:
Merci beaucoup, monsieur le président, et bonjour à tous.
[Français]
Je suis accompagnée de mes collègues M. Terry Campbell, vice-président aux Politiques, et Darren Hannah, directeur des Opérations bancaires. Nous avons aussi apporté une pochette d'information qui vous a été distribuée, je l'espère, et qui porte sur les questions dont nous discutons ce matin.
[Traduction]
J'espère que vous avez reçu les documents d'information. Plutôt que de lire ma déclaration, j'aborderai dans les grandes lignes les questions dont nous discuterons ce matin.
[Français]
J'aimerais tout d'abord citer quelques statistiques sur la contribution des banques à l'économie canadienne. En termes d'emplois, les banques et leurs filiales comptent un quart de million d'employés canadiens, soit 16 p. 100 de plus qu'il y a 10 ans.
De plus, la plupart des Canadiens sont des actionnaires des banques canadiennes, directement ou par l'intermédiaire du Régime de pensions du Canada, d'un autre fonds de retraite ou d'un fonds commun de placement. Si on parle d'impôt, évidemment, les banques ont versé presque 9 milliards de dollars aux gouvernements du Canada l'an dernier.
[Traduction]
Les banques contribuent de façon importante à notre économie, et je suis convaincue que les membres du comité en sont conscients. Ce qu'il faut retenir, c'est que les Canadiens doivent continuer d'avoir confiance en leur secteur bancaire.
Lorsqu'il est question de la crise au sein du système financier mondial, il importe de se rappeler que celle-ci n'a pas pris naissance au Canada. Même si les banques canadiennes ne sont pas à l'abri, elles ont largement évité les difficultés auxquelles d'autres banques du monde font actuellement face, et elles n'ont pas eu besoin de l'intervention directe du gouvernement, comme ailleurs. Pourquoi? La plupart des observateurs font état des quatre raisons suivantes.
Premièrement, nous sommes dotés d'un système national où les banques sont bien diversifiées.
Deuxièmement, les banques canadiennes sont parmi celles qui disposent le plus de capitaux, et elles accroissent même leur capital grâce aux investisseurs. En outre, elles sont prudentes et bien gérées.
Troisièmement, notre système de réglementation est solide, très robuste. Je sais que votre comité a entendu la surintendante des institutions financières, Mme Dickson. Nous sommes également réglementés par l'Agence de la consommation en matière financière du Canada, et Mme Menke est ici aujourd'hui.
Finalement, nos banques sont si solides comparativement à celles d'autres pays en ce moment parce que le marché hypothécaire canadien est très différent de celui des États-Unis. Au Canada, la vaste majorité des prêts hypothécaires sont de qualité. Nous avons donc évité tout ce problème découlant des prêts hypothécaires à risque élevé. Les prêts hypothécaires en souffrance demeurent très peu nombreux au Canada. En fait, ils sont près de leur niveau le plus bas.
Il est clair que chacun de ces attributs du système bancaire canadien nous a bien servis en ces temps difficiles. Je tiens à souligner toutefois, qu'un système bancaire solide et stable est essentiel pour aider le Canada à traverser la difficile période économique à laquelle nous faisons face.
Permettez-moi maintenant d'examiner brièvement la question du crédit, puisqu'on en entend beaucoup parler à discuter avec les députés. Je peux vous assurer que les banques continuent de prêter aux clients solvables. Les faits l'attestent, et je suis convaincue qu'on en reparlera aujourd'hui.
Dans le cas des consommateurs, les données du mois de janvier de la Banque du Canada montrent que le crédit à la consommation continue de croître. Il a connu une augmentation de 14 p. 100 d'une année à l'autre, en date de janvier. En ce qui concerne le crédit aux entreprises, notons que le financement bancaire aux entreprises a augmenté de près de 11 p. 100, ce qui est bien supérieur à la croissance de 4 p. 100 du financement sur le marché.
Il importe de souligner que les banques représentent environ la moitié du marché du crédit aux entreprises, et seulement le quart du marché global du financement. Dans votre trousse, vous trouverez un bref document d'information intitulé « Disponibilité du crédit aux entreprises ». À la deuxième page, un diagramme montre que les banques représentent environ 56 p. 100 du marché du crédit aux entreprises.
On a constaté un ralentissement marqué de l'octroi de crédit aux entreprises d'autres sources, soit de fournisseurs autres que les banques. Il s'agit en partie d'institutions financières non bancaires. Certains sont des organismes prêteurs, et vous en avez un représentant ici aujourd'hui. Certaines banques islandaises, par exemple, comme vous le savez, se sont complètement retirées du marché.
Les banques tentent de combler l'écart laissé par ces autres institutions financières non bancaires, mais ne peuvent le faire complètement. C'est pourquoi nous étions ravis de voir que le gouvernement a pris des mesures à cet égard dans le budget, plus précisément en dégageant des fonds à l'intention de la Banque de développement du Canada et d'Exportation et Développement Canada. Ces organisations fournissent des services complémentaires à ceux des banques, et nous travaillons en étroite collaboration avec elles pour rendre le crédit disponible aux entreprises solvables.
Ensuite, il existe une nouvelle réalité dans le marché du crédit international. Certains types de crédit, comme le papier commercial et le marché de la titrisation, ne fonctionnent plus adéquatement dans le monde, tandis que d'autres sont disponibles à un coût relativement plus élevé que par le passé. Cette situation se répercute sur le coût global d'emprunt des banques et a, par conséquent, des conséquences sur le consommateur.
Le risque est un autre facteur qui influe sur les taux que les banques fixent à l'égard de leurs prêts. Nous sommes malheureusement en période de récession, et sa situation a des effets sur la solvabilité des clients — tant des particuliers que des entreprises. En tant que prêteurs prudents, les banques doivent ajuster leur tarification afin de tenir compte de cette nouvelle réalité en matière de risque. Toutefois, il est important de ne pas oublier que les banques sont ouvertes aux affaires, et que le crédit demeure disponible aux clients solvables.
Pour conclure, monsieur le président, les banques du Canada sont solides. Les Canadiens demeurent confiants envers leur système bancaire. Il s'agit d'un avantage pour le Canada, que d'autres pays n'ont pas. Il sera crucial de conserver cet avantage pour assurer la reprise de l'économie du Canada.
Merci beaucoup. Je répondrai volontiers à vos questions.
:
Bonjour, monsieur le président.
