:
Merci, monsieur le président.
Chers collègues, je crois savoir que vous vous attendez à des votes aujourd'hui. Avec l'accord du comité, je présenterai un exposé préliminaire bref et concis. Toutefois, j'aimerais que le texte complet de mon exposé, qui vous a été distribué dans les deux langues officielles, figure au compte rendu.
[Voir annexe.]
C'est avec beaucoup de reconnaissance que je comparais devant le Comité permanent du patrimoine canadien pour parler de la Loi sur la Journée du Parcours vers la liberté, qui vise à reconnaître le 30 avril de chaque année comme la journée qui marque la fin de la chute de Saigon, commémore l'exode des réfugiés vietnamiens et reconnaît le rôle fondamental joué par les Canadiens qui ont accueilli à bras ouverts des milliers de réfugiés vietnamiens. Pour les Canadiens d'origine vietnamienne, le 30 avril représente le jour sombre qui a marqué la perte de leur pays, de leur foyer, de leur famille et de leurs amis ainsi que le commencement de leur exode en tant que réfugiés et le début de leur parcours périlleux vers la liberté.
Tout simplement, la Journée du Parcours vers la liberté comporte trois volets importants.
Premièrement, elle marque les événements tragiques de l'exode des réfugiés vietnamiens qui ont fui leur pays natal après la chute de Saigon le 30 avril 1975.
Deuxièmement, elle rend hommage à tous les Canadiens et au gouvernement du Canada, qui ont su se montrer à la hauteur et ont accueilli des milliers de réfugiés à bras ouverts.
Enfin, elle célèbre les remarquables contributions des réfugiés vietnamiens à l'édification de notre merveilleux pays.
Les événements qui ont suivi la chute de Saigon marquent le début de la crise des réfugiés et de l'exode des millions de personnes qui ont fui le Vietnam. L'expérience vécue par le Canada avec l'exode des réfugiés vietnamiens a commencé au cours de la chute de Saigon. En fait, dès le lendemain, soit le 1er mai 1975, le Canada a immédiatement reconnu la situation critique des Vietnamiens qui tentaient de s'échapper et a déclaré qu'il parrainerait les réfugiés qui avaient des parents déjà établis au Canada.
[Français]
Sur la scène mondiale, le Canada a fait oeuvre de pionnier en créant le Programme de parrainage privé de réfugiés. Sans la bonté et la bienveillance de milliers de Canadiens et sans le dynamisme, l'appui et la coopération du gouvernement canadien, des organismes d'aide aux réfugiés, des organismes non gouvernementaux et des groupes religieux, il aurait été tout simplement impossible d'accueillir un aussi grand nombre de personnes dans des circonstances aussi urgentes et difficiles.
[Traduction]
Depuis 39 ans, les communautés vietnamiennes de tout le Canada se réunissent le 30 avril pour une cérémonie commémorant leur perte et leur chagrin, afin de se rappeler collectivement leur voyage périlleux, de partager leur patrimoine et d'exprimer leur gratitude à l'égard du rôle historique joué par le Canada.
C'est avec ce bref commentaire que je vous demande humblement d'appuyer le projet de loi et de reconnaître notre patrimoine commun.
[Français]
Je vous remercie beaucoup de votre attention.
[Traduction]
Je me ferai un plaisir de répondre aux questions plus tard.
:
Bon après-midi, monsieur le président et membres du comité. Merci beaucoup.
Je crois également savoir que des votes sont attendus aujourd'hui. Avec l'accord du comité, je présenterai un exposé préliminaire bref et concis. Je suis cependant d'accord avec le sénateur. J'aimerais que le texte intégral de mon exposé, qui a été distribué dans les deux langues officielles, figure au compte rendu.
[Voir annexe Remarques de James Lam Nguyen],
Je m'appelle James Nguyen. Je suis président de l'Association vietnamienne de Toronto, qui est l'une des plus anciennes organisations vietnamiennes du Canada. Je suis honoré d'être ici pour vous faire part de mon appui indéfectible au projet de loi et vous expliquer l'importance que revêt la reconnaissance du 30 avril pour la communauté vietnamienne du Canada.
À l'instar de bon nombre d'autres Canadiens d'origine vietnamienne, j'ai quitté le Vietnam après la chute de Saigon le 30 avril 1975. Mon parcours vers la liberté a commencé à l'automne 1980, dans un bateau, en compagnie de ma soeur et de mes trois frères aînés. Nous sommes restés dans le camp de réfugiés de Pulau Bidong, en Malaisie, pendant près de six mois avant que le Canada accepte généreusement de nous accueillir en mars 1981. Après un bref séjour au Québec, nous sommes allés nous établir à Edmonton, en Alberta.
Notre périple, avant d'arriver en Malaisie, a duré presque six jours et cinq nuits. Pendant le voyage en bateau — comme certains d'entre vous le savent sans doute, c'est une traversée dangereuse —, nous avons été attaqués par des pirates thaïlandais. C'est une histoire que plusieurs personnes m'ont racontée. Je n'avais moi-même que six ans, et je ne savais pas grand-chose. Lorsque les pirates sont montés à bord de notre bateau, ils ont fait ce qu'ils font d'habitude: voler et piller tout ce qu'ils ont pu trouver et ramener avec eux les femmes qui se trouvaient à bord. Ma soeur a presque été enlevée.
Un des réfugiés dont la femme et la fille venaient d'être emmenées par les pirates a essayé de se suicider en sautant par-dessus bord. Il estimait que, sans sa femme et sa fille, sa vie n'avait plus aucune valeur et a donc voulu se tuer. Devant cet acte de désespoir, les pirates ont décidé de libérer toutes les femmes. Je suppose qu'il y a un certain code d'honneur parmi les voleurs. Ces pirates craignaient que l'homme ne revienne les hanter pour le restant de leur vie. C'est une histoire que je peux vous raconter d'après ma propre expérience.
Mon histoire n'a rien d'unique. Elle ressemble à celle de bon nombre de réfugiés. Le pays que j'ai quitté n'est plus qu'un lointain souvenir, qui remonte maintenant à près de 35 ans. Tous mes bons souvenirs sont au Canada. Je me souviens d'avoir joué au hockey de rue pendant les mois froids d'Edmonton, d'avoir fait semblant d'être Wayne Gretzky ou Mark Messier et d'avoir recouvert une bouteille de bière d'aluminium pour en faire une Coupe Stanley dans les rues d'Edmonton.
