurs généraux, la responsabilité de la sauvegarde des programmes et des fonds publics repose sur le Parlement. En sa qualité d'agent du Parlement, le commissaire ne peut confier ce rôle au gardien ministériel et il ne doit exister aucune présomption d'innocence pour la haute direction. Cette dernière doit être les yeux et les oreilles du Parlement et, par le fait même, des Canadiens. Par conséquent, le commissaire doit être en mesure d'ordonner aux administrateurs généraux de corriger les actes répréhensibles, en plus de les porter à l'attention du Parlement.
[Français]
En ce qui concerne le Tribunal de la protection des fonctionnaires divulgateurs d'actes répréhensibles, l'article 201 du projet de loi C-2 — les nouveaux articles 20 à 21.9 — prévoit la création du Tribunal de la protection des fonctionnaires divulgateurs d'actes répréhensibles composé de juges de la Cour supérieure et de juges à la retraite de la Cour supérieure pour entendre les plaintes en matière de représailles. Dans le projet de loi C-11, ce rôle avait été confié à la Commission des relations de travail dans la fonction publique.
L'institut ne voit pas pourquoi il serait nécessaire de créer un nouvel organisme. Il ne fait aucun doute que la commission possède déjà la structure et l'expertise nécessaires pour traiter des plaintes en matière de représailles. De plus, il s'agit d'un tribunal que le gouvernement et les agents négociateurs connaissent très bien. La commission connaît également les coutumes et les normes du droit du travail. Elle offre aussi un service de médiation dont il est fait mention dans le projet de loi C-2. Quelle que soit la raison d'être du nouveau tribunal, cela ne devrait pas être la raison pour retarder la protection offerte aux dénonciateurs.
Par conséquent, l'institut recommande que la Commission des relations de travail dans la fonction publique se voit conférer l'autorité de traiter des plaintes en matière de représailles et que lui soient conférées les ressources nécessaires pour jouer ce rôle.
Le projet de loi C-2 n'a pas corrigé une lacune qui existait dans tous les projets de loi précédents au sujet de la dénonciation et dont nous avons fait mention: l'absence d'un rôle explicite pour les agents négociateurs. Bien que les agents négociateurs participent à la consultation lors de l'élaboration du code de déontologie, comme le prévoit le paragraphe 5(3) du projet de loi C-11, ils n'ont aucun rôle explicite à jouer en vertu de cette loi en ce qui a trait aux divulgations, si ce n'est la représentation générale décrite dans la loi.
Il se pourrait très bien qu'on ait voulu éviter une telle situation afin de ne pas permettre aux agents négociateurs de dénoncer des actes répréhensibles au nom de leurs membres. La loi indique clairement qu'il ne s'agit pas d'une méthode de divulgation acceptable. L'enjeu est très simple. Les agents négociateurs des employés de la fonction publique ont un rôle spécial à jouer en matière de protection des dénonciateurs et de l'intégrité de la fonction publique. Ils ont l'obligation législative de protéger les employés dans le cadre d'une vaste gamme de circonstances et le devoir d'agir avec diligence et impartialité. Ils doivent être consultés en cas de changements organisationnels dans la fonction publique. Ces obligations ont élargi le rôle des agents négociateurs et tissé ce rôle avec l'environnement de travail des fonctionnaires.
Lorsqu'il est question de la vie de nos membres au travail, la gestion nous reconnaît comme des partenaires devant la loi. Il est tout à fait normal de reconnaître explicitement cette relation dans la présente loi. Les agents négociateurs ne sont pas des représentants génériques des employés, mais ils se retrouvent sous un parapluie législatif qui en fait des partenaires en la matière.
Par conséquent, l'institut recommande que le projet de loi soit modifié pour se lire ainsi:
Rien dans cette loi ne peut être interprété comme limitant le droit des employés à être représentés par leur agent négociateur en tout temps, au cours du processus prévu dans le cadre de cette loi.
[Traduction]
Le projet de loi C-2 propose à l'article 203 (nouveau paragraphe 25.1) que le commissaire peut permettre l'accès à un conseiller juridique pour des conseils seulement lorsque l'employé envisage de divulguer un acte répréhensible ou qu'il participe à une enquête en cas de divulgation, avec une limite générale de 1 500 $, qui peut être accrue à 3 000 $ à la discrétion du commissaire.
Des conseils ne constituent pas une représentation. Les syndiqués de la fonction publique peuvent recevoir l'appui de leur agent négociateur; les agents non syndiqués ne jouissent pas d'un tel appui. Étant donné que de puissants politiciens et des hauts fonctionnaires pourraient être impliqués dans une divulgation et bénéficier d'un appui direct ou indirect d'un conseiller juridique du ministère ou du gouvernement, les dénonciateurs devront-ils affronter seuls les manoeuvres et les accusations juridiques? Il est absolument essentiel que les employés qui prennent le risque de dénoncer puissent bénéficier d'une représentation entière et complète; sinon, cela équivaut tout simplement à mettre une étiquette de prix sur la responsabilité.
Par conséquent, l'Institut recommande que la représentation juridique ne constitue pas tout simplement des conseils, mais qu'elle soit incluse dans les ressources offertes aux employés participant à la divulgation d'actes répréhensibles, et que les limites de 1 500 $ et de 3 000 $ soient modifiées en conséquence.