Je vous remercie d'avoir invité l'Agence de la consommation en matière financière du Canada à comparaître devant le Comité des finances aujourd'hui.
Je suis accompagnée de ma collègue Lucie M. Tedesco.
[Traduction]
Bien que le rôle de l'Agence soit limité en ce qui concerne la nature précise de la présente étude, je suis d'avis que notre travail se traduit par des avantages réels et étendus pour les Canadiens et pour le secteur des services financiers du Canada en général.
L'agence remplit deux rôles principaux: premièrement, nous favorisons et assurons la conformité des institutions financières sous réglementation fédérale aux dispositions de leur législation visant les consommateurs.
L'agence joue également un rôle d'éducation des consommateurs. À ce titre, elle fournit des renseignements objectifs et pertinents aux Canadiens pour les aider à comprendre et choisir les produits et les services financiers qui leur conviennent parmi ceux qui sont offerts.
[Français]
Il convient de noter que les rôles de surveillance de la conformité et d'éducation des consommateurs de l'ACFC sont inextricablement liés. En effet, ils se soutiennent et se complètent mutuellement. En fait, les dispositions visant les consommateurs apportent aux consommateurs une information détaillée au sujet des produits ou des services qu'ils souhaitent se procurer. Notre rôle d'éducation vise à faire en sorte qu'ils possèdent les connaissances et la confiance nécessaires pour utiliser cette information en connaissance de cause.
[Traduction]
Néanmoins, nous n'avons aucun rôle à jouer dans l'établissement des taux d'intérêt et des frais de service. Par conséquent, nous essayons d'aider les consommateurs en leur fournissant des renseignements financiers objectifs et en veillant à leur éducation en matière financière. Les produits financiers comme les cartes de crédit et les comptes bancaires sont des outils indispensables de la vie courante.
Les sondages que nous avons menés nous ont révélé que de nombreux Canadiens n'utilisent pas les produits financiers à leur avantage. Prenons l'exemple des cartes de crédit. Nombreux sont les consommateurs qui ne les utilisent pas comme mode de paiement comme elles devraient être utilisées, mais plutôt comme un moyen d'emprunter de l'argent. Et il faut savoir que les cartes de crédit sont un moyen fort coûteux d'emprunter de l'argent. Grâce aux publications que nous préparons à l'intention des consommateurs, nous sensibilisons ces derniers aux avantages et aux inconvénients de divers produits et services financiers, nous leur expliquons les coûts et d'autres caractéristiques, et nous leur offrons des solutions de rechange à envisager.
[Français]
Sur notre site Web, nous leur offrons des outils interactifs qui leur permettent de comparer aisément et rapidement les diverses options qui s'offrent à eux en ce qui touche les cartes de crédit, les forfaits de services bancaires, les comptes d'épargne et les hypothèques. Nous mettons ces outils régulièrement à jour pour nous assurer que les consommateurs aient accès à des renseignements exacts et opportuns. Par exemple, notre outil de sélection de cartes de crédit permet aux utilisateurs de comparer plus de 200 cartes de crédit pour trouver celle qui répond le mieux à leurs besoins.
[Traduction]
En plus de fournir de l'information sur les produits et services financiers, nous favorisons l'éducation financière générale. Nos efforts initiaux ont ciblé les jeunes Canadiens. D'après nous, l'acquisition de connaissances financières à un jeune âge est un atout et ces connaissances leur seront utiles pendant toute leur vie. Nous avons donc décidé de faire équipe avec la Commission des valeurs mobilières de la Colombie-Britannique pour inaugurer à l'automne dernier un nouveau cours intitulé « La zone: une ressource éducative en matière financière », et qui vise les jeunes de 15 à 18 ans. Le programme suscite notre enthousiasme, car il est conçu pour donner à tous les jeunes Canadiens de solides assises en matière de connaissances financières. Il n'existe ni raccourci ni solution magique pour accroître la perspicacité en matière financière. C'est un long chemin à parcourir, mais je crois vraiment que nous pouvons faire des progrès au moyen d'initiatives comme « La zone ».
En travaillant avec le secteur privé et bénévole, tous les intéressés et divers paliers de gouvernements pourront exercer une plus grande influence et amélioreront de façon notable et durable les connaissances financières — et l'avenir financier — d'un plus grand nombre de Canadiens.
[Français]
J'aimerais parler d'une importante initiative en matière de conformité que nous avons récemment amorcée dans l'intérêt des consommateurs. L'an dernier, nous avons mis en marche un processus d'examen et de modernisation de notre cadre de conformité, qui établit les principes directeurs de notre rôle de surveillance. Nous avons l'intention de mettre en oeuvre une approche qui renforce et élargit notre cadre actuel de conformité axé sur les plaintes, qui est en place depuis 2002. Notre cadre actualisé visera à promouvoir activement la conformité au sein du secteur, au moyen d'une approche de surveillance axée sur les risques. Cette approche nous permettra de mieux déceler les éléments du secteur à risque du point de vue de la conformité et d'aborder les éventuelles questions de conformité liées aux pratiques du secteur de façon plus efficace et opportune. Certes, il s'agira d'une approche nouvelle pour l'ACFC, mais des approches similaires ont été adoptées avec efficacité par d'autres organismes de réglementation, au Canada et à l'étranger. Les discussions que nous avons eues avec eux ont fait ressortir les avantages d'une telle approche qui, pensons-nous, aboutira à un cadre plus adapté à la situation, dans l'intérêt de tous les intervenants.
[Traduction]
J'aimerais vous remercier de nous avoir donné la possibilité de nous adresser au comité et je me ferai maintenant un plaisir de répondre à vos questions.
:
Merci, monsieur le président.
À titre de président du conseil d'administration de la SADC, je me réjouis de l'occasion qui m'est donnée de vous rencontrer pour parler du rôle que nous jouons, comme société d'État, pour relancer le crédit et encourager la stabilité du système financier canadien.
Je suis ici avec Michèle Bourque, première vice-présidente, Assurance et évaluation des risques. Malheureusement, Guy Saint-Pierre, notre président-directeur général, est indisposé aujourd'hui mais je peux vous assurer que Michèle, qui le remplace, sera tout à fait à la hauteur de la tâche.
Je sais que vous devez entendre d'autres témoins avec qui vous voudrez discuter. Je serai donc bref.