À titre de dirigeant de la plus importante communauté vietnamienne du Canada, j'assiste chaque semaine à de nombreux événements. Chaque fois que j'entends parler du projet de loi, je constate qu'il jouit d'un appui massif. Le projet de loi est important pour moi et pour les personnes que je rencontre dans la communauté, car il reconnaît notre patrimoine.
Je tiens à dire bien clairement que je ne crois pas qu'il soit dirigé contre le Vietnam ou le gouvernement du Vietnam. Je crois sincèrement que les Vietnamiens sont des gens merveilleux qui ont une belle culture et une riche histoire. Le projet de loi témoigne de mon parcours et de celui d'autres réfugiés après le 30 avril 1975 vers notre nouveau pays d'adoption. Je crois qu'il est extrêmement important qu'on se souvienne du 30 avril, car c'est jour de commémoration pour beaucoup de gens au Canada. Le 30 avril est une journée où les Canadiens d'origine vietnamienne se rassemblent et expriment leur gratitude envers le Canada pour les avoir accueillis à bras ouverts.
Je suis catholique de naissance. Je me souviens d'une religieuse, soeur Angeline, qui a beaucoup aidé la communauté vietnamienne du Canada. Que Dieu la bénisse. Elle est décédée il y a quelques années.
Permettez-moi, pour conclure, de vous remercier encore de votre attention. Je suis maintenant prêt à répondre à vos questions.
[Applaudissements]
Bon après-midi, monsieur le président et membres du comité.
Je m'appelle Dai Trang Nguyen. Je représente le Canada-Vietnam Trade Council ainsi que l'Association Canada-Vietnam. J'enseigne le commerce et le développement international au niveau collégial à Toronto.
Je suis venue m'adresser à vous aujourd'hui parce que je poursuis deux objectifs. Le premier est de réconcilier la communauté vietnamienne du Canada. Le second est de rétablir les libertés fondamentales de nombreux membres de la communauté.
Le premier objectif dépend du second. Dans le cadre de cet exposé, je formulerai trois recommandations visant la modification du projet de loi : d'abord, faire passer la date de commémoration au 27 juillet; ensuite, remplacer le titre actuel par « reconnaissance des réfugiés vietnamiens envers le Canada »; enfin, supprimer les dispositions du projet de loi relatives à la guerre.
J'ai l'intention d'examiner trois principaux points: premièrement, les défauts du projet de loi; deuxièmement, ses répercussions négatives sur la communauté; et troisièmement, les modifications nécessaires pour réconcilier les membres de la communauté.
Le projet de loi a comme défaut le fait qu'il semble mettre en évidence trois choses positives alors qu'en réalité, il a deux conséquences négatives. Il donne d'abord l'impression qu'il cherche à commémorer les réfugiés vietnamiens et à souligner, d'une part, la reconnaissance de la communauté vietnamienne pour l'accueil que le Canada lui a réservé et, de l'autre, la reconnaissance par le Canada des contributions de la communauté vietnamienne. En réalité, le projet de loi vise à imposer une autre version de l'histoire vietnamienne et de l'histoire de la guerre qui favorise l'ancien régime de Saigon et, partant, critique le gouvernement actuel du Vietnam.
Les trois aspects positifs favorisent l'unité dans la communauté et parmi l'ensemble des Canadiens. Les deux aspects négatifs divisent la communauté. Il y a des dissensions non seulement parce que les opposants du projet de loi croient qu'il va trop loin, mais aussi parce que ses partisans pensent qu'il est insuffisant.
Pendant les 40 dernières années, il n'y a eu qu'un seul point de vue politique accepté dans la communauté vietnamienne du Canada. Tous les autres points de vue étaient écartés. La première vague de Vietnamiens, arrivée en 1975 et 1976, comptait quelques milliers de personnes associées à l'ancien régime de Saigon. Depuis, elle a imposé une position anticommuniste aux membres de la communauté qui sont arrivés plus tard, y compris les 60 000 réfugiés venus au Canada en 1979 et 1980, les quelque 100 000 immigrants de la catégorie économique arrivés après 1972 et ceux qui sont nés au Canada.
Les membres de la communauté ne sont pas censés avoir des liens avec la « patrie », notamment au chapitre de la recherche et de l'éducation, du commerce et de l'investissement, de la musique, des manifestations culturelles, etc. Personne n'a jamais proposé une position différente, surtout parce qu'il fallait gagner sa vie et prendre soin de sa famille. Le drapeau officiel du Vietnam a toujours été absent aux cérémonies de la communauté, où l'ancien drapeau de Saigon est toujours arboré.
Le projet de loi a déclenché dans la communauté un mouvement comme on n'en a jamais vu auparavant. Début février, 22 représentants ont courageusement signé une lettre ouverte pour s'opposer au projet de loi. Vous en avez une copie dans les deux langues officielles. Cette lettre a incité des centaines d'autres à emboîter le pas pour signer la lettre, et des centaines d'autres ont commencé à se faire entendre. La discorde entre les partisans anticommunistes de l'ancien régime de Saigon et les membres de la communauté qui cherchent à adopter une nouvelle position est maintenant du domaine public.
Je suis venue ici pour défendre les libertés fondamentales de beaucoup, sinon de la majorité, des Canadiens d'origine vietnamienne. Je veux parler de la liberté de pensée, de croyance, d'opinion et d'expression selon la Charte canadienne des droits et libertés. Ce projet de loi devrait être axé sur trois éléments positifs pouvant réconcilier les membres de la communauté. Il ne devrait porter ni sur la guerre ni sur la situation actuelle au Vietnam car cela suscitera des émotions et sèmera la discorde, aggravant la scission au sein de la communauté.
Nous avons donc trois recommandations à formuler.
La première vise à changer la date. Celle du 30 avril ne convient pas parce que c'est la date à laquelle la guerre du Vietnam a pris fin.
Le projet de loi ne concerne pas la guerre du Vietnam. Il traite des réfugiés vietnamiens. Par conséquent, si on choisit le 27 juillet, date à laquelle les premiers réfugiés vietnamiens ont atterri au Canada, le projet de loi rappellera à tous les membres de la communauté l'accueil du Canada et les efforts que nous devons tous faire pour contribuer à la société canadienne.