L'article 220 (nouveau paragraphe 53.1) de la Loi sur l'imputabilité prévoit une récompense maximale de 1 000 $ pour les dénonciateurs. En 2004, l'Institut a effectué un sondage auprès de ses membres sur les valeurs et l'éthique dans la fonction publique. Par la suite, des groupes de discussion se sont rencontrés un peu partout au pays. La réponse de nos membres est très claire: aucune récompense! Il existe plusieurs raisons à cette réponse représentative de nos membres et le fait qu'ils sont votre première et meilleure ressource dans la mise en valeur de la culture de l'éthique et du « bien-faire » au gouvernement.
Ils tiennent d'abord à ce que le travail qu'ils effectuent chaque jour pour offrir et protéger les services et les programmes destinés aux Canadiens soit reconnu et mis en valeur, et ce, non seulement en de rares occasions lorsque les choses vont mal.
Suis-je déjà arrivée à la fin du temps qui m'est accordé?
:
Je vous remercie beaucoup, monsieur le président. Merci encore.
[Français]
La principale préoccupation de l'institut est le retard dans la promulgation de la loi de loi C-11. Il faudra peut-être attendre encore longtemps avant que la Loi fédérale sur l'imputabilité entre en vigueur, ce qui signifie un retard important pour les protections que nous réclamons depuis plus de 15 ans.
L'argument dans la stratégie du gouvernement est qu'il ne veut pas mettre en place tout l'appareil pour le projet de loi C-11 et procéder à une refonte générale lorsque le projet de loi C-2 sera adopté. De fait, à l'exception du tribunal, il existe très peu de différences structurales entre le projet de loi C-11 et les amendements prévus en vertu du projet de loi C-2.
Comme la Commission des relations de travail dans la fonction publique existe déjà, rien ne devra être démoli et remplacé par la création du tribunal. Tout ce qu'il y aurait à faire serait le transfert des dossiers en attente. De plus, les détails de la mise en place du tribunal, de même que la communication et le fonctionnement des complexités de ces processus retarderont encore davantage la mise en place de ces protections. Cet argument ne tient pas la route en faveur d'un retard.
Par conséquent, l'institut recommande la promulgation immédiate du projet de loi C-11, afin que des protections soient mises en place dès maintenant pour les employés.
[Traduction]
En conclusion, la principale préoccupation face à la Loi sur l'imputabilité fédérale pour l'Institut est le retard que cette stratégie représente pour la mise en place des protections accordées aux dénonciateurs. Le projet de loi C-2 est ambitieux et de portée générale mais il ne devrait pas retarder les protections que nos membres attendent depuis longtemps pour dénoncer des actes répréhensibles au sein du gouvernement. Le gouvernement devrait donc promulguer le projet de loi C-11 et le modifier lorsque sa Loi sur l'imputabilité entrera en vigueur.
Je vous remercie beaucoup.
L'Alliance de la Fonction publique du Canada tient à remercier les membres du comité de lui donner l'occasion de comparaître devant lui au sujet du projet de loi C-2. Ce texte législatif aura des répercussions sur la vie professionnelle de dizaines de milliers de travailleuses et de travailleurs du secteur public qui sont membres de notre syndicat.
Voilà plus de trois décennies que l'AFPC réclame une loi qui encadre, défend et protège les travailleuses et les travailleurs du secteur public qui désirent dénoncer des actes répréhensibles. Nous avons présenté des mémoires détaillés et nous avons saisi toutes les occasions possibles pour essayer de résoudre le problème de la protection des travailleuses et des travailleurs du secteur public qui désirent servir les intérêts de la population en dénonçant de tels actes dans la fonction publique.
Même si le projet de loi C-2 vise à modifier plusieurs mesures législatives comme les règles relatives aux conflits d'intérêts, le financement des élections et l'adjudication des contrats gouvernementaux, mon exposé portera principalement sur les dispositions se rapportant à la divulgation.
Nous estimons que le projet de loi C-2 est bien loin de répondre aux attentes dans les grands dossiers tels que la protection contre les mesures de représailles. L'AFPC reconnaît que le gouvernement a tenté de corriger certaines lacunes du projet de loi C-11, mais elle estime que les amendements ne vont pas assez loin pour s'attaquer aux problèmes qu'elle a soulevés.
Tribunal de la protection des fonctionnaires divulgateurs d'actes répréhensibles: nous soutenons depuis longtemps que nos membres devraient avoir le droit de poursuivre une démarche relative à la dénonciation en vertu de leurs conventions collectives. Nous avons d'ailleurs négocié l'intégration de dispositions sur la protection des dénonciateurs dans certaines de nos conventions. Le tribunal indépendant que propose le projet de loi C-2 exerce des fonctions dont s'acquittent déjà les conseils des relations de travail. Il est peu probable que ce tribunal s'avère aussi compétent pour régler les questions de relations de travail que ces organismes auxquels se reportent constamment les tribunaux. Pourtant, le projet de loi C-2 exige que le tribunal s'occupe de questions délicates concernant les mesures disciplinaires et les représailles au travail. Nous doutons de la nécessité de créer un nouveau tribunal pour traiter de problèmes dont s'occupent déjà d'autres conseils.