Comme les membres du comité le savent, le Parlement a, dans l'élaboration du mandat de la SADC, expressément donné pour mission à la SADC d'« encourager la stabilité du système financier au Canada ». J'avancerais en outre que, par le biais d'un des objectifs de notre mandat, qui consiste à « fournir une assurance contre les risques de perte totale ou partielle de dépôts », nous contribuons à ouvrir les vannes du crédit.
Au 30 avril 2008, nous assurions quelque 512 milliards de dollars de dépôts auprès des 80 institutions membres de la SADC. Les Canadiens sont rassurés de savoir que nous leur offrons une protection. L'assurance-dépôts leur donne la confiance dont ils ont besoin pour confier leurs dépôts aux banques, aux sociétés de fiducie et aux autres institutions financières qui sont membres de la SADC. À leur tour, ces institutions prennent les dépôts qui leur sont confiés pour offrir du crédit à ceux qui désirent emprunter.
Si l'on veut que les Canadiens aient confiance dans un régime d'assurance-dépôts efficace, il faut d'abord qu'ils sachent que ce régime existe. C'est pourquoi, pour augmenter la sensibilisation des Canadiens à l'assurance-dépôts, nous menons depuis plusieurs années des campagnes de publicité. Cette année, notre campagne nationale, menée conjointement avec l'AMF, notre partenaire au Québec, s'étire sur six semaines. Elle tire d'ailleurs à sa fin. J'espère que vous aurez eu l'occasion de voir nos publicités télévisées et imprimées.
Au cours des dernières années, notre campagne avait aussi lieu pendant la saison des REER, période à laquelle on porte plus attention à de telles questions. Toutefois, cette année, nous reprendrons la campagne à l'automne.
À la lumière du nombre d'appels et de courriels reçus par notre centre d'information et par l'intermédiaire de notre site Web, nous savons que les Canadiens cherchent à se renseigner sur ce qui est protégé par l'assurance-dépôts et sur les modalités du régime. Bien qu'aucune institution membre de la SADC n'ait fait faillite en plus de 13 ans, les Canadiens entendent parler dans les médias des faillites qui se produisent dans des pays où le régime d'assurance-dépôts n'inspire pas la confiance que, selon nous, le régime canadien apporte. Une part importante de notre mandat consiste à dissiper l'anxiété croissante et les inquiétudes que nourrissent nos compatriotes, même si elles ne sont pas fondées.
Une autre façon d'encourager la stabilité du système financier au Canada consiste à être prêt à intervenir au besoin. Depuis sa création en 1967, la SADC a réglé la faillite de 43 institutions membres. Ce faisant, nous avons protégé les quelque 26 milliards de dollars que détenaient plus de deux millions de déposants canadiens, et personne n'a perdu un sou de ces dépôts assurés.
Il est important pour nous d'être prêts à intervenir. En collaboration avec nos partenaires fédéraux — le Bureau du surintendant des institutions financières, la Banque du Canada, le ministère des Finances et l'Agence de consommation en matière financière du Canada —, nous suivons de près la santé financière de nos institutions membres pour nous assurer d'être prêts, le cas échéant. Je peux vous affirmer que le travail de coordination et de partage d'information qui se déroule entre ces entités fait l'envie de bien des organismes ailleurs dans le monde.
Pour être prête à intervenir, la SADC doit également s'assurer de disposer d'outils qui nous permettent d'agir avec efficacité et efficience lorsque la situation l'exige. À cet égard, le projet de loi C-10 maintenant au Sénat compte plusieurs mesures importantes concernant les pouvoirs dont disposerait la SADC pour intervenir auprès d'une institution membre en difficulté. Compte tenu de l'engagement du Canada à exécuter le plan d'action du G7 visant à stabiliser les marchés financiers et à restaurer le flux du crédit, ces mesures donnent à la SADC une plus grande marge de manoeuvre et reflètent les meilleures pratiques de la scène internationale.
Monsieur le président, messieurs les membres du comité, Michèle et moi serons heureux de répondre à vos questions.
Merci.
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Bonjour, mesdames et messieurs.
L'ACCV est ravie de venir discuter avec vous de l'état actuel du secteur de l'automobile au Canada et de l'importance du crédit pour la bonne marche de nos opérations. Aujourd'hui, Peter Andrew, qui est le directeur régional des prêts à la consommation à la Société General Motors Acceptance, m'accompagne.
L'ACCV représente depuis plus de 80 ans les principaux constructeurs et concessionnaires de véhicules légers et lourds, à savoir Chrysler, Ford, General Motors et Navistar. Il faut savoir que dans chaque province, chaque territoire et chaque collectivité importante du pays, on peut trouver des compagnies membres de notre association. Il y a donc 45 points géographiques où nos membres emploient directement 35 000 Canadiens et versent des prestations de retraite à environ 50 000 Canadiens.
Dans leur réseau, on compte plus de 1 750 concessionnaires et des milliers de fournisseurs et de partenaires commerciaux d'un bout à l'autre du pays représentant toute une gamme d'industries, depuis le caoutchouc fabriqué en Nouvelle-Écosse jusqu'aux produits pétrochimiques provenant de l'Alberta en passant par l'aluminium fabriqué au Québec et en Colombie-Britannique.
Le montage de véhicules et la fabrication de pièces constituent l'ossature de leurs opérations au Canada et la cheville ouvrière d'un vaste réseau de fournisseurs directs et indirects à l'échelle du pays. Les sociétés Chrysler, Ford et General Motors continuent de produire 70 p. 100 de toutes les voitures et camions qui roulent dans ce pays et elles achètent plus de 80 p. 100 de toutes les composantes et pièces produites au Canada.
Récemment, le débat médiatique, public et politique a porté sur la meilleure orientation à donner à une politique publique d'appui à l'industrie de l'automobile au Canada. Il n'y a pas de réponse dualiste à cet enjeu. Il faut être très clair. Il nous faut un train de mesures d'appui exhaustif, qui doit être mis en oeuvre immédiatement, pour stabiliser la base manufacturière du secteur automobile et le réseau de détail au Canada. Tout d'abord, il faut accorder aux constructeurs qui en ont besoin des prêts relais remboursables. Ensuite, il faut que les compagnies de financement et les fournisseurs bénéficient du crédit qui s'impose: nous devons ouvrir les vannes du crédit selon des modalités abordables pour ceux qui en ont besoin dans notre secteur et, le cas échéant, pour les consommateurs. Troisièmement, une mesure de stimulation de la consommation directe mais très simple pourrait prendre la forme d'un programme de mise à la casse de véhicules afin de relancer la vente de nouveaux véhicules et d'aider à susciter la confiance des consommateurs dans le marché.