La deuxième recommandation vise à changer le titre. Le titre actuel, Loi sur la Journée du Parcours vers la liberté, ne convient pas compte tenu du besoin de rétablir les libertés fondamentales de beaucoup des membres de la communauté et du fait que ces membres ne sont pas venus au Canada en quête de la liberté. Nous avons besoin d'un nouveau titre sur lequel puissent s'entendre tous les membres, comme « Loi sur la reconnaissance des réfugiés vietnamiens envers le Canada ».
Nous recommandons en troisième lieu de supprimer toutes les dispositions du projet de loi qui se rapportent à la guerre. Pour en arriver à un consensus parmi l'ensemble des membres de la communauté, nous devons éliminer les éléments du projet de loi qui concernent la guerre, et surtout l'expression « avril noir ».
En même temps, monsieur le président, je voudrais mentionner que nous avons besoin de reconstruire notre communauté. Beaucoup des membres n'ont accès ni à l'anglais ni au français, les jeunes se débattent encore pour trouver un bon emploi et la violence familiale sévit encore dans la communauté.
En conclusion, je dirais que, même si le projet de loi a jusqu'ici été une source de discorde dans la communauté, je crois qu'il peut servir à établir un dialogue auquel tous les membres de la communauté participeraient. Il peut nous donner la possibilité de reconstruire notre communauté et de laisser chacun s'exprimer dans le cadre d'un processus inclusif, à condition de mettre en évidence les trois points positifs que j'ai mentionnés.
Je vous remercie.
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Je remercie aussi tous les témoins de leur présence au comité.
Avant de poser ma question, je voudrais vous dire, sénateur Ngo, que c'est un honneur pour moi de coparrainer avec vous ce projet de loi. Comme vous le savez, c'est ce que j'ai fait à la Chambre des communes. La semaine dernière, j'ai présenté à la Chambre une pétition portant la signature de 2 619 membres de la communauté vietnamienne qui appuient le projet de loi .
Sénateur, j'ai une question à vous poser. La semaine dernière, le 23 mars, pour être précis, le porte-parole adjoint de l'opposition pour le Patrimoine canadien a proposé d'envisager d'adopter le 27 juillet comme nouvelle date de commémoration dans le projet de loi. Le motif invoqué est que c'est la date à laquelle les Forces canadiennes ont amené au Canada les premiers réfugiés vietnamiens, dans le cadre de l'opération Magnet II. Pouvez-vous nous dire ce que cette date évoque pour vous et pour les membres de la communauté vietnamienne du Canada qui souhaitent clairement commémorer la tragédie qu'ils ont connue et remercier le Canada le 30 avril de chaque année?
Je voudrais donner respectueusement quelques précisions sur cet important aspect qui, comme vous l'avez dit, a été mentionné à la Chambre et vient tout juste d'être évoqué à nouveau par Mme Nguyen, de l'autre côté.
Je dois m'élever énergiquement contre la proposition visant à substituer la date du 27 juillet pour reconnaître les réfugiés que les Forces canadiennes ont amenés au Canada pendant l'été 1979. Désigner le 27 juillet comme date du parcours vers la liberté reviendrait à faire abstraction de la genèse de l'établissement des réfugiés vietnamiens au Canada après l'exode qui a commencé avec la chute de Saigon, le 30 avril 1975.
Je ne sais pas si beaucoup d'entre vous sont au courant de la signification de cette date du 27 juillet 1979. Vous devriez savoir que le 27 juillet 1979 est la journée du souvenir du régime communiste vietnamien. C'est un jour férié national destiné à honorer l'héroïsme des soldats de ce régime qui ont gardé les camps de rééducation, qui ont commis des atrocités et qui ont forcé les réfugiés à fuir leurs maisons. Pouvez-vous imaginer à quel point l'adoption de cette date serait insultante pour les Canadiens d'origine vietnamienne qui ont tout abandonné pour échapper à ce régime qu'ils jugeaient intolérable? Cette proposition est une insulte à l'intelligence des Canadiens d'origine vietnamienne et de la population du Canada. Pour moi, cette date est parfaitement inopportune.
Le 30 avril a marqué le début de la crise des réfugiés. C'est la date à laquelle leur patrie a cessé d'exister. En choisissant cette date, on est certain de reconnaître la situation de réfugié de chacun.
Nous avons l'appui de toutes les communautés vietnamiennes du Canada. Il y a notamment celles de Halifax, Moncton, Toronto, Montréal, Québec, Sherbrooke, Winnipeg, Saskatoon, Edmonton, Calgary et Vancouver. Toutes les associations de la communauté vietnamienne appuient le projet de loi et le choix de cette date.
Quant à ceux qui s'opposent au projet de loi — il s'agit peut-être de ceux qui sont arrivés au Canada avant 1975, des étudiants du plan Colombo et de ceux qui souhaitent, par intérêt personnel, faire des affaires avec le Vietnam —, nous ne pouvons pas faire passer leur intérêt personnel avant les voeux des millions de Vietnamiens qui ont fui le Vietnam le 30 avril 1975. Il n'est pas acceptable de mettre en balance ce jour et les 300 000 réfugiés vietnamiens qui ont quitté leur pays. Le Canada les avait acceptés à cause de ce jour.
De plus, imposer le 27 juillet aux Canadiens d'origine vietnamienne qui ont été acceptés par le Canada, les obliger ainsi à honorer le jour du souvenir des soldats communistes qui ont tué et torturé les leurs est vraiment insultant. En fait, cette date n'a absolument aucun sens pour nous et pour toutes les communautés vietnamiennes du Canada qui nous appuient. Comme le député vient de le dire, une pétition portant la signature de milliers et de milliers de personnes qui appuient le projet de loi a été déposée à la Chambre.
Le projet de loi ne divise pas la communauté vietnamienne. Au contraire, il unit la communauté vietnamienne qui a quitté le Vietnam.
Je parle des réfugiés. Je ne parle pas du Vietnam. Je ne parle pas du régime communiste vietnamien. Je ne parle pas du gouvernement communiste vietnamien. Le projet de loi n'a rien à voir avec le régime ou le gouvernement communiste du Vietnam. Le projet de loi est axé sur l'exode des Vietnamiens. Plus de 2 millions de personnes ont quitté le Vietnam ce jour-là.