En ce qui concerne les souffrances et douleurs, le montant accordé par le tribunal ne peut dépasser 10 000 $, alors que la Loi canadienne sur les droits de la personne prévoit un plafond de 20 000 $. Nous sommes également préoccupés du fait que, en ce qui concerne les conditions d'emploi, le projet de loi ne prévoit pas de mesures systémiques ou d'ordonnances, autres qu'une indemnisation. La seule exception à cet égard est le pouvoir d'ordonner la réintégration. Nous ne croyons pas que le tribunal puisse s'acquitter de son mandat s'il n'a pas l'autorité d'imposer des changements dans les pratiques des ministères et les structures des rapports hiérarchiques. Le pouvoir du tribunal d'adjuger des dommages-intérêts plutôt que d'ordonner la réintégration s'il estime que le lien de confiance qui existait entre les parties ne peut être rétabli préoccupe vivement l'AFPC.
Nous sommes d'avis que ceux qui signalent des actes répréhensibles en dépit de représailles ne devraient jamais avoir à payer le prix de leur gagne-pain. Qu'adviendra-t-il si le tribunal juge que les gestes posés ne constituent pas des représailles, mais qu'ils peuvent néanmoins faire clairement l'objet d'un grief en tant que prétendue violation de la convention collective? D'une part, il faut déterminer comment les compétences du tribunal et des conseils des relations de travail se chevauchent. D'autre part, il faut accorder des pouvoirs afin que les dénonciateurs aient accès à la réintégration provisoire lorsqu'ils signalent des actes répréhensibles.
En outre, non seulement le projet de loi n'aborde pas le droit de choisir un représentant en cas de plaintes au sujet de représailles, mais la somme d'argent prévue en cas de consultation juridique est insuffisante. Étant donné la nature délicate et confidentielle des renseignements présentés au commissaire et au tribunal, il faut que les responsabilités syndicales relatives à de tels renseignements soient clairement établies.
Enfin, le nouveau pouvoir exclusif du tribunal d'ordonner des mesures disciplinaires pour tout acte répréhensible nous inquiète. Le droit de déposer un grief suite à l'imposition de mesures disciplinaires est fondamental dans tout milieu syndical. Par le passé, nous avons vu des travailleuses et des travailleurs écoper à la suite des actes répréhensibles des gestionnaires. La procédure de règlement des griefs a toujours été le recours à la portée de ces victimes indirectes. Les conseils de relations de travail doivent continuer de passer en revue tous les griefs déposés contre les mesures disciplinaires.
Au sujet des motifs raisonnables, le droit de déposer une plainte ne devrait pas être assorti de l'obligation d'avoir des motifs raisonnables de croire. En permettant au commissaire de refuser de traiter une plainte qui n'est pas déposée de bonne foi, on trace la voie aux objections préliminaires inutiles. D'ailleurs, le syndicat s'était vivement opposé à une disposition semblable prévue dans le projet de loi C-11. Une telle disposition ouvre la porte aux tactiques dilatoires et porte l'attention sur le dénonciateur plutôt que sur le fautif. Rien ne permet de croire que le Bureau de l'intégrité de la fonction publique doit se doter d'une telle approche.
En Grande-Bretagne, cette approche a été vertement critiquée dans le Shipman Inquiry Report. À notre avis, le fait d'examiner l'objet de la plainte permet de déterminer convenablement le bien-fondé de celle-ci.
Au sujet des récompenses par suite d'une dénonciation, l'AFPC est fondamentalement opposée à l'octroi de récompenses par suite d'une dénonciation. Ces récompenses sont aussi inutiles que néfastes pour les dénonciateurs. Payer les gens qui décident de dénoncer ouvre la porte aux abus et aux insinuations mensongères. Les récompenses rendent les dénonciateurs vulnérables aux attaques selon lesquelles ils sont motivés par l'argent. Si l'on veut réellement protéger les dénonciateurs, il faut leur accorder une indemnisation pour les pertes financières subies et une protection contre les représailles.
Pour ce qui est du fait que l'exercice de représailles n'est plus défini comme un acte répréhensible, aux termes des deux projets de loi sur la dénonciation (projets de loi C-25 et C-11) — tous deux restés lettre morte —, l'exercice de représailles constituait un acte répréhensible. Le paragraphe 197(2) du projet de loi C-2 vient modifier l'article 8 du projet de loi C-11 (Loi sur la protection des fonctionnaires divulgateurs d'actes répréhensibles) en supprimant l'alinéa f), lequel assimilait l'exercice de représailles aux actes répréhensibles. Une telle modification est complètement contraire aux objectifs du projet de loi C-2.
Enfin, le projet de loi doit inclure tous les secteurs de la fonction publique. Il faut rappeler que l'AFPC a, par le passé, reproché que les textes de loi ne visaient pas l'ensemble des fonctionnaires fédéraux. En effet, l'AFPC s'est dite particulièrement inquiète que le personnel des Forces canadiennes, du Centre de la sécurité des télécommunications et du Service canadien du renseignement de sécurité était entièrement exempté des disposition législatives. Le projet de loi C-2 maintient l'exemption qui, à notre avis, est inutile.