Si nous négligeons en particulier les deux premiers éléments de cette proposition, le Canada risque de perdre des éléments critiques de l'implantation manufacturière du secteur de l'automobile qui englobe la chaîne de fournisseurs très interreliés sur laquelle les sociétés Chrysler, Ford et General Motors, ainsi que Toyota et Honda comptent. L'économie canadienne est tributaire des exportations et le Canada ne peut pas se permettre de courir le risque de perdre un secteur qui exporte 85 p. 100 de sa production vers les États-Unis.
Toutefois, stimuler la consommation au Canada ne suffira pas en soi à venir en aide à cette industrie. La priorité des priorités pour le gouvernement doit être de continuer d'offrir un financement relais à court terme comparable à ce que les États-Unis offrent à leurs constructeurs. Ce financement est essentiel pour stabiliser la base manufacturière canadienne de l'automobile. Sans cet appui, les activités de fabrication, y compris la chaîne des fournisseurs, vont indéniablement être transférées à brève échéance dans des pays où les constructeurs sont fermement soutenus. Cela entraînerait des répercussions économiques négatives considérables dans l'ensemble de nos activités économiques, qui, selon certaines études, se traduiraient par la perte de centaines de milliers d'emplois et un manque à gagner de dizaines de milliards de dollars en recettes à tous les paliers de gouvernement — sans compter le fardeau supplémentaire énorme occasionné par la demande en aide sociale auprès des gouvernements fédéral et provinciaux et des administrations municipales. C'est une réalité qui doit préoccuper tous les contribuables.
La deuxième priorité est d'appuyer les compagnies qui financent l'achat de véhicules grâce à la création et à la mise en oeuvre de la facilité canadienne de crédit garanti, initiative louable, annoncée dans le budget et grâce à une rallonge de crédit aux fournisseurs des pièces automobiles par l'intermédiaire de la BDC et d'Exportation et développement Canada.
Les compagnies de financement de véhicules automobiles sont une composante cruciale dans la chaîne car elles fournissent des prêts et du crédit-bail aux consommateurs pour l'achat de véhicules et elles prêtent également à la majorité des concessionnaires pour qu'ils puissent maintenir leurs stocks de véhicules de montre. Essentiellement, elles facilitent l'acheminent des véhicules du constructeur aux consommateurs.
D'habitude, les compagnies de financement de véhicules automobiles obtiennent le capital nécessaire auprès des marchés usuels. Malheureusement, malgré des antécédents solides de longue date, les marchés pour les titres adossés à des actifs, y compris les véhicules automobiles, se sont taris au milieu de 2007. Ce phénomène éprouvé par les marchés financiers a entraîné automatiquement une baisse des ventes, une baisse des achats par les concessionnaires, et une chute abrupte des véhicules achetés grâce au crédit-bail qui constitue un choix moins coûteux pour les consommateurs. En bout de ligne, le secteur de la fabrication de véhicules automobiles s'est rétréci considérablement.
Étant donné leurs antécédents solides, les titres adossés à des actifs bien cotés offrent aux contribuables un investissement de haute qualité et à peu de risque avec rendement à la clé et du fait même, ils sont un excellent investissement pour le gouvernement.
Toutefois, pour être efficace au maximum, cette facilité doit prévoir une somme supérieure au montant d'origine, étant donné que le financement des véhicules automobiles et le crédit-bail accordés pour ces derniers représentent quelque 55 milliards de dollars, c'est-à-dire pratiquement la moitié du financement adossé à des actifs dans le secteur.
La somme de 12 milliards de dollars annoncée est un excellent point de départ mais il faudra qu'elle soit bonifiée pour atteindre les objectifs établis par le gouvernement et ouvrir les vannes du crédit de façon générale, étant donné la taille du financement des véhicules automobiles au Canada. Cette facilité doit être assortie de modalités assez souples pour réunir les fonds nécessaires étant donné la versatilité constante des marchés de crédit. Cette facilité doit ouvrir la porte au financement des stocks des concessionnaires. Ainsi, ces derniers pourront remplir leurs carnets de commandes auprès des constructeurs et offrir aux consommateurs un meilleur choix de véhicules. En terminant, cette facilité doit être mise sur pied le plus rapidement possible pour servir de mesure stimulante à l'économie, ainsi que pour aider la relance du marché des ventes canadiennes grâce à plus de crédit à la consommation pour l'achat de véhicules et ainsi on pourra compter sur les capitaux nécessaires pour appuyer les petites et moyennes entreprises que représente le réseau des concessionnaires.
Cela étant, l'objectif du gouvernement de relancer l'économie a de meilleures chances d'être atteint rapidement en donnant à ces compagnies, lesquelles sont chevronnées en FAA dans le secteur des prêts et du crédit-bail automobile, accès à suffisamment de fonds de la FCCG pour relancer la vente de véhicules ou le crédit-bail. Ces compagnies peuvent engendrer rapidement le chiffre d'affaires nécessaire pour restaurer le flux du crédit de façon générale au Canada. Les institutions réglementées par le gouvernement fédéral doivent être prêtes à appuyer et à promouvoir le FAA à terme, qui représente de leur point de vue des éléments solides présentant peu de risque par le biais de la FCCG.
La mise en oeuvre immédiate de cette facilité est impérative mais on a également suggéré dans le secteur que le gouvernement instaure des mesures directes de stimulation de la consommation de véhicules automobiles pour consolider le marché automobile canadien, et on a évoqué notamment des exonérations fiscales temporaires, le renouvellement des parcs de voitures ou des programmes de mise à la casse. En Allemagne, par exemple, un tel programme a le mérite d'avoir fait grimper les ventes de 21 p. 100 en février comparativement à ce qu'elles étaient l'année dernière. En regard de cela, on peut songer à la baisse des ventes de 27 p. 100 accusée en février au Canada.
Monsieur le président, je vais m'arrêter ici. Je serais ravi de répondre à vos éventuelles questions.
:
Merci, monsieur le président.
Je m'adresse d'abord à Mme Nancy Hugues Anthony.