Le projet de loi est reconnu par les 300 000 Vietnamiens qui sont venus au Canada. Le Canada les a accueillis à bras ouverts. Le projet de loi témoigne aussi de la contribution dynamique de la communauté vietnamienne au Canada.
Voilà en quoi consiste essentiellement ce projet de loi. Il n'a rien à voir avec le commerce, rien à voir avec le gouvernement vietnamien, rien à voir avec les soldats vietnamiens.
:
Merci, monsieur le président.
Je remercie tous nos témoins de leur présence au comité.
Nous avons entendu le sénateur Ngo dire que la date proposée est celle du 30 avril. Je crois que M. Adler a mal cité le discours que j'ai prononcé à la Chambre, ce qui n'est pas nouveau. Mme Nguyen a dit, de son côté, que le choix du 30 avril déplaît à certains.
Je suis moi-même une enfant victime de la guerre, de sorte que je comprends l'émotion que vous ressentez. J'ai connu une guerre, j'ai fui une zone de guerre et j'ai gagné le Canada pour y vivre comme citoyenne canadienne. J'ai le privilège d'être ici. Je comprends donc votre périple et l'importance de ces parcours collectifs vers la liberté.
Ma question porte cependant sur la date. Nous avons entendu les arguments passionnés du sénateur Ngo expliquant les raisons pour lesquelles le 27 juillet ne convient pas. Nous avons aussi entendu les arguments passionnés de Mme Nguyen contre le choix du 30 avril. De toute évidence, il y a un désaccord.
Je ne suis pas une Canadienne d'origine vietnamienne. En écoutant nos témoins, j'ai pu les entendre s'opposer avec beaucoup d'émotion à chacune des deux dates. Y a-t-il une date qui puisse convenir? Y a-t-il n'importe quoi qui puisse unir au lieu de diviser?
Sénateur Ngo, vous avez dit que vous voulez un projet de loi unificateur. Je le souhaite aussi puisque la médiation est mon métier. Je voudrais que les gens parviennent à un consensus. Que pouvons-nous faire pour réconcilier les adversaires? Quelles dates possibles sont envisageables pour qu'il soit possible à M. Adler de proposer un amendement amical pouvant satisfaire tout le monde dans la communauté vietnamienne? Ainsi, elle pourrait appuyer à l'unanimité ce projet de loi destiné à dire merci au Canada. Si j'ai bien compris, c'est bien l'objectif de cette mesure. Quelle date serait donc acceptable?
La question s'adresse à tous les témoins.
Allez-y, monsieur Nguyen.
Quelle que soit la mesure législative, il y aura désaccord, mais je peux vous parler de mon expérience personnelle. Je participe chaque semaine à différentes activités de la communauté vietnamienne la plus importante du Canada. Nous comptons près de 100 000 membres, ce qui représente le tiers de la communauté vietnamienne du Canada. Cette date est acceptée par 99,9 % des membres de cette communauté.
Mme Julie Nguyen dit que c'est un facteur de division. Je serais vraiment enchanté qu'elle vienne assister à l'une de nos activités pour être témoin de la passion des gens. Ces trois dernières années, j'ai organisé les plus grands festivals de la Nouvelle Année lunaire. M. Harper a assisté à deux d'entre eux. Le drapeau jaune patrimonial fait partie de nos traditions. Il était présent partout.
Madame, lorsque nous parlons de ce projet de loi, nous pouvons voir qu'il y a un appui massif. Il ne s'agit pas d'un désaccord opposant deux moitiés égales de la communauté. L'appui est à 99,9 %. Je serais très heureux d'inviter Mme Julie Nguyen à n'importe laquelle de nos activités. Je l'accueillerai…
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Merci, monsieur le président.
Je remercie également les quatre témoins.
J'aurais souhaité que cette séance réconcilie la communauté vietnamienne. Cela risque d'être difficile, mais laissez-moi essayer.
Mesdames Nguyen et McIninch, je vous propose ce qui suit.
Une fois que le projet de loi fera office de loi au pays, cette commémoration aura sa propre vie. Quand on se réunira dans mon comté, , je peux vous assurer que tous seront les bienvenus.
En tant que parlementaire canadien, je ne veux pas donner une version officielle de l'histoire d'un autre pays, mais je veux faire deux choses: premièrement, commémorer tous les réfugiés vietnamiens, sans exception, les boat-people et les autres, et deuxièmement, célébrer l'apport extraordinaire de la communauté vietnamienne au Canada.
La communauté vietnamienne, avec sa générosité habituelle, veut ajouter un troisième sujet de réjouissance: elle veut offrir ses remerciements au Canada. Très bien, on s'arrête là; pourquoi se disputerait-on?
Dans la partie intitulée « Attendu », certaines choses vous déplaisent un peu, mais ce sera très vite oublié. Tout ce dont nous allons nous souvenir, c'est que nous sommes ensemble et que nous allons travailler en collaboration. Ce n'est pas le rôle du Parlement canadien de trancher les désaccords impliquant des interprétations du passé. En tant que parlementaire, je ne donnerai pas une version officielle de l'histoire d'un autre pays. Ce n'est pas mon travail.
Peut-on célébrer tous ensemble? Voilà ma question.
:
Honorable Stéphane Dion, je vous remercie beaucoup de votre question. Je suis bien d'accord que ce projet de loi devrait être axé sur deux choses: la commémoration des réfugiés vietnamiens et la célébration de leur contribution à la société canadienne. Si nous pouvons concentrer l'attention sur ces deux aspects positifs, il n'y aura aucun désaccord.
Le désaccord découle du fait que le projet de loi est axé sur la guerre. Il traite de la fin d'une guerre qui a compté parmi les plus controversées et les plus sanglantes du XXe siècle. La guerre suscite toujours des émotions et des dissensions. Pour former un consensus sur ce projet de loi, nous devrions concentrer l'attention sur les deux points que vous avez mentionnés. Le projet de loi parle des 60 000 réfugiés qui sont arrivés en 1979 et 1980, pas de ceux qui sont venus en 1975. Il s'agit donc de recentrer le projet de loi pour l'axer sur les 60 000 réfugiés acceptés au Canada, qui ont commencé à arriver dans le pays le 27 juillet 1979. Cette date est tout à fait pertinente.