Je ne vais pas lire les recommandations. Vous les avez en main. Nous allons toutefois vous envoyer d'autres renseignements plus détaillés à leur sujet, dans un mémoire que nous vous ferons parvenir dans les meilleurs délais.
:
Puis-je ajouter quelque chose, monsieur le président?
Il y a deux problèmes. Essentiellement, du point de vue de nos membres, qui craignent de ne pas être protégés, il faut regarder ce qui s'est passé dans le cas d'Allan Cutler pour en juger. S'il y avait eu un processus grâce auquel M. Cutler aurait pu être conseillé sur la façon de divulguer des actes répréhensibles sans s'exposer à des représailles, si un agent externe, un mandataire du Parlement avait été obligé d'entendre l'information divulguée et si M. Cutler avait été protégé contre les représailles et que toutes représailles avaient été interdites, dans ce cas effectivement, cette protection aurait existé. Si ces mesures de protection dissuadent ceux qui seraient tentés de commettre des actes répréhensibles, elles seront fort utiles.
Il y a un autre problème cependant. Ce projet de loi a un autre volet qui ne concerne pas les dénonciateurs mais qui joue assurément un rôle à cet égard: ce sont les changements apportés au processus des marchés publics. Le scandale des commandites était lié aux marchés publics. Ce qui nous préoccupe et préoccupe nos membres à ce sujet, c'est que le processus de certification, entre autres, transférera la responsabilité au niveau le plus bas. Quand des actes répréhensibles seront commis dans des marchés publics, que ce soit ou non à l'instigation de fonctionnaires d'un niveau hiérarchique supérieur, c'est sur nos membres qu'on rejettera le blâme.
À l'heure actuelle, environ 40 p. 100 des postes ne sont pas dotés. On veut instaurer des changements énormes alors qu'il n'y a peut-être pas assez d'employés pour les mettre en application. On ne peut pas établir une présomption d'innocence pour les cadres supérieurs. Si l'on veut responsabiliser la fonction publique, il faut le faire chez les employés de tous les niveaux.
Je vous remercie d'être des nôtres aujourd'hui.
J'aimerais dire qu'il serait peut-être utile de vous convoquer de nouveau. Nous traitons aujourd'hui de la Loi sur l'imputabilité du gouvernement face à la population, certes, et il y a beaucoup de travail à faire dans ce domaine. Vous représentez la plupart des hommes et des femmes qui travaillent tous les jours. Je pense qu'on devrait vous inviter de nouveau pour vous accorder plus de temps parce que vous avez évidemment une grande expertise.
Je vous félicite, monsieur Gordon, de votre nomination ou plutôt, de votre élection.
J'aimerais aborder plusieurs sujets. Vous avez expliqué avec précision ce que la Loi sur la protection des dénonciateurs devrait faire. J'espère que tous les membres du comité en ont pris bonne note, parce que vous avez frappé dans le mille.
Nous ne voulons surtout pas de récompenses. Je ne suis pas loin de croire, du reste, que cela serait contraire à l'éthique, et, en plus, cela enverrait un mauvais message à tout le monde. Je l'ai déjà dit; il faut laisser tomber cette disposition puisqu'elle va à l'encontre de ce que nous souhaitons. Elle n'est pas éthique.
Il faut absolument prévoir un recours pour ceux qui ont divulgué des actes répréhensibles. Vous avez évoqué les Shiv Chopra du monde et on a vu ce qui leur est arrivé. Je pense que ces mesures s'imposent.
J'ai trouvé très intéressantes certaines de vos observations sur le projet de loi dont nous sommes saisis. Je crois que le comité devra demander un avis juridique — et c'est peut-être chose faite — sur les différents représentants qui sont prévus. Je suis très préoccupé à l'idée que ces mesures l'emporteraient sur les droits de négociation. Notre comité doit s'interroger sur le rôle des conventions collectives et le fait que les droits de négociation l'emportent sur ce processus; il doit aussi obtenir un avis à ce sujet, ce qu'il a peut-être déjà demandé. Je ne pense pas que qui que ce soit ait voulu se substituer aux représentants élus des employés. Ce serait tragiquement ironique qu'un projet de loi l'emporte sur les personnes élues par les employés pour les représenter. Ce serait un énorme recul. Vous avez tous les deux souligné cet aspect important.
J'aimerais aussi revenir sur l'isolement évoqué par M. Cutler et Mme Gualtieri. Vous avez fait remarquer que si l'employé est à tout le moins représenté par son syndicat, celui-ci peut jouer un rôle parfois extrêmement utile, mais parfois aussi moins utile. L'unité de négociation du syndicat peut jouer un rôle absolument primordial en soutenant pendant cette période l'employé qui a le courage de dénoncer des actes répréhensibles.
En ce qui concerne le fardeau qui incombe au dénonciateur et le soutien qu'on pourrait lui apporter, quelles mesures faudrait-il instaurer pour lui garantir une véritable protection? On peut souvent régler de telles choses en parlant, en s'adressant à un tribunal équitable ou en recourant à une procédure de relations de travail, mais comment faire pour protéger ces femmes et ces hommes de manière à mettre en place la culture de l'intégrité que tout le monde souhaite?