Il y a quelque chose de tout à fait ironique ici. Tous les députés réunis autour de cette table sont convaincus que le crédit est plus difficile d'accès et pourtant, les statistiques que vous fournissez affichent une hausse dans toutes les catégories. Je pense que cela s'explique en partie du fait que beaucoup d'entités non bancaires ont quitté la partie. Cela étant, le gouvernement a ressenti le besoin de faire assumer les risques par la BDC, EDC et d'autres entités de la sorte.
En réalité, il se trouve que les banques ont maintenant une plus grosse part de l'ensemble et les chiffres en témoignent mais cela ne signifie pas que dans le système, il y ait effectivement plus de crédit. En fait, les consommateurs et les entrepreneurs, certainement ceux qui sont considérés moins solvables, ont plus de mal à obtenir du crédit et il faut bien reconnaître que cela ne stimule en rien l'économie.
Cet état de fait une fois analysé expliquerait-il la contradiction entre ce que l'on nous rapporte, à nous les députés, et ce que vous, les représentants du secteur bancaire, affirmez?
:
Comme mon temps est compté, je vais poser d'autres questions. Je vous remercie beaucoup.
Même avec l'ajout qu'on a eu, le cadeau, on n'en a pas beaucoup.
Ma question est autant à l'intention de M. Davies que Mme Hughes Anthony. La semaine dernière, on a reçu le directeur adjoint de la Banque du Canada, qui nous a dit que cette dernière, toujours en ce qui concerne les papiers commerciaux, avait lancé des avertissements dans une revue financière.
Peut-être qu'effectivement, autant en ce qui vous concerne, monsieur Davies, que vous, madame Hughes Anthony, ce n'est pas votre rôle, mais est-ce que vos organismes ont évalué les risques liés à l'achat de papiers commerciaux? En avez-vous parlé? Avez-vous écrit quoi que ce soit à ce sujet?
Madame Hughes Anthony.
:
Merci, monsieur le président.
Nos témoins forment un groupe fort intéressant et je n'ai que sept minutes si bien que je vais poser mes questions rapidement.
Nous faisons face à un dilemme, comme l'ont signalé mes collègues d'en face. Un rapport du Fonds monétaire international, cette semaine, met en lumière les bons éléments du système bancaire canadien. Nombre de rapports ont souligné la solidité des banques canadiennes et voilà pourquoi nous sommes en meilleure posture que bien d'autres pays. Les bénéfices trimestriels annoncés par l'organisation que vous représentez témoignent de la rentabilité du secteur bancaire. Bien des régimes de pension, y compris, si je ne m'abuse, le RPC, ont une grande quantité d'investissements dans les banques. Ainsi, vous êtes rentables. À mon avis, les entreprises qui sont rentables dans cette conjoncture-ci n'ont pas à se plaindre.
Par ailleurs, nous avons également abaissé le taux d'escompte à près de zéro. La même semaine, j'entends dire... et cela m'est arrivé à moi. Ma banque a rehaussé le taux d'intérêt de ma ligne de crédit personnelle de 2 p. 100. Il faut qu'on m'explique pour que je puisse l'expliquer à mon tour. Comment le taux d'escompte peut-il chuter, ce qui est avantageux pour les banques, et en même temps comment le taux d'intérêt sur ma ligne de crédit peut-il augmenter?
:
Monsieur le président, je vais faire de mon mieux pour répondre à cette question.
Il y a un malentendu très courant en ce qui concerne le taux de la Banque du Canada. Le taux de la Banque du Canada est à vrai dire un taux à un jour qui influe uniquement sur environ 1 p. 100 des emprunts des banques canadiennes. Pour le reste des fonds dont elles ont besoin, comme on l'a dit tout à l'heure, elles doivent s'adresser à d'autres marchés et s'assurer que leurs fonds sont appariés. Les fonds ainsi obtenus, comprenons-le, coûtent fort cher. Il y a donc deux facteurs qui interviennent actuellement dans le cas des banques canadiennes. D'une part, il y a le loyer élevé des fonds obtenus ailleurs qu'à la Banque du Canada et, d'autre part, il y a le risque.
Ma tâche est de veiller à ce que tout le monde ait une extrême confiance dans les banques canadiennes et elles sont assurément solides. Vous avez sans doute constaté que les premiers résultats du dernier trimestre fournis par les grandes banques affichaient une augmentation des radiations et des pertes et que les banques accumulaient plus de réserves — dans ce climat récessionniste — pour parer aux pertes. Je soupçonne que cette tendance va se poursuivre.
Pour ce qui est du genre de produit... Monsieur Wallace, vous seriez sans doute fort heureux d'avoir un emprunt hypothécaire à taux variable car on vous aviserait par lettre de la diminution du taux d'intérêt. Comme vous le savez, les taux pour les emprunts hypothécaires sont à la baisse...
:
Merci, monsieur Maloway.
Votre proportion est à peu près juste, bien que les chiffres ne soient pas tout à fait exacts. Les 6 milliards de dollars en question représentent ce qu'on peut emprunter sur notre marge de crédit. Nous disposons également d'une réserve d'environ 1,6 milliard de dollars dans nos comptes. Le total demeure relativement peu élevé comparativement aux 512 milliards de dollars en dépôts couverts.
Pour déterminer si cela suffit, il faut voir dans quelle mesure on a eu recours à notre organisation. Nous considérons qu'il faut évaluer la situation sur une base régulière, et nous examinons nos niveaux de prime chaque année pour déterminer s'ils sont suffisants pour nous aider à bonifier les 1,6 milliard de dollars dont nous disposons déjà. Nous sommes d'ailleurs en train de le faire pour l'année à venir.
Les pertes que nous subirions dépendraient de la gestion de la transaction dans le cas de la défaillance d'une organisation. On pense en général à un dédommagement direct, où il suffit de rembourser les gens. Il y a toutefois d'autres façons de régler le problème. Il existe en effet d'autres mécanismes de résolution qui permettent le rachat d'une organisation par une autre institution de dépôt et la responsabilité partagée des pertes futures — c'est un exemple. Le régime d'assurance ne peut pas espérer avoir tout l'argent nécessaire pour rembourser chacun des dépôts s'il venait à s'effondrer.
En terminant, nous revoyons le montant de nos réserves et de nos marges de crédit régulièrement, et c'est l'une des raisons pour lesquelles, dans le projet de loi C-10, le gouvernement a proposé d'accroître ce montant à 15 milliards de dollars.
:
Oui. Vous le savez sans doute, je récuse le mot « excessif » que vous avez utilisé, car je pense qu'il est important de préserver la force des banques.
