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Merci, monsieur le président, de nous donner la possibilité de prendre la parole devant votre comité concernant le projet de loi C-14.
Vous devriez avoir en main notre document de présentation. Je vous invite à le parcourir en ma compagnie.
Statistique Canada ne prend pas position au sujet des modifications proposées. Je vais vous présenter aujourd'hui des données qui pourront alimenter vos discussions concernant le projet de loi. Vous remarquerez que les sources des données sont clairement indiquées sur chaque diapositive et que nous avons également joint toutes les notes pertinentes relativement aux données fournies.
À la fin du document, vous trouverez certains renseignements supplémentaires au sujet des infractions liées au trafic et à la production de drogues et aux affaires mettant en cause le crime organisé. Compte tenu du peu de temps à ma disposition, je ne traiterai pas de ces aspects.
Je vous signale que nous n'avons aucune donnée concernant la prolongation de la période d'engagement. De plus, nous n'avons pas inclus de données sur les infractions impliquant des armes à feu parce qu'il est difficile de savoir quelles infractions du Code criminel sont actuellement invoquées par la police dans les cas d'utilisation dangereuse d'une arme à feu.
Mon collègue, M. Craig Grimes, m'aidera à répondre à vos questions.
Les premières diapositives fournissent de l'information concernant les homicides attribuables à une organisation criminelle. Les graphiques illustrent le nombre d'homicides attribuables à des gangs et le nombre de ceux qui n'étaient pas liés aux activités des gangs au cours de la dernière décennie. Les homicides attribuables à des gangs comprennent ceux commis par des membres du crime organisé ou de gangs de rue.
En 2007, les forces policières ont signalé un total de 594 homicides au Canada. Selon la police,117 de ces homicides, soit un sur cinq, étaient attribuables à un gang. Le nombre d'homicides attribuables à des gangs augmente sans cesse depuis que l'on a commencé à recueillir cette information en 1991, comme en témoigne la tendance à la hausse au cours de la dernière décennie que l'on peut constater sur le graphique de gauche. Cette augmentation contraste avec la tendance observée quant au nombre d'homicides non liés aux activités des gangs, qui est illustrée dans le graphique de droite. En outre, le taux global d'homicides au Canada est généralement à la baisse depuis le milieu des années 1970.
Les armes à feu sont utilisées plus souvent dans les homicides attribuables à des gangs que dans tout autre type d'homicide. En 2007, 69 p. 100 des homicides attribuables à des gangs ont été commis au moyen d'une arme à feu; dans huit cas sur dix, c'est une arme de poing qui a été utilisée. Parmi les homicides non liés aux activités des gangs, 20 p. 100 ont été commis au moyen d'une arme à feu; dans 54 p. 100 de ces cas, on s'est servi d'une arme de poing.
La diapositive suivante montre la répartition des homicides attribuables à des gangs selon le type d'infraction, c'est-à-dire suivant que la police ait déterminé qu'il s'agissait d'un meurtre au premier ou au second degré, ou d'un homicide involontaire. Ces données proviennent des forces policières, et non des instances judiciaires, ce qui fait qu'elles ne reflètent pas nécessairement les décisions rendues par la suite par la Couronne ou par les tribunaux. Comme vous pouvez le constater dans ce graphique, la majorité des homicides attribuables à des gangs ont été considérés par la police comme des meurtres au premier degré. C'est le cas pour les trois quarts de ces homicides en 2007.
Les deux diapositives qui suivent indiquent les endroits où les homicides attribuables à des gangs ont été commis. Le premier tableau présente une ventilation entre les régions. C'est en Ontario, en Colombie-Britannique et au Québec qu'on a enregistré le plus grand nombre de ces homicides. L'Alberta suivait de près.
Comme le révèle la diapositive suivante, chaque année environ 80 p. 100 des homicides attribuables à des gangs se produisent dans l'une des 27 régions métropolitaines de recensement du Canada, et dans la plupart des cas dans les neuf plus grandes d'entre elles. Ces villes ont été le théâtre de plus des trois quarts de l'ensemble des homicides attribuables à des gangs en 2007. Toronto, Montréal et Vancouver mènent la marche à ce chapitre avec un total combiné de 53 p. 100 de ces homicides en 2007.