Par ailleurs, comment pourrait-on mettre à la disposition de ces travailleurs le soutien et les recours légaux voulus? Devrions-nous y réfléchir plus longuement?
Voilà mes deux questions.
Merci.
:
Merci beaucoup pour vos présentations. Je veux insister sur la question de la Commission des relations de travail dans la fonction publique et de sa grande expertise par opposition à un nouveau tribunal.
Malgré les commentaires et questions de certains de mes collègues, les deux organismes ont signalé à plusieurs reprises que toute l'expertise voulue existe déjà au sein de la Commission des relations de travail dans la fonction publique. Bien qu'il s'agisse de nominations, si je ne me trompe pas, ces nominations se font en consultation avec l'employeur, les syndicats, les associations professionnelles, etc., et les gens nommés doivent posséder une grande expertise en matière de relations de travail. Il peut s'agir d'avocats qui ont pratiqué dans le domaine des relations de travail, etc. Donc, ce sont des gens qui ont une formation académique ou une formation professionnelle dans le domaine, ou les deux.
En outre, si j'ai bien compris, vous dites que nous devons donner à la Commission des relations de travail dans la fonction publique les pouvoirs que le projet de loi C-2 confère au nouveau tribunal, ainsi que certains nouveaux pouvoirs que vous suggérez ou recommandez. Ainsi, l'employé aurait un véritable choix, car il aurait l'assurance de faire affaire avec des gens ayant une expertise dans le domaine des relations de travail. Si on créait un nouveau tribunal composé de juges n'ayant pas nécessairement une expertise en la matière, l'employé n'aurait pas un véritable choix. Ce choix serait en quelque sorte illusoire.
[Traduction]
C'est un tour de passe-passe.
Ai-je bien compris vos positions?
:
Ma question s'adresse aux témoins qui pourront me répondre.
Vous avez dit qu'il y avait deux types de dénonciation. Celle que vous décrivez est toujours du haut vers le bas ou du bas vers le haut: l'employé est opposé à son supérieur immédiat. Il s'agit du type de dénonciation auquel nous sommes habitués. Il existe également une dénonciation d'origine horizontale: un employé dénonce un collègue de travail qui commet des actes répréhensibles.
Vous représentez les deux personnes. L'une de celles-ci a commis un acte répréhensible suffisamment grave pour que l'autre dépose une plainte. Premièrement, comment faites-vous pour défendre les deux personnes, puisque vous êtes l'agent négociateur pour les deux? Deuxièmement, comment faites-vous pour les diriger vers la Commission des relations de travail dans la fonction publique, alors que des décisions rendues par le Barreau de Montréal démontrent que les juges de la commission du Québec, sans doute à l'instar de ceux de la commission fédérale, n'ont pas l'indépendance des juges d'un tribunal tel que la Cour supérieure? Au Québec, nous avons cet important problème, et il se déplace présentement vers les autres provinces.
Compte tenu du fait que le projet de loi C-2 propose la création d'un tribunal indépendant, ne vaudrait-il pas mieux opter pour ce tribunal indépendant, qui a déjà passé le test de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, alors que les commissions de relations de travail, même celle du Québec, parce qu'elles sont composées de juges administratifs, ont de graves problèmes d'indépendance et sont même contestées?
Ma question comporte donc deux volets. Premièrement, comment faites-vous pour représenter les deux personnes? Deuxièmement, pourquoi n'acceptez-vous pas la création d'un tribunal indépendant? Est-ce que le projet de loi C-2 ne règle pas le problème de l'indépendance de la Commission des relations de travail dans la fonction publique?
:
Selon moi, le fait de donner un choix aux travailleurs n'est peut-être pas la meilleure solution. La Commission des relations de travail dans la fonction publique fait très bien son travail et je ne vois pas pourquoi elle ne continuerait pas à le faire.
M. Poilievre affirme qu'une personne ayant un litige avec le gouvernement ne ferait pas confiance à la Commission des relations de travail parce que ses membres ont été nommés par le gouvernement. Je ne vois pas pourquoi elle ferait plus confiance à un autre tribunal dont les juges seraient aussi nommés par le gouvernement.
Je voudrais revenir à la partie portant sur le lobbying. Avant vous, nous avons reçu le directeur des lobbyistes et d'autres personnes que la question du lobbying intéresse. Le directeur nous a fait part d'un argument intéressant qu'on entend souvent.
Selon cet argument, le fait de rapporter toutes les démarches entreprises par chacun des lobbyistes et de les rendre publiques pourrait dissuader des fonctionnaires, des professionnels ou des employés non professionnels de prendre, garder et établir des contacts avec des lobbyistes, de répondre à des questions de lobbyistes ou de rencontrer des lobbyistes de crainte d'être cités dans les rapports produits par ceux-ci. Même s'ils n'ont absolument rien à se reprocher, même si tout ce qu'ils font est parfaitement légal, ils décideraient, afin d'éviter de se retrouver dans une situation qui pourrait éventuellement être rendue publique, de ne pas répondre à ce genre d'appels téléphoniques ou de courriels et de ne pas rencontrer les lobbyistes ou leurs représentants.
Je voudrais savoir ce que vous en pensez et si ces craintes sont réelles et fondées.
:
Merci, monsieur le président.