Dans le monde entier, et en particulier aux États-Unis, les médias ont beaucoup parlé de cette question de la rémunération des cadres. Je pense que certains confondent la situation aux États-Unis et la situation au Canada. Chez nous, les conseils d'administration des banques ont été saisis de cette question il y a quelques années, ainsi que tout récemment. Toutes les banques ont un conseil d'administration et généralement, elles ont aussi un comité de rémunération, qui observe les valeurs de rémunération chez les concurrents et qui fait des recommandations.
Récemment, nous avons constaté une certaine activité volontaire de la part de nos PDG, qui ont reconnu les difficultés auxquelles les Canadiens font face et qui ont d'eux-mêmes fait don de leurs rémunérations à des organismes de bienfaisance. C'est qu'ils ont fait choisi de faire.
En outre, nous constatons également une tendance importante à l'échelle mondiale. Je ne sais pas si Mme Dickson en a parlé, mais les organismes de surveillance et de réglementation, qui ne veulent pas réglementer le niveau de rémunération, déclarent néanmoins qu'ils vont veiller à ce que des facteurs de risque indus ne soient pas pris en compte dans le calcul de la rémunération.
:
Il me fait plaisir de répondre.
À propos de la taille ou de l'impact du plan de relance, monsieur Dechert, je ne pense pas pouvoir m'exprimer à ce sujet.
Pour ce qui est du secteur financier, je suis convaincue qu'un certain nombre d'éléments ont été mis en place par le gouvernement au cours de cette difficile année que nous venons de terminer. En outre, le budget comprend de nouvelles mesures qui me semblent très positives.
Il a été question aujourd'hui d'accroître la coopération entre les sociétés d'État et d'élargir leur mandat, particulièrement en ce qui concerne EDC et la BDC. De toute évidence, tout cela est très positif.
Un programme gouvernemental d'achat des prêts hypothécaires assurés est en place depuis un certain temps maintenant. Il permet aux institutions financières, aux banques et aux autres organisations d'offrir des prêts hypothécaires titrisés à la SCHL, qui sont en fait des prêts hypothécaires garantis par celle-ci. De son côté, le gouvernement fournit des liquidités moyennant des frais commerciaux. Ce programme a contribué à fournir des liquidités aux banques afin qu'elles puissent se remettre sur pied et accorder des prêts hypothécaires. Je pense qu'en examinant les taux hypothécaires, on peut juger de la qualité du programme. L'offre de prêts s'est avérée robuste et élevée. Tous ces éléments sont positifs.
Je crois qu'il existe aussi d'autres programmes, dont M. Nantais a fait mention, notamment le programme de prêts qui se chiffre à 12 milliards de dollars. On attend toujours ce programme; des travaux sont en cours à cet égard. Encore une fois, l'accent mis sur la stimulation de certains marchés m'apparaît comme une chose très positive.
De plus, renforcer le programme de prêts aux petites entreprises du ministère de l'Industrie et réduire la paperasserie, c'est le genre de choses qu'il faut mettre en place. Ces initiatives auront des résultats positifs.
Vous avez fait allusion à une commission commune des valeurs mobilières, à propos de laquelle j'ai déjà formulé des observations. Notre structure réglementaire fait l'objet de louanges à l'échelle internationale. Toutefois, une chose manque: une réglementation plus ciblée en matière de valeurs mobilières.
:
C'est vraiment une question clé et je vous en remercie beaucoup.
Je pense que le système de réglementation canadien est certainement un avantage que vous avons par rapport aux États-unis. À cet effet, je pense que vous avez reçu Mme Dickson. Cependant, comme je le dis très souvent, notre système bancaire, structurellement, est très différent de celui des États-unis. Nous avons cinq, six grandes institutions à l'échelle nationale qui ont, dans leurs plans d'affaires, des activités diversifiées. Cela peut donc équilibrer un peu ce qui se passe dans leurs marchés.
Vous avez vu, aux États-unis, des institutions axées seulement sur l'investissement. Cela a eu, évidemment, des retombées très malheureuses.
Nous avons un système structurellement avantageux et un régime de réglementation clair et compact. Les joueurs se connaissent très bien, connaissent très bien les règles du jeu. J'étais à Washington, il y a à peu près une semaine, et je dois dire que leur situation, du point de vue règlementaire, est tellement mêlante que c'est même très difficile de savoir qui fait quoi, tandis que chez nous, c'est très clair.
De plus, le marché hypothécaire, comme vous l'avez dit, est un avantage pour nous.
Je vois que M. le président veut me couper la parole parce que je peux parler longtemps de la bonne gestion des banques. Alors, je m'arrête ici.
:
Ma parole, je ne veux pas me joindre à la chorale des louanges. Nous parlons des banques et nous sommes des Canadiens.
Je ne sais pas s'il s'agissait de chance, de bonne gestion ou d'intelligence, mais, selon moi, Ed Clark a formulé l'un des commentaires les plus intelligents au sujet de la crise des PCAA. Il a dit que quelqu'un avait tenté de lui expliquer ce produit et qu'il n'avait pas compris, et que s'il ne comprenait pas il ne voulait pas y investir. J'aurais aimé que d'autres banquiers suivent ce conseil.
Ma question s'adresse à M. Nantais. J'éprouve une grande sympathie à l'égard de votre situation, monsieur Nantais, et, par conséquent, envers notre propre situation. La croissance dans votre marché se fait ailleurs. Pas en Amérique du Nord. Vos coûts viennent d'ici. Vos coûts ne sont pas terriblement concurrentiels. Vous avez une capacité immense. Vous devez tirer profit de cette capacité. Vous disposez d'un stock important qui ne bouge pas, en dépit de tous vos incitatifs.
Selon moi, vous avez raison de vous adresser à nous pour demander environ 4 milliards de dollars, 8 milliards de dollars ou 10 milliards de dollars d'aide financière, ce qui couvrira à peine votre temps d'absorption au cours des prochains mois. Vous demandez des allégements des pensions de la part des contribuables, dont 70 p. 100 n'ont pas de pension eux-mêmes. Vous dites que les 12 milliards de dollars proposés par le gouvernement ne sont probablement pas suffisants et que le montant devrait atteindre 40 milliards de dollars parce que le marché s'est asséché. Je vous pose la question. Le marché s'est asséché parce que le marché du crédit non bancaire s'est en fait dit: « On se casse. Il y a trop de risques et nous ne voulons plus en faire partie ».