Je n'ai aucune idée de ce qui arrive au Vietnam. Je n'ai aucune idée du sens qu'on y donne à la date du 27 juillet. Je vis ici. Je suis citoyenne canadienne, et je me soucie de ce que ces dates signifient pour mes compatriotes d'origine vietnamienne. Lorsqu'ils sont arrivés dans le pays, ils ont été acceptés et ont contribué à la société. C'est ce que je veux célébrer avec eux.
Je tiens à préciser que les 300 000 Canadiens d'origine vietnamienne ne sont pas tous des réfugiés. Le projet de loi ne traite que des quelque 60 000 réfugiés qui sont arrivés en 1979 et en 1980. Je n'appartiens pas à ce groupe. Je suis arrivée à titre d'immigrante de la catégorie économique. Il y en a beaucoup d'autres comme moi. Je voudrais qu'il y ait un consensus dans l'ensemble de la communauté.
:
Je comprends votre point de vue.
Le projet de loi sera adopté. Oui, il le sera même si je m'y oppose. Je ne veux pas d'une société, d'une communauté divisée. Je ferai donc tout mon possible — et je sais que je ne serai pas le seul à le faire parce que tous mes collègues feront aussi de leur mieux, j'en suis sûr — pour que vous-même et tous les autres participiez à cette commémoration. Voilà où nous en sommes maintenant.
C'est vraiment triste parce qu'ordinairement, lorsqu'une communauté commémore quelque chose, elle le fait à l'unanimité, et c'est un grand moment pour tout le monde. Je suis très malheureux de constater que, pour vous, ce sera un moment triste. Je ferai de mon mieux pour veiller à ce que tous les gens qui partagent vos sentiments — je suis sûr qu'ils existent parce qu'il y en a qui sont venus m'en parler dans ma circonscription —, soient associés à la commémoration comme frères et soeurs, comme Canadiens et Canadiennes.
:
Bon après-midi tout le monde. Cette 39e séance reprend.
Nous étudions aujourd'hui le projet de loi , Loi instituant une journée nationale de commémoration de l'exode des réfugiés vietnamiens et de leur accueil au Canada après la chute de Saïgon et la fin de la guerre du Vietnam.
Notre second groupe de témoins comprend M. Trac Do et M. Nguyen, de la Canada-Vietnam Friendship Association, et M. Dao, président, Région de Montréal, de la Communauté vietnamienne au Canada.
Chacun des deux groupes dispose d'au plus huit minutes.
Monsieur Do, la parole est à vous. Vous pouvez prendre jusqu'à huit minutes.
:
Honorable Gordon Brown, président du Comité du patrimoine canadien de la Chambre, honorables membres du comité, mesdames et messieurs, je suis enchanté et ému de comparaître comme témoin au sujet du projet de loi .
Je m'appelle Do Trac Bang. Mes amis canadiens me nomment Chuck parce que je suis ici depuis 35 ans.
Je suis président de la Canada-Vietnam Friendship Association et ambassadeur à l'amitié de la ville de Toronto au Vietnam. Je vous dis cela pour montrer que j'ai une longue expérience au service de la communauté. De 1986 à 1992, j'ai rempli trois mandats successifs comme représentant du gouvernement de l'Ontario pour le multiculturalisme.
Je suis ici pour présenter mon point de vue sur le projet de loi parce que je crois que cette mesure exprime notre appui à la reconnaissance de la communauté vietnamienne du Canada.
Je suis arrivé au Canada en janvier 1980 comme réfugié vietnamien. Je fais partie des boat-people. Je ne voudrais pas m'étendre sur le projet de loi puisque tous les membres du comité ont en main une lettre dans laquelle j'exprime mon point de vue au nom de la communauté vietnamienne.
Je voudrais simplement dire au comité aujourd'hui, au sujet du libellé du projet de loi, qu'à mon avis, quelque 90 % des membres de la communauté vietnamienne seraient favorables à l'adoption du 27 juillet comme date de commémoration du premier exode des réfugiés de la mer vietnamiens à destination du Canada. C'est donc avec respect que j'exhorte l'honorable sénateur Ngo Thanh Hai à adopter le 27 juillet dans le projet de loi , parce que cette date a une grande signification pour notre communauté et est acceptable pour elle d'un point de vue réaliste.
Je représente l'ancienne génération qui est arrivée en premier au Canada. Je suis cependant accompagné de M. Van Hoang Nguyen, qui appartient à la nouvelle génération, également venue du Vietnam, mais dont les membres sont venus après la fin de la guerre en 1975. Il représente les jeunes et peut donc faire part aux membres du comité de la volonté de la communauté.
Je voudrais maintenant demander à M. Van Hoang Nguyen de prendre la parole.
Je m'appelle Hoang. Je représente une génération plus jeune de Vietnamiens qui vivent à Toronto et qui sont citoyens canadiens.
Je suis venu présenter aujourd'hui un seul argument concernant la date de commémoration prévue dans le projet de loi.
Lorsque je suis arrivé sur la Colline parlementaire, j'ai eu l'occasion de voir un article du bulletin Embassy de ce matin, 1er avril. Je voudrais citer une phrase de cet article concernant le projet de loi . Cette phrase est une citation du député conservateur Mark Adler qui a dit: « C'est un fait historique dont nous parlons ici… », ajoutant « le fait historique est qu'il y a eu une invasion. En 1975, il y avait deux pays distincts, puis il y a eu une invasion. »
Comme je l'ai dit, je suis né après la guerre. Bien entendu, je n'en ai pas été témoin. Pour moi, les faits historiques sont tirés des livres d'histoire. J'ai eu comme professeurs d'éminents éducateurs comme M. Gabriel Kolko, de l'Université York, qui a écrit un livre sur la guerre du Vietnam intitulé Anatomy of a War. Le livre porte sur toute la période de la guerre, de 1940 à 1975.
Je vais vous lire une phrase que j'ai apprise dans ce livre: « Le Sud-Vietnam est une expression géographique uniquement adoptée par souci de commodité », car, le Vietnam, au sud du 17e parallèle, faisait légalement partie intégrante, en vertu des accords de Genève de 1954, d'une seule nation qui a été divisée de façon provisoire avant d'être réunifiée.