La diapositive suivante traite des jeunes auteurs présumés d'homicides attribuables à des gangs. En 2007, un total de 74 jeunes ont été inculpés d'homicide. Lorsqu'un jeune se rend coupable d'homicide, les gangs sont souvent en cause. En 2007, des 105 personnes accusées d'homicide attribuable à un gang, 34, soit 32 p. 100, étaient des jeunes. En guise de comparaison, les jeunes comptaient pour 14 p. 100 de l'ensemble des personnes inculpées d'homicide au Canada.
En raison des petits nombres en cause, le taux de jeunes inculpés d'homicides attribuables à des gangs fluctue d'année en année. Vous pouvez voir dans le graphique de gauche que la tendance à ce chapitre est généralement à la hausse depuis environ 2002.
Avec la prochaine diapositive, nous passons à un autre des amendements proposés dans le cadre du projet de loi C-14: la création de nouvelles infractions concernant les agressions contre un agent de la paix. En 2007, les forces policières ont signalé un peu moins de 9 800 cas de voies de fait contre des agents de la paix. C'est une hausse par rapport aux quelque 6 300 enregistrés il y a 10 ans à peine. Comme vous pouvez le constater dans le graphique de gauche, le taux global de voies de fait contre des agents de la paix n'a cessé d'augmenter depuis 10 ans, mais s'est quelque peu stabilisé récemment.
La plupart des cas signalés d'agression contre un agent de la paix comprenaient également une autre infraction. Cette proportion atteignait 70 p. 100 en 2007. Le tableau de droite présente quelques-unes des infractions les plus courantes dans une situation semblable. Dans le tableau du bas, nous avons fait la distinction entre les cas de voies de fait contre des policiers et ceux dont sont victimes d'autres agents de la paix. Vous pouvez constater que les policiers sont visés dans la plupart de ces cas.
Les quelques diapositives qui suivent vous fournissent certains renseignements quant au traitement que font les tribunaux des causes comportant une accusation de voies de fait contre un agent de la paix. Comme l'indiquaient les données policières que nous venons d'examiner, la plupart des causes criminelles comportant un chef d'accusation pour agression contre un agent de la paix s'accompagnaient également d'autres accusations. En fait, 90 p. 100 de ces cas comportaient plusieurs chefs d'accusation, comparativement à environ 60 p. 100 pour l'ensemble des causes criminelles. Ces causes ont tendance à être assorties de plusieurs accusations. On compte en moyenne cinq chefs d'accusation, comparativement à trois pour l'ensemble des causes criminelles.
Le graphique présente quelques-uns des chefs d'accusation les plus fréquemment associés aux voies de fait contre un agent de la paix. Par exemple, près du tiers de ces causes comportaient un chef d'accusation pour entrave à un agent de la paix, et environ le tiers étaient assorties d'une inculpation pour s'être évadé ou être illégalement en liberté.
La diapositive suivante nous apprend que ces cas diffèrent non seulement quant au nombre d'accusations portées, mais également quant aux taux de condamnation obtenus. Les causes comptant au moins une accusation de voies de fait contre un agent de la paix donnaient lieu à des taux élevés de verdict de culpabilité et de plaidoyer de culpabilité. Dans une forte proportion de ces causes, un verdict de culpabilité a été rendu pour plus d'une accusation portée.
Lorsque les voies de fait contre un agent de la paix constituent le chef d'accusation le plus important, le taux de condamnation demeure relativement élevé. Dans les deux tiers des causes avec condamnation, les voies de fait contre un agent de la paix étaient l'une des accusations ayant mené au verdict de culpabilité. En comparaison, pour la plupart des crimes avec violence ayant donné lieu à un verdict de culpabilité, un seul chef d'accusation a été retenu. La proportion de ces cas atteignait environ 58 p. 100 en 2006-2007.