Je suis conscient que mon résumé de la situation est quelque peu sévère. Néanmoins, mon évaluation se rapproche-t-elle de la vérité?
:
J'essaierai d'être bref, et je demanderais à mon collègue, Peter Andrews, de parler de l'aspect bancaire.
Je ne m'attarderai pas aux plans liés au passif en tant que tels; il est toutefois important que les gens comprennent que, tout comme dans le cas des banques, la crise financière à laquelle nous faisons tous face n'a pas commencé ici et que l'industrie de l'automobile, comme les autres secteurs, en est une victime à bien des égards. Cela va bien au-delà des trois grands constructeurs d'automobiles. Nous ne sommes pas les seuls à demander une facilité de crédit garanti plus grande. Les Toyota et les Honda de ce monde le font également. Les concessionnaires le font également. Les fournisseurs le font également. Nous ne sommes pas les seuls. C'est quelque chose qui est dans le meilleur intérêt de l'économie en général. Lorsqu'on y pense, on constate que notre demande n'est pas purement égoïste. Dans notre secteur en particulier, le multiplicateur d'emploi est de 7:1. Nous avons environ 3 500 concessionnaires partout au pays, dans pratiquement toutes les collectivités importantes. Il s'agit de quelque chose qui aura des effets considérables dans toute l'économie canadienne.
Il est vrai que certaines entreprises ont procédé à des restructurations en profondeur bien avant la crise financière. Ces entreprises ont maintenant pris des mesures importantes de restructuration, que l'on retrouve dans nos plans de viabilité. Ces mesures comprennent des réductions salariales. Elles demandent des concessions de la part de la main-d'oeuvre, de la part de tous les intervenants. Le gouvernement a demandé d'être consulté et de faire partie du plan de viabilité et de la restructuration. Étant donné que notre industrie produit 12 p. 100 du PIB de fabrication au Canada, je pense que c'est essentiel. Si on ne fait rien, comme je l'ai dit dans mes remarques plus tôt, les gouvernements de tous les niveaux perdront des milliards de dollars en recettes fiscales et les programmes d'aide sociale subiraient d'importantes pressions, puisqu'ils devraient absorber une grande partie des indemnités versées à des centaines de milliers de travailleurs. Cette évaluation provient d'études réalisées par des tierces parties.
Je comprends pourquoi vous expliquez la situation ainsi, mais lorsque l'on tient compte de l'importance de notre industrie et des interdépendances dans nos chaînes d'approvisionnement, et lorsque l'on envisage ses effets sur les économies locales partout au pays, nous croyons que le gouvernement doit accorder son attention à cette question pour veiller à ce que nous puissions nous sortir de cette importante récession le plus rapidement possible.
Peter, voulez-vous parler de l'aspect bancaire?
Je vais utiliser la prochaine période réservée aux conservateurs. J'aimerais poursuivre sur ce que M. McKay et M. Wallace ont dit à propos du crédit.
Quand les représentants de la Banque du Canada ont témoigné ici même, nous leur avons posé la question classique qu'on pose dans nos circonscriptions sur le taux du financement à un jour qui est passé de 4,5 p. 100 en 2007 à 0,5 p. 100 en mars 2009, et du taux préférentiel et du taux hypothécaire variables qui baissent — je pense que tous les Canadiens le constatent. Mais dans le cas du Canadien moyen comme M. Wallace, avec sa ligne de crédit, plus particulièrement dans ma région, dans le cas des petites et moyennes entreprises... Dans ma circonscription, à Nisku, les gens qui travaillent dans le parc industriel viennent me voir et me disent qu'ils ont eu une excellente cote de crédit pendant des années. Ils comprennent que le coût du crédit augmente, compte tenu de ce qui se passe sur les marchés financiers du monde entier, mais ils ont un certain nombre de biens d'actif, ils n'ont jamais eu de retard dans leurs remboursements en 10 ans et pourtant, le crédit leur coûte plus cher.
Nous avons entendu d'autres témoins qui nous disent que le crédit est disponible, du moins dans leurs banques, mais que son coût a augmenté. Leurs banques leur disent qu'à cause du secteur, du marché ou de la région où ils se trouvent, le coût de leur crédit doit augmenter de deux points. Voilà la réalité.
Les banques nous ont répondu en évoquant plusieurs facteurs. Évidemment, le coût du crédit a augmenté, mais les banques sont censées évaluer chaque dossier et chaque consommateur au cas par cas et pour nous, c'est un véritable défi.
J'aimerais poser la question à l'Association des banquiers canadiens. N'y aurait-il pas une meilleure façon de traiter les propriétaires de petites et moyennes entreprises?
:
Nous avons parlé à plusieurs des députés ici présents et ces questions sont aussi posées publiquement. Certains secteurs traversent une période très difficile. C'est tout particulièrement le cas du secteur de l'automobile.
Les banques analysent individuellement le dossier de chaque client et, comme nous l'avons mentionné, elles tiennent évidemment compte du loyer de l'argent. Elles prennent aussi en considération le profil de risque du client.
Je me suis réjoui d'entendre les propos que la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante a tenus hier devant le Comité sénatorial des banques; pour résumer, le représentant de la fédération a expliqué que leurs clients existants n'avaient pas de mal à obtenir des fonds. C'était les nouvelles entreprises qui éprouvaient des difficultés lorsqu'elles demandaient un prêt supplémentaire ou d'autres genres de prêts, car on leur demande désormais de donner des biens supplémentaires en garantie, et ainsi de suite.
J'estime que les banques devraient être en mesure d'expliquer ces changements à leurs clients. Le client peut souvent penser que son dossier de crédit s'est détérioré, alors que ce sont les conditions générales d'accès au crédit qui se sont détériorées.
Terry, voulez-vous ajouter quelque chose?
:
J'ai quelques observations, monsieur Maloway.
D'abord, encore une fois, il faut faire très, mais très attention de ne pas confondre ce qui se passe au sud de la frontière et ce qui se passe au Canada. Je crois qu'au sud de la frontière, il y a eu beaucoup de problèmes de garanties et de pratiques douteuses, lesquelles sont revenues nous hanter.