Mesdames et messieurs, le mot clé ici est « réunification ». Le 30 avril 1975 est la journée de réunification du Vietnam. Le 30 avril 1975 n'est pas une journée pour commémorer les réfugiés du Vietnam qui sont venus au Canada. C'est une chose que je tiens à dire très clairement. C'est ce que j'ai appris à l'université dans mes manuels. L'argument que j'avance aujourd'hui est très clair: la date de commémoration des réfugiés vietnamiens venus au Canada devrait être le 27 juillet 1979. Le 30 avril est le jour de réunification du Vietnam, mon pays.
Je vous remercie de votre temps.
:
Honorables députés, président du Comité permanent du patrimoine canadien de la Chambre des communes, permettez-moi de me présenter. Je suis le Dr Ba Nogc Dao. Depuis quatre ans, je suis président de la Communauté vietnamienne au Canada, région du Grand Montréal. De 2005 à 2009, j'ai été président de l'Association des médecins vietnamiens du Canada.
C'est un grand honneur pour moi de représenter la Communauté vietnamienne au Canada, région du Grand Montréal, dont font partie quelque 30 000 des nôtres — il y en a 42 500 au Québec — et de pouvoir vous parler du projet de loi .
Nous nous rappellerons toujours de la présence de représentants des Forces canadiennes à la Commission internationale de contrôle et de surveillance de l'armistice et aux accords de paix de Paris, en 1973. Malgré l'armistice, le Sud du Vietnam a été envahi par les troupes communistes du Nord. Et la fin de la guerre. À partir du 30 avril 1975, l'aggravation de la terreur, la répression et les atrocités commises par le nouveau régime sur la population du Sud ont fait augmenter le nombre de réfugiés.
Vers 1980-1983, sur les ondes de la BBC ou de Voice of America, on a rappelé ces paroles d'une Vietnamienne âgée entre 75 et 80 ans: « Même les poteaux électriques, s'ils avaient pu marcher, se seraient enfuis du pays. »
Je vous invite à écouter l'histoire d'un prisonnier de guerre qui a été témoin de la situation de 1975 à 1985.
Avant le 30 avril 1975, ce monsieur était un médecin officier de l'Armée de la République du Vietnam. Tout le monde s'entend pour dire que le rôle du médecin, peu importe le régime politique, l'endroit, le moment ou la race du malade, est de soulager la souffrance humaine. C'est un devoir noble et délicat.
Après la prise du pouvoir par le régime communiste, il a dû aller à des camps de concentration de lavage de cerveau, comme plusieurs autres soldats, officiers et fonctionnaires. Presque tous les Sudistes étaient jugés coupables et on considérait qu'ils avaient une grande dette de sang envers la population, en particulier les médecins parce qu'ils soignaient et soulageaient les souffrances des militaires de l'Armée populaire vietnamienne avec conscience. Ce médecin commettait ainsi une très grande faute. Il a sauvé la vie de militaires de l'armée populaire. Ces militaires ont été très touchés et émus, et ont quitté l'armée populaire. Ils ont demandé à rester dans le Sud comme réfugiés politiques.
Dans les camps de concentration, ce médecin faisait des travaux forcés: cultiver des plantes comestibles, abattre des arbres pour qu'il y ait du bois à vendre aux cadres, écrire des textes de narration autocritique, suivre des cours magistraux imprégnés de vengeance et de jalousie. Il y avait fréquemment des changements de camp. Après deux ans et demi dans des camps de lavage de cerveau, il a été libéré, mais il est demeuré sous la surveillance stricte des cadres, de la police et de la sûreté civile de la municipalité.
Il a été forcé de travailler à l'hôpital des enfants malades sous le contrôle de cadres administratifs non professionnels et sans culture ou d'aller dans les nouvelles régions économiques, qui étaient désertées et pauvres en ressources. Il a dû passer la nuit chez des amis. La sûreté civile frappait fréquemment à la porte, la nuit, pour amener les gens à un endroit inconnu si elle les soupçonnait.
Devant cette situation dangereuse, il n'avait pas le choix: il devait quitter le pays à n'importe quel prix. Il a essayé de trouver la liberté et de s'enfuir avec son épouse et ses garçons de 10 ans et de 11 mois au moyen d'un boat people. Il a essayé 13 fois, mais il n'a pas réussi.
Finalement, la corruption des lingots d'or fait que sa famille a pris officiellement l'avion en mars 1985 et a réalisé l'engagement que son beau-frère avait pris en février 1975. Celui-ci était étudiant au Nouveau-Brunswick et à Montréal.
Voilà l'exemple d'un réfugié...
Voilà l'exemple de quelqu'un qui a fait partie des 840 000 individus appelés « réfugiés ». On estime que plus de 250 000 Vietnamiens sont décédés en mer au cours de cet exode et qu'à peu près 100 000 sont morts dans les forêts, aux frontières, à cause de noyades, de maladies, de la famine, de violences et d'actes de piraterie.
La diaspora vietnamienne convient de désigner le 30 avril comme Jour de l'avril noir ou Journée du parcours vers la liberté pour commémorer les vies perdues et la souffrance vécue lors de l'exode du peuple vietnamien. Cette journée souligne aussi l'accueil que la population et le gouvernement du Canada ont réservé aux réfugiés vietnamiens ainsi que la gratitude du peuple vietnamien d'outre-mer à l'égard de cet accueil.
Il est vrai que le Canada n'est pas le seul à avoir posé ce geste extraordinaire envers les réfugiés vietnamiens. Il y a également les États-Unis, l'Australie, la France, l'Italie, la Suisse, la Suède, et d'autres. En 1986, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a décerné la médaille Nansen au Canada, un honneur qui ressemble au prix Nobel de la paix.
Pourtant, combien de Canadiens parmi nous connaissent cette valeur? C'est dans ce contexte que le projet de loi voit le jour. Nous, les Canadiens, quelle que soit notre origine, sommes fiers d'être reconnus par les autres pays, par les citoyens de cette planète, par l'entremise de cette loi.
Maintenant, continuons l'histoire de cet ex-prisonnier. Une fois arrivée au Canada, plus précisément à Montréal, en mars 1985, la famille s'engage immédiatement dans le marché du travail. Madame va travailler dans une manufacture de meubles, puis dans une usine de freins d'automobile. Monsieur révise ses cours pour se présenter à un examen d'équivalence.