J'ai d'abord une courte observation à faire, pour ajouter ma voix au débat sur la question de savoir s'il faut un tribunal indépendant par opposition au mécanisme actuel de la Commission des relations de travail. Je souscris à ce qu'ont dit mes collègues parce que je ne vois vraiment pas en quoi autoriser vos membres à choisir est un problème.
Il me semble que si, comme vous le proposez dans votre amendement — vous avez peut-être tout à fait raison — on donnait à la Commission des relations de travail plus de pouvoirs pour entendre les plaintes en raison de son expertise en la matière, je ne vois toujours pas en quoi donner un choix aux syndiqués pose problème. Ce sont précisément des dénonciateurs qui nous ont conseillés ce que nous avons mis dans la loi. Il me semble que si vos membres le réclament vous devriez au moins y réfléchir.
Je dirais aussi que s'il est vrai, comme vous le dites, que la commission est plus apte à s'occuper de ces questions, la majorité de vos membres choisiront de s'y adresser plutôt qu'au tribunal. Je ne vois donc pas où est le problème si vous donnez le choix à vos membres. Enfin, ce n'est qu'une observation de ma part. Vous avez présenté vos arguments et j'attendrai de lire ceux de Mme Bramwell sur le bien-fondé de votre position.
J'ai une question précise puis une observation de nature générale à laquelle j'aimerais que vous répondiez tous les deux.
Madame Demers, vous avez dit dans la partie relative à l'accès à un conseiller juridique que les plafonds de 1 500 à 3 000 $ sont trop bas mais vous n'avez pas proposé d'autres chiffres. Vous dites qu'il devrait être modifié de manière appropriée alors qu'à l'AFPC on a dit que le plafond devrait passer à 10 000 $. Avez-vous en tête un chiffre qui s'appliquerait aux employés.
:
J'essaierai d'être bref.
J'ai l'impression que nous commençons à un peu mieux comprendre ce que fait le tribunal et ce que fait la Commission des relations de travail dans la fonction publique. J'espère que c'est le cas car je crois que l'on comprend assez mieux les responsabilités de la Commission des relations de travail et, par défaut, le rôle du tribunal.
J'aimerais que l'on parle de toute la question qui consiste à s'assurer que tout le monde est protégé et, je remarque ici, pour ce qui est de l'AFPC, ceux qui ne sont pas inclus. Évidemment, quand on parle de l'armée canadienne, du SCRS, etc., il y a le spectre de la sécurité nationale et j'aimerais savoir ce que vous en pensez.
L'autre chose que j'aimerais aborder est la question des dénonciateurs. Si l'on réfléchit à la raison pour laquelle les gens dénoncent certaines choses — il faut bien reconnaître que l'on aurait pu économiser des milliards de dollars si on les avait écoutés, sans parler de la santé publique, puisque l'on a reconnu après coup qu'il y avait eu malversation. Un des problèmes que je vois à cela et auquel j'aimerais réfléchir, c'est qu'il faudrait savoir ce qui arrive après. Certains nous ont dit qu'ils avaient dénoncé certaines choses et qu'ils s'étaient sentis extrêmement isolés par la suite. Ils ont payé cher, ils ne considèrent pas seulement un côté monétaire mais toute la question de la poursuite de leur carrière et de la façon dont ils sont considérés.
Dernière chose quand on considère ce que d'autres ici ont dit quant au meilleur endroit où s'adresser pour obtenir réparation, tout me semble être question de moyens. Même chose quand on parle de représentations juridiques. Il est donc à mon avis vrai qu'il peut être difficile de plafonner cela parce que comme vous l'avez déjà dit, madame, si l'on considère le ministère de la Justice et le cas de Joanna Gualtieri, le ministère a des tas d'avocats alors qu'elle était toute seule de son côté. Il ne faut pas l'oublier, il est difficile d'évaluer cela quand on a tout un ministère qui a tout le personnel voulu en face de soi, que l'on soit ou non représenté par un syndicat. Il faut reconnaître que la situation n'est pas égale pour tous.
J'aurais toutefois aimé que vous me répondiez à propos de l'exemption, s'il vous plaît.
Merci.
:
Merci, monsieur le président.
J'ai quelques commentaires qui ne dépasseront pas les dix minutes que vous m'accordez.
Mon exposé portera sur cinq grands points: la nomination des directeurs du scrutin; les règles proposées concernant les contributions, l'application de la Loi sur l'accès à l'information à mon bureau, la poursuite des infractions à la Loi électorale par le directeur des poursuites pénales, et les dispositions proposées traitant des cadeaux.
Le projet de loi C-2 confiera au directeur général des élections un pouvoir de nommer et de destituer les directeurs du scrutin. Ce changement répond à une recommandation que j'ai souvent réitérée depuis que je suis devenu directeur général des élections. D'après le projet de loi, il devrait entrer en vigueur à une date fixée par le gouverneur en conseil, après la sanction royale.
Comme je serais facilement prêt à mettre en oeuvre ce nouveau pouvoir dans les six mois suivant la sanction royale, le comité voudra peut-être accorder le délai habituel d'entrée en vigueur des modifications à la loi électorale, qui est six mois après la sanction royale, ou avant, si le directeur général des élections annonce qu'il est prêt, ce que je ferai.