Au Canada, contrairement aux États-Unis, nous nous sommes toujours targués — et c'est un fait — d'être des prêteurs prudents, et soucieux. Et, très honnêtement, les Canadiens sont des emprunteurs très, mais très soucieux; ils remboursent leurs prêts. Nos normes de prêt, nos décisions en matière de crédit, n'ont pas changé. Par conséquent, nous voyons que le marché canadien est très solide, et les conditions d'hypothèques sont très rigoureuses. Nous n'avons pas eu les problèmes qu'ont connus les États-Unis — loin de là. Alors lorsque le cycle change — et évidemment qu'il y a un cycle, comme vous le savez, la force de notre système est que nous sommes toujours des prêteurs prudents. Nous ne changeons pas nos normes de crédit.
Nous devons cependant tenir compte des risques accrus, et nous devons vraiment faire attention. Mais on ne peut pas dire qu'il y a un relâchement auparavant et un resserrement aujourd'hui. Je crois que la force du système canadien en moment de crise le démontre bien.
:
Oh, j'ai beaucoup d'idées.
Des voix: Oh, oh!
Mme Ursula Menke: Comme je l'ai dit, nous offrons présentement un cours aux jeunes de 15 à 18 ans. Le cours cible vraiment ce groupe d'âge. Il dure environ 18 heures. Il traite des questions financières de base. Il couvre entre autres des concepts fondamentaux comme les besoins et les désirs, et la tenue d'un budget, d'une façon qui est adaptée à ce groupe d'âge.
Nous élaborons présentement un deuxième cours, que l'on pense appeler « questions financières de base ». Il visera des gens un peu plus vieux — ceux de plus de 18 ans, donc des adultes — et il sera plus ciblé, plus détaillé, mais ce sera toujours un cours sur les questions financières de base. Il y a beaucoup de gens qui sont ignorants de ces choses. Dans un monde idéal, ces cours seraient donnés à l'école. Je crois réellement que les connaissances financières de base sont des connaissances élémentaires que tous les enfants devraient apprendre dès un très jeune âge.
La prochaine étape sera d'essayer d'élaborer un cours pour les enfants plus jeunes. J'aimerais préparer un programme qui les suivra tout au long du système scolaire — pas nécessairement à partir de la maternelle, je ne suis pas encore rendu là — et qui pourra être offert à différents groupes ou par des programmes ciblant différents âges, afin que les étudiants aient de meilleures connaissances financières à leur sortie du système scolaire.
:
Merci, monsieur le président.
Madame Nancy Hughes Anthony, je veux revenir au sujet dont parlait M. Rajotte, c'est-à-dire le programme de crédit aux entreprises, par lequel le gouvernement injectera de 4 à 5 milliards de dollars dans le marché.
Je crois que normalement les banques évaluent la solvabilité d'un client, ou d'un client potentiel, et décident ensuite s'il représente trop de risque pour elles. Et par le passé les banques ont dit, eh bien, peut-être devriez-vous aller voir la BDC. J'ai l'impression que c'est ce qui se passera ici, vous allez envoyer les clients à la BDC et à EDC, qui devront assumer plus de risques. Il y a des coûts supplémentaires associés à ce risque. Et la BDC les assumera. Puis, tout d'un coup, si ces entreprises survivent, elle viendront vous voir à un coût moindre, parce que cela coûte plus cher de traiter avec la BDC. Ensuite la BDC offrira du crédit à une autre entreprise, qui représente plus de risque. Un jour, certains de ces clients ou ces entreprises feront faillite, ou ne pourront plus rembourser leurs prêts, et au bout du compte, c'est la BDC et EDC qui seront pris avec les mauvais payeurs, que ce soit pendant une période prospère ou difficile.
Alors, pendant les périodes difficiles, vous allez envoyer les mauvais clients, ou les clients que vous ne croyez pas pouvoir aider, et ces clients iront voir la BDC et EDC. Et même pendant une période prospère, vous pouvez toujours leur envoyer les clients qui représentent trop de risque.
Alors je veux simplement comprendre comment tout cela fonctionnera pour les banques. Est-ce que vous allez assumer une partie du risque, ou est-ce que cet argent ne pourra jamais être récupéré par le gouvernement?
:
D'après mes conversations avec les représentants de la BDC et d'EDC, je crois fermement que leurs actionnaires se préoccupent autant du bilan de ces institutions.
Il y a un autre élément qui peut aider à comprendre, celui de la capacité. À une époque comme celle-ci, tout le monde doit être incité à optimiser sa capacité respective. La BDC, en particulier, a reçu une capacité supplémentaire. Pour ce qui est d'EDC, l'élément supplémentaire le plus utile est sa nouvelle capacité de consentir des prêts au pays. Cette capacité fait partie du projet de loi sur le budget. EDC peut maintenant offrir toute une gamme de certains produits, d'aide, et d'assurance. C'est exclusif à EDC.
Cette variété de produits va certainement améliorer le marché, je crois. Cependant, je pense que personne ne croit que, comme l'a dit mon collègue, l'objectif de ce programme est d'assouplir les normes de crédit et de consentir des prêts aux gens qui n'ont pas une bonne cote. L'objectif de ce programme est de mettre à contribution toutes les ressources, effectuer des prêts pari passu, prêt par consortium, entre autres, sont des actions que nous pouvons prendre pour atténuer et partager le risque entre toutes les institutions en question. Je pense que c'est ce qui va se produire.
:
Merci, monsieur le président.
Madame Hugues Anthony, vous avez dit tout à l'heure qu'une des raisons pour lesquelles le système bancaire s'est mieux comporté au Canada, comparativement aux États-Unis, en période de récession, était que nous avions un système de réglementation très clair et très compact, si on le compare aux règles assez confuses des États-Unis. Je reprends les mots que vous avez dits, soit qu'elles étaient très difficile à comprendre et qu'il y avait beaucoup de confusion.
Vous avez dit aussi que vous étiez en faveur de la proposition du gouvernement de créer une seule agence des valeurs mobilières. Je ne comprends pas, dans le fond, pourquoi vous appuyez un projet qui vise à changer une situation qui nous a protégés, d'une certaine façon, des effets de la crise, qui a fait en sorte que le Canada s'en est très bien tiré. Ce projet va venir créer de l'instabilité sur le plan de la réglementation, parce que, selon le projet, il y aura une période de flottement durant laquelle les provinces pourront y adhérer ou non. Il me semble que vous appuyez un projet qui va venir tuer quelque chose qui nous a protégés. Alors je ne comprends pas.
J'aimerais que vous m'expliquiez cette contradiction que je vois.