Comme vous pouvez le voir à la diapositive suivante, les causes comptant plusieurs chefs d'accusation donnent plus souvent lieu à des peines d'emprisonnement. C'est également le cas pour les causes comptant au moins une accusation de voies de fait contre un agent de la paix. Ainsi, 40 p. 100 de ces « causes avec condamnation » ont donné lieu à l'emprisonnement sur la base du chef d'accusation le plus important. En comparaison, l'emprisonnement a été décrété dans 32 p. 100 de l'ensemble des causes criminelles avec condamnation. Lorsque les voies de fait contre un agent de la paix étaient l'accusation la plus importante, 38 p. 100 des causes avec condamnation ont abouti à l'emprisonnement, ce qui est similaire au taux d'incarcération pour les causes criminelles avec condamnation touchant des infractions graves avec violence.
La durée moyenne des peines d'emprisonnement pour les causes comportant une accusation de voies de fait contre un agent était de 107 jours. On se situe ainsi entre la moyenne pour les causes avec condamnation comportant des voies de fait simples (51 jours) et les causes impliquant des voies de fait graves (166 jours). Ces données semblent indiquer que les cas semblables sont considérés comme relativement graves par les tribunaux, mais il est difficile de conclure que cela est strictement attribuable à la présence de voies de fait contre un agent de la paix, étant donné qu'il y a tellement d'autres éléments en jeu.
Nous en sommes rendus aux diapositives supplémentaires que j'ai jointes pour la gouverne du comité, comme je vous le disais au début de mon exposé que je vais maintenant conclure.
Merci, monsieur le président.
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Merci, monsieur le président. Je vous suis très reconnaissant de m'avoir invité aujourd'hui.
La Police provinciale de l'Ontario est favorable à toute initiative susceptible d'accroître la sécurité publique. Nous sommes d'accord avec les objectifs visés par les modifications proposées à l'article 270 touchant l'infraction relative aux voies de fait contre un agent de la paix, mais nous estimons que le tout serait plus efficace si les nouvelles dispositions étaient assorties d'une peine minimale.
La sécurité publique pourrait sortir gagnante d'une prolongation des conditions de l'engagement pour une période de deux ans, s'il est possible d'assurer une surveillance suffisante à l'égard des conditions imposées. Le groupe de travail qui se penche sur les stratégies policières et judiciaires visant à lutter contre ce problème de récidive des délinquants violents pourrait examiner cette disposition pour déterminer ses utilisations possibles en matière de renseignement et de rétention.
La disponibilité des ressources policières nécessaires pour appliquer cette disposition est un facteur qui devra être pris en compte. L'insuffisance des effectifs policiers et des ressources disponibles pourrait limiter la capacité de détecter les transgressions commises par les récidivistes, ce qui réduirait d'autant l'efficacité de la mesure proposée en tant qu'outil de sécurité publique. Les équipes SCRE, BREF et EAF de la Police provinciale de l'Ontario pourraient remplir ce rôle si on leur fournissait des ressources additionnelles.
La Police provinciale de l'Ontario appuie sans réserve les initiatives et les stratégies actuellement mises en oeuvre dans la province pour lutter contre les infractions semblables. Je pense par exemple à l'initiative anti-violence de Toronto, à l'initiative provinciale de lutte contre la violence et à l'initiative concernant les gangs et les armes à feu. Les services de police ont obtenu un soutien gouvernemental bien senti à ce chapitre.
Nous estimons que les autres propositions mises de l'avant à l'égard des lois et des politiques fédérales par différents services de police, y compris le nôtre, permettraient de mieux contrer le crime organisé, les gangs et les crimes graves liés à la drogue. Le pouvoir d'accès légal, les modifications à la Loi sur les armes à feu et une stratégie nationale en la matière sont autant d'exemples d'éléments que nous avons déjà abordés.
En outre, la Police provinciale de l'Ontario appuie les programmes fondés sur l'expérience qui vise à empêcher les jeunes de joindre les rangs d'un gang. Il faut espérer que la mise en oeuvre des recommandations formulées dans le rapport LeSage permettra d'établir un cadre qui assurera un fonctionnement plus efficient de tous les processus du système judiciaire. La Police provinciale de l'Ontario recommande que tous les partenaires du secteur judiciaire collaborent au titre de la mise en commun de renseignements et des motions préalables à l'instruction afin d'améliorer les choses dans ce domaine.