Le projet de loi propose d'interdire l'apport des contributions au niveau local par les personnes morales, les syndicats et les associations non constituées en personnes morales. Cette modification simplifiera considérablement les règles sur l'admissibilité.
Le projet de loi propose aussi de ramener de 5 000 à 1 000 $ le total des contributions annuelles qu'un particulier peut apporter à un parti enregistré, et à 1 000 $ également celui des contributions qu'il peut apporter chaque année aux candidats, aux associations de circonscription enregistrées et aux candidats à l'investiture d'un parti enregistré. Cela veut dire 2 000 $ par an.
Quant aux contributions aux candidats à la direction, elles sont aussi ramenées à un plafond de 1 000 $, distinct des autres, ce qui signifierait dans une année comme celle-ci un montant de 3 000 $ pour le Parti libéral.
Les dispositions du projet de loi sur les contributions entreraient en vigueur le jour de la sanction royale, ce qui ne laisse guère de temps à Élections Canada pour renseigner le public sur ces changements.
Par ailleurs, on propose dans le projet de loi que le Bureau du directeur général des élections soit assujetti à la Loi sur l'accès à l'information. Une seule exception vise l'accès à l'information électorale: le directeur général des élections sera tenu de refuser de communiquer les documents créés ou obtenus dans le cadre de tout examen ou révision fait sous l'autorité de la Loi électorale du Canada.
La Loi électorale du Canada interdit expressément, sans l'autorisation d'un juge, l'accès à certains documents électoraux après une élection. Le comité voudra donc peut-être envisager de maintenir les protections actuelles...
:
D'accord, mais vous avez le document devant vous.
Monsieur le président, je vais ralentir mon débit.
[Traduction]
Le comité voudra dont peut-être envisager de maintenir les protections actuelles entourant les documents électoraux, et de conférer au commissaire aux élections fédérales le statut d'organisme d'enquête, afin que ses enquêtes soient protégées de la même façon que celles des autres entités de mandat similaire.
[Français]
Ce n'est pas d'hier que le Parlement reconnaît toute l'importance de la transparence du processus démocratique: presque toutes les affaires électorales d'Élections Canada font l'objet d'un droit d'accès public depuis 1927. En fait, nous avons peut-être été la première institution fédérale à reconnaître l'importance des droits d'accès à l'information, sans quoi la population ne peut avoir confiance dans le processus électoral. Cependant, cette confiance a nécessité jusqu'à aujourd'hui une adaptation des droits d'accès aux caractéristiques spécifiques du processus électoral, et ce, dans le cadre de la Loi électorale elle-même.
Pour ces raisons, j'incite le comité à considérer la possibilité d'élargir les droits d'accès aux questions électorales dans le cadre existant de la Loi électorale du Canada, plutôt que par l'application au processus électoral de la Loi sur l'accès à l'information. Si le comité le souhaite, je peux proposer des modifications à la Loi électorale du Canada qui répondraient à ce besoin.
Le projet de loi C-2 transférerait la charge d'intenter des poursuites à un nouvel organisme, le directeur des poursuites pénales, ou DPP, qui remplacerait dans cette fonction le procureur général. Ce dernier continuerait toutefois de donner au DPP ses instructions écrites. Les poursuites pour infraction à la Loi électorale du Canada, qui relèvent actuellement du commissaire aux élections fédérales, seraient également confiées au DPP. Le commissaire continuerait de mener les enquêtes et de conclure les transactions, mais il renverrait au DPP les infractions présumées à la Loi électorale. Le DPP pourrait donc recevoir des instructions du procureur. En revanche, la loi actuelle ne le permet pas dans le cas du commissaire. Voilà en quoi consiste l'unique différence.
Pour terminer, j'aimerais parler des modifications proposées relativement au concept de « cadeau » aux candidats. À mon avis, ces modifications doivent être amendées pour bien respecter l'esprit du projet de loi. Je remettrai au comité mes propositions à ce sujet. D'ailleurs, je remettrai cet après-midi une série de modifications légères. J'en parlerai dans quelques instants.
Notamment, la réécriture de ces dispositions est nécessaire pour éviter que certaines contributions, considérées comme des cadeaux, doivent être déclarées deux, voire même trois fois. Aussi, par l'amendement de ces articles, on s'assurerait que les candidats déclarent tous les cadeaux reçus depuis qu'ils ont commencé à recevoir des contributions, plutôt que seulement depuis le début de l'élection de 36 jours ou depuis leur date de désignation par leur parti.
Aux termes du projet de loi, il serait également interdit aux candidats d'accepter tout cadeau ou avantage dont il serait raisonnable de penser qu'il leur a été donné pour influer sur l'exercice de leur charge éventuelle de député. Cependant, cette interdiction ne serait en vigueur qu'à partir de la délivrance du bref ou de la désignation de la personne comme candidat de son parti, plutôt qu'à la date où le candidat accepte pour la première fois des contributions à des fins électorales.
Par ailleurs, le projet de loi exigerait des candidats qu'ils déclarent au directeur général des élections, de manière confidentielle, tous les « cadeaux » de plus de 500 $ qu'ils ont reçus depuis la délivrance du bref ou depuis leur désignation comme candidats, si cette date est antérieure, et ce, jusqu'au jour d'élection. Cette exigence est à comparer avec les déclarations publiques exigées à l'article 25 de la loi proposée sur les conflits d'intérêts, qui porte sur les cadeaux remis aux ministres et aux autres titulaires de charge publique.