En novembre 1985, après avoir réussi l'examen, il travaille à l'Hôpital Saint-Luc comme préposé aux bénéficiaires pendant plus de trois ans. Pendant ce temps, il agit comme stagiaire observateur le matin, grâce à la générosité des chefs de département, et il est préposé aux bénéficiaires le soir. Entre 1991 et 1993, il fait son stage rotatoire d'internat et commence à pratiquer comme médecin de famille. Il exerce cette profession depuis 1994. Il a reçu le Prix des médecins de coeur et d'action.
La communauté vietnamienne de Montréal a contribué beaucoup au développement de la société canadienne et de la société québécoise: elle organise chaque année une journée de la santé, vers septembre ou octobre, pour 400 à 500 participants de multiples ethnies avec des présentations et des conseils pour des problèmes médicaux contemporains pour et par les professionnels de la santé vietnamiens; des cours de français, d'anglais et de vietnamien, d'informatique, d'arts martiaux, de citoyenneté; des repas pour les sans-abri; des cours pour lutter contre la violence conjugale et pour protéger les personnes âgées; des collecte de fonds pour les tempêtes et les intempéries au Japon, en Indonésie, aux Philippines et à Lac-Mégantic aussi.
Beaucoup d'autres activités de routine font partie de la contribution de la communauté vietnamienne et des Canadiens d'origine vietnamienne.
La Journée du parcours vers la liberté, une fois instituée en loi, devient une affaire du Canada, de son peuple, de ses élus, de son gouvernement. Cette loi ne touche que le peuple canadien et son idéal de paix et de liberté.
Honorable président, honorables membres du comité, en votant pour ce projet de loi, vous rehaussez les valeurs de paix, de liberté et de dignité humaine qui constituent, haut et clair, le flambeau du Canada. En votant pour ce projet de loi, vous nous aidez aussi à souligner la gratitude des Vietnamo-Canadiens envers leur pays d'accueil et reconnaissez leur attachement ainsi que leur contribution à cette société qui est la leur. Vous les encouragez à défendre nos valeurs et à exercer nos droits, dont le droit de vote qui, soit dit en passant, n'existe que de nom pour les Vietnamiens demeurés dans leur pays.
À noter que le 30 avril prochain, les Canadiens d'origine vietnamienne assisteront à une grande cérémonie d'inauguration du monument Hommage à la liberté afin d'honorer la mémoire des 100 millions de victimes des communistes dans le monde entier. Ce monument sera localisé dans les environs du Parlement.
Honorable président du comité, honorables députés, nous vous remercions sincèrement de votre attention. Veuillez accepter les remerciements de nos concitoyens de Communauté vietnamienne au Canada, région de Montréal.
Finalement, il ne faut pas oublier que la Journée du parcours vers la liberté n'est pas une fête légale ni un jour non juridique.
Merci beaucoup.
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Je vous remercie beaucoup.
Il faut rappeler que, s'il y a eu des scènes tragiques, des vies perdues, beaucoup de terreur et d'atrocités, cela s'est produit à partir du 30 avril 1975. C'est la seule date à retenir. Il faut conserver cette date, sinon elle sera oubliée et nous ne pourrons pas expliquer, surtout aux générations futures, pourquoi nous sommes ici, au Canada, plutôt qu'au Vietnam. C'est à cause du 30 avril 1975.
Il y a eu une tragédie indescriptible, et c'est pourquoi il faut essayer de garder cette journée en mémoire. Ce n'est pas pour raviver la haine ou la vengeance, mais pour que ce soit au moins un fait historique pour l'humanité. Il faut absolument garder cela en mémoire. On ne parle absolument pas de haine ou de vengeance, ici, mais des douleurs, du malheur dont la population vietnamienne outre-mer a été victime.
Il ne faut pas oublier qu'on parle ici de souffrances et tout cela à partir du début ou du milieu d'avril. Les gens de l'opposition vont au Vietnam pour célébrer la grande victoire printanière, mais de quoi s'agit-il? C'est absurde, parce que c'est une journée triste. Dans notre pays, on célèbre la grande victoire lors de cérémonies, mais cela nous rappelle qu'on nous a chassés du pays, comme ça. C'est triste pour nous.
Merci beaucoup.
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Merci, monsieur le président. Je remercie également les trois témoins.
[Traduction]
Nous allons encore une fois essayer de réconcilier les parties. Je suis déterminé à essayer.
Comme vous le savez sans doute, le lundi qui précède le 25 mai est un jour férié au Canada. Quel jour férié? Le savez-vous?
Non, vous ne le savez pas. La plupart des Québécois ne le savent pas non plus, mais ils sont heureux du fait que, comme chaque année, ils n'auront pas à travailler le lundi 18 mai. Ce sera un jour de congé, un jour férié. Beaucoup de Québécois savent que c'est la fête de la Reine, mais ils ne savent pas quelle reine. Ils peuvent penser que c'est Elizabeth II alors qu'en fait, c'est la reine Victoria. La plupart d'entre eux ne le savent pas.
D'autres Québécois voudront ce jour-là commémorer Dollard des Ormeaux, héros qui a protégé la Nouvelle-France contre les guerriers mohawks qui attaquaient Ville-Marie, l'ancêtre de Montréal. D'autres encore voudront commémorer les Patriotes qui ont participé à la rébellion de 1837 contre le régime britannique de l'époque. Il y en a aussi qui célébreront ce qu'ils voudront parce qu'ils sont heureux de célébrer.
Bref, le Canada est un pays libre. Le 30 avril sera la date de commémoration des Canadiens d'origine vietnamienne. Vous serez libres de donner à cette commémoration la signification de votre choix. Je vous invite à commémorer avec nous. Nous aurons tous du plaisir. C'est à cela que je veux en venir.
Il y a un autre point sur lequel j'aimerais connaître votre avis. Le Canada est un pays libre. Si, à part le 30 avril, vous souhaitez commémorer une journée du mois de juillet, choisissez votre date et invitez-moi, s'il vous plaît. Il n'y a pas suffisamment de jours au calendrier pour commémorer adéquatement ce que les Canadiens d'origine vietnamienne ont donné au Canada.
Voilà mes deux arguments: commémorez ce que vous voulez, tant que nous le faisons ensemble. Et, si cela ne suffit pas, choisissez une autre date et, je vous en prie, invitez-moi.