La nouvelle infraction de meurtre au premier degré pour un acte associé à une organisation criminelle permet une mise à jour de la loi actuelle de façon à tenir compte des risques que présentent les gangs pour la sécurité publique. L'expérience nous a appris qu'il est très difficile d'obtenir une condamnation pour les infractions commises par une organisation criminelle et qu'il faut beaucoup de temps pour monter un dossier d'enquête. Le recours à cette nouvelle infraction pourrait donner lieu à des contestations, ce qui retarderait considérablement le règlement définitif d'une cause et risquerait fort d'accroître le temps que les agents de police doivent consacrer aux comparutions devant le tribunal et à l'établissement de la preuve. Nous osons toutefois espérer que la mise en oeuvre des recommandations du rapport LeSage et l'initiative Justice juste-à-temps permettront de compenser ces complications.
Dans des décisions rendues précédemment au sujet d'infractions commises par des organisations criminelles, on a pu constater que la définition du terme « organisation criminelle » est trop vague. Dans certains cas, il peut être plus facile d'établir la preuve d'un meurtre au second degré, plutôt que de fournir tous les éléments nécessaires pour obtenir une déclaration de culpabilité à l'égard d'un meurtre au premier degré.
La possibilité d'une peine d'emprisonnement à perpétuité pourrait mener à un recours accru à l'intimidation des témoins par les contrevenants, ce qui rendrait plus difficile pour les services de police l'identification des coupables. Le cas échéant, le temps consacré aux enquêtes sur les meurtres attribuables à des gangs augmenterait bien évidemment.
Une incarcération à perpétuité peut procurer à la famille de la victime et au public le sentiment que justice est faite, mais les parents comme le grand public peuvent en venir à penser que des représailles davantage punitives pourraient également s'imposer comme stratégie de dissuasion. Au vu des cas de jurisprudence où des peines obligatoires ont été annulées, la population pourrait être portée à croire que le système judiciaire ne fonctionne pas. On ne considère pas qu'une peine d'emprisonnement à perpétuité est une mesure dissuasive efficace qui nous assurerait que le contrevenant visé ne commettra pas d'autres infractions. L'expérience nous a appris que l'incarcération n'empêche pas nécessairement un contrevenant de se livrer à d'autres activités criminelles pendant qu'il est en prison.
Les nouvelles infractions relatives aux armes à feu risquent peu de faire diminuer le nombre d'échanges de coups de feu en public ou de fusillades au volant dans les grandes villes, étant donné qu'il est très difficile pour nous d'identifier les coupables. D'autres dispositions prévoyant de nouvelles infractions pourraient être plus efficaces pour réduire les crimes semblables. Une interdiction des armes de poing, par exemple, pourrait créer une nouvelle infraction pouvant mener à l'arrestation. La Police provinciale de l'Ontario a appuyé la promulgation du règlement de 2004 sur le marquage des armes à feu, des mesures législatives visant à combler les lacunes découlant de la non-réglementation de la possession et de la vente de pièces d'armes à feu...et l'absence de responsabilité criminelle et l'interdiction de la possession de munitions et d'armes à feu dans certains lieux publics désignés.
Le projet de loi procure aux forces d'application de la loi de nouveaux outils pour lutter contre la violence des gangs, mais pour vraiment améliorer la sécurité dans les collectivités, il faut en définitive pouvoir procéder à des arrestations et à des inculpations. Pour ce faire, il faut fournir aux forces de police davantage de ressources et d'autres politiques et outils législatifs qui les aideront à accroître leur efficacité à cet égard, notamment dans des domaines comme le pouvoir d'accès légal. L'initiative visant les gangs et les armes à feu a connu énormément de succès dans la province de l'Ontario. Je peux vous dire par exemple que le nombre de meurtres a diminué de près de 14 p. 100 en Ontario en 2006. La baisse a été de 44 p. 100 pour les meurtres commis au moyen d'une arme à feu alors que les cas d'utilisation d'une arme à feu ont chuté de 15,9 p. 100.
Pour ce qui est des dispositions supplémentaires touchant les armes ou les blessures, on ne fait que répéter dans certains cas des infractions déjà existantes; les infractions causant des préjudices corporels et les voies de fait graves sont déjà frappées de peines très lourdes. Le fait qu'un agent de police soit la victime devrait être considéré comme un facteur aggravant menant à des peines plus sévères, quel que soit le type d'infraction. L'impact d'une violation des nouvelles conditions d'engagement n'est pas connu. C'est le juge qui devra déterminer si un individu relâché en vertu de ces nouvelles dispositions doit se rapporter à la police ou aux Services correctionnels.
Certaines mesures, comme la surveillance électronique, sont désormais permises explicitement, et un engagement de ne pas troubler l'ordre public peut maintenant être valable pour une période de 24 mois. On s'attend à ce qu'on ait recours de façon plus fréquente aux conditions d'engagement. Ce seront toutefois les forces policières qui devront fournir toute l'information requise pour que les dispositions modifiées concernant les conditions de l'engagement puissent s'appliquer. La police peut également procéder à l'arrestation d'un individu sans mandat si elle est d'avis qu'une infraction désignée risque fort d'être commise. Pour pouvoir appliquer ce pouvoir, il faudra une certaine dose de chance, des renseignements ou de la surveillance. Les nouvelles dispositions concernant les conditions de l'engagement sont un outil que la police pourra utiliser en pesant ses avantages et ses coûts.
Les activités de surveillance pourront appuyer les arrestations sans mandat, l'amélioration de la sécurité publique et l'acquisition d'autres renseignements utiles. Les services de police auront besoin de ressources additionnelles pour assurer une surveillance efficace des individus relâchés en vertu de ces conditions d'engagement. Les unités SCRE, BREF et EAF de la Police provinciale de l'Ontario possèdent les compétences nécessaires à cette fin, mais ne disposent pas des effectifs voulus pour surveiller ces individus à haut risque. La Stratégie d'exécution à l'intention des récidivistes de la Police provinciale de l'Ontario est efficace dans son maintien de la surveillance des contrevenants à haut risque après leur mise en liberté, mais encore là il y a un problème de capacité qui se pose.
Je vous remercie.
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Messieurs et mesdames les membres du comité, merci de m'avoir invité à témoigner devant vous dans le cadre de votre étude du projet de loi C-14.
Je partage avec vous une grande préoccupation à l'égard de la lutte contre le crime organisé et la recherche de nouveaux moyens pour le combattre.
Laissez-moi commencer en déclarant clairement que j'appuie sans réserve le projet de loi C-14 et que je souhaite qu'il soit adopté sans délai. Ce projet de loi, sans être révolutionnaire, ajoute un certain nombre d'outils à notre boîte à outils pour faire la lutte au crime organisé.
Décréter qu'un meurtre en est un au premier degré lorsqu'il est fait en association avec une organisation criminelle vient remédier à ce que j'ai toujours considéré comme un oubli dans la loi antigang de 1997, autrement connue comme le projet de loi C-95. Le Parlement avait alors décrété qu'un meurtre en est un au premier degré lorsqu'il est fait en association avec une organisation criminelle avec usage d'explosifs, mais pas les autres meurtres commis en association avec une organisation criminelle.
La disposition de 1997 était inutile et n'a jamais été utilisée pour deux raisons. Premièrement, si un meurtre est commis avec des explosifs, il est évident qu'il y a préméditation. Deuxièmement, peu après la mort du petit Daniel Desrochers en 1995, le crime organisé au Québec a pratiquement abandonné l'usage d'explosifs au Québec et s'est tourné vers les armes à feu.
Le projet de loi C-14 fait bien d'appliquer la règle à tous les meurtres commis en association avec une organisation criminelle, peu importe le moyen utilisé.
[Traduction]
Le nouveau paragraphe 231(6.1) du Code criminel, que propose le projet de loi , modifiera un article non utilisé du Code criminel de façon à ce qu'il ait vraisemblablement des applications tangibles. Même si les règlements de compte sont évidemment planifiés et prémédités, d'autres meurtres ne le sont pas. Nous avons par exemple été témoins à maintes reprises de situations comme celle-ci: au moins deux organisations criminelles sont présentes dans une ville ou une région géographique; les organisations se divisent le territoire et contrôlent les activités frauduleuses dans leur secteur. Elles ont le monopole de la