En guise de conclusion, monsieur le président, j'aimerais remettre au comité une liste de points plus techniques que je n'ai pas cru bon de mentionner dans ma courte allocution. Ils sont de nature technique seulement. Cette liste comprend aussi des propositions d'amendements concernant les cadeaux. J'y ai ait fait allusion il y a quelques instants.
Si le comité le souhaite, je serai heureux de demander à mes cadres de fournir leur assistance aux rédacteurs du projet de loi concernant toute modification que vous voudrez bien y apporter.
Voilà qui termine mon allocution.
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Dans les deux cas -- dans les cinq, en fait --, ce que je cherche à faire, c'est attirer votre attention sur les conséquences de l'adoption de cette loi, du moins, telles que je les perçois. Cela ne veut pas forcément dire que le changement proposé n'est pas souhaitable. Cela signifie tout simplement qu'il faut agir en connaissance de cause.Voilà pourquoi j'ai insisté sur les cinq points principaux.
Pour ce qui est de l'accès à l'information, la loi pourrait effectivement prévoir que ce soit le commissaire à l'information plutôt qu'un juge qui décide si un document peut être divulgué ou non. Cela pourrait fonctionner..
L'autre point sur lequel je voudrais attirer votre attention, c'est qu'en vertu du système actuel, la décision de divulguer de l'information revient, dans une certaine mesure, au directeur général des élections. Il est évident que durant une élection, les demandes d'accès à l'information seront traitées par le commissaire à l'information et non par le directeur général des élections. Cela ne pose pas de problème en soi, et je sais que le directeur général des élections, une fois qu'il sera nommé, prendra les mesures voulues en ce sens. Il n'y a aucune inquiétude de ce côté là.
Quant au directeur des poursuites pénales, mes propos visent encore une fois à attirer l'attention du comité sur le fait qu'il y a un léger changement. Or, je ne vois pas en quoi ce changement pourrait donner lieu à des abus. Il existerait une condition qui n'existe pas à l'heure actuelle et si le procureur général voulait donner des directives précises au sujet d'une poursuite ou des directives générales, il faudrait qu'il le fasse par écrit. Aucun cas d'abus n'a été, jusqu'à maintenant, porté à ma connaissance. Tout ce que je sais, c'est que le système actuel fonctionne bien pour le commissaire. Je tenais simplement à le signaler au comité.
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Bonjour, monsieur Kingsley.
Tout d'abord, sachez que je crois à votre impartialité. N'ayez crainte, ce n'est pas cette question que je souhaite aborder avec vous.
Vous avez inclus dans votre document un résumé des dispositions du projet de loi qui vous concernent. Par exemple, on fait passer de 5 000 $ à 1 000 $ les cotisations pouvant être accordées à des candidats. Il y a toute une série de réductions et on arrive à exclure les sociétés ou les syndicats.
J'aimerais vous poser une question assez précise, puis je vais céder le reste de mon temps à mon collègue.
Pouvez-vous m'indiquer quels changements touchent les transferts de fonds des partis provinciaux à des partis fédéraux? Cela est beaucoup plus fréquent qu'on ne le pense. Cela se fait par l'entremise de personnes. Le parti provincial remet 1 000 $ à l'un de ses bons électeurs, lequel donne cet argent au parti fédéral, et cela se fait dans l'autre sens également. Y a-t-il quelque chose dans le projet de loi C-2 pour nous protéger de cette situation? On a éliminé la contribution des syndicats, qui appuyaient certains partis, notamment le NPD, et celle des entreprises, qui appuyaient le Parti libéral. Il reste encore l'appui des partis provinciaux. A-t-on prévu quelque chose à cet égard dans le projet de loi C-2?
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Eh bien, cette chose me pose un problème en tant que directeur général des élections. Que dois-je faire avec ces rapports secrets au sujet des cadeaux? Que dois-je faire avec tout cela? Est-ce que ces choses doivent demeurer secrètes? Si je vois des éléments douteux, dois-je les signaler au commissaire pour qu'il fasse enquête?
Je n'ai pas encore compris le fonctionnement de la chose, ni le rôle qui m'y est réservé. S'il s'agit d'une divulgation publique, comme c'est le cas de l'autre côté, si la chose est jugée inacceptable, elle susciterait le mécontentement de la population, ou bien le jugement que le directeur général des élections devra faire sera également soumis à l'approbation ou à la désapprobation du public.
Je ne comprends pas cette confidentialité, et je n'ai pas trouvé moyen d'éclairer cette question avec mon personnel. Je continuerai à suivre cette chose auprès des gens qui ont rédigé le projet de loi. Mais je ne sais tout simplement pas quoi faire. Je ne sais que faire de tout cela.
Entre autres, j'ai déjà été responsable d'un régime régissant les conflits d'intérêts, et ces documents étaient publiés. Alors, je me demande s'il y a encore quelque chose que je n'ai pas compris au sujet de la confidentialité, et c'est la raison pour laquelle je soulève la question maintenant.