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J'en suis très heureux. J'espère que vous viendrez aussi à Saint-Laurent—Cartierville le 30 avril pour célébrer les Canadiens d'origine vietnamienne.
Je pense aussi à l'exemple du 24 juin. À un moment donné, c'était la fête des Canadiens français. Maintenant, le dieu du Québec a décidé que ce serait la fête nationale du Québec pour tous les Québécois, anglophones, francophones et allophones. En pratique, nous célébrons maintenant les deux. Nous ne faisons pas un choix. Nous pouvons célébrer le Québec ou l'ensemble des Canadiens français d'un océan à l'autre. Quelle différence? Nous faisons la fête ensemble et nous avons du plaisir. J'espère que ce sera le cas.
[Français]
Docteur, je sais que vous êtes un président extrêmement dévoué à sa communauté et un homme bon.
Que pourrons-nous faire ensemble, à Montréal, pour que des gens comme MM. Trac Bang Do et Nguyen se sentent inclus et viennent célébrer avec nous?
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Je vous remercie, honorable député Dion.
Je représente ici la Communauté vietnamienne au Canada, plus précisément celle de la région de Montréal, qui compte plus de 20 000 personnes. Nous sommes ici pour transmettre le message de notre communauté.
Nous avons décidé de garder cette journée pour plusieurs raisons. Premièrement, comment pourrait-on autrement expliquer aux générations futures pourquoi elles sont ici? Il faut leur dire que c'est à cause de l'invasion du Sud par le Nord qui s'est produite le 30 avril et de toute la terreur que cela a entraîné. Vous connaissez tout cela. On ne peut pas vivre uniquement avec la théorie. C'est pour cela que nous sommes ici. Il faut que les générations futures sachent cela.
Les générations canado-vietnamiennes actuelles contribuent beaucoup au développement de la société dans tous les domaines, et ce sera également le cas des générations futures. C'est important. Si on change la date, les jeunes générations ne sauront pas pourquoi elles sont ici. C'est difficile à expliquer. Il faut être sûr que cette date marquera toujours la date de l'exil des Vietnamiens qui n'acceptaient pas la doctrine. C'est la première raison.
Deuxièmement, pour nous, il ne s'agit pas d'une journée de haine, mais plutôt d'une journée de tristesse. Vous serez d'accord avec nous pour dire que, bien que notre pays natal soit très pauvre — on n'a rien à manger —, il est toujours beau, c'est certain. Pour nous, rester ici n'est pas un cadeau. Nous restons ici et notre situation est très confortable, mais cela ne signifie pas pour autant que nous devrions oublier notre pays natal. Nous sommes ici à cause du 30 avril 1975. Il faut accepter cela. C'est pour cela que cette date ne peut pas être changée.
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Monsieur le président, je veux dire très clairement que les néo-démocrates trouvent ce processus très décevant. Nous sommes déçus que le comité n'ait pas pu entendre davantage de témoins et n'ait pas eu la possibilité d'étudier plus soigneusement le projet de loi. L'examen du préambule constitue peut-être une bonne occasion d'en parler parce qu'il est évident que la communauté vietnamienne est très divisée et que cela suscite beaucoup d'émotions. Je crois — de concert avec mes collègues néo-démocrates, j'en suis sûre — que le projet de loi mérite une étude allant bien au-delà du processus sommaire que nous suivons aujourd'hui et du débat qui s'est tenu au Sénat.
Nous croyons qu'il est important de reconnaître la contribution du Canada au règlement de la crise des réfugiés qui a découlé de la guerre du Vietnam. C'est ce que nous ont dit beaucoup des témoins qui ont comparu aujourd'hui. Il est également important de reconnaître les nombreuses contributions des Canadiens d'origine vietnamienne à la société canadienne. Nous avons appris aujourd'hui, comme le montrent d'ailleurs les statistiques, que plus de 300 000 personnes se sont établies au Canada après y avoir été accueillies à bras ouverts. Pour moi, il y a aussi un élément personnel parce que mes compatriotes ont dû venir au Canada et aller dans d'autres pays du monde comme réfugiés. Le Canada a accepté mes compatriotes aussi bien comme réfugiés que comme immigrants d'autres catégories.
Le Canada est un pays merveilleux. Je suis attristée de voir ce qui se passe parce que ce projet de loi était l'occasion pour la communauté de dire merci au Canada, mais qu'il y a évidemment beaucoup de dissensions. J'aurais souhaité que nous ayons plus de temps pour mieux étudier cette mesure et entendre un plus grand nombre de représentants de la communauté afin d'apporter des changements sensés fondés sur leur témoignage.
Il importe de noter qu'il y a différents points de vue sur le projet de loi au sein de la communauté vietnamienne du Canada. Comme je l'ai dit, j'aurais voulu que le comité lui consacre plus de temps. Nous avons appris que le processus suivi au Sénat a également montré que les consultations ont été insuffisantes et que des personnes qui ont demandé à comparaître n'y ont pas été autorisées. Seuls les témoins favorables au projet de loi ont pu témoigner au Sénat.
Monsieur le président, c'est notre rôle de parlementaires de veiller au respect de l'équité et de la démocratie, d'entendre tous les points de vue sur les questions qui se posent et d'en tenir compte afin de nous assurer de prendre des décisions responsables.
Nous, du NPD, appuyons les efforts visant à commémorer le fait que le Canada a accueilli des dizaines de milliers de réfugiés de l'Asie du Sud-Est après la fin de la guerre du Vietnam. Les témoins que nous avons entendus aujourd'hui nous ont dit qu'il y en a eu plus de 60 000. Nous aurions voulu que ce processus législatif soit plus inclusif et permette au comité de procéder à une étude plus sérieuse et plus approfondie.
Merci, monsieur le président.
Y a-t-il d'autres interventions au sujet du préambule?
Le préambule est-il adopté?
Des députés: D'accord.
Des députés: Avec dissidence.
Le président: Le titre abrégé est-il adopté?
Des députés: D'accord.
Des députés: Avec dissidence.
Le président: Le titre est-il adopté?
Des députés: D'accord.
Des députés: Avec dissidence.
Le président: Le projet de loi est-il adopté?
Des députés: D'accord.
Des députés: Avec dissidence.
Le président: Puis-je faire rapport du projet de loi à la Chambre?
Des députés: D'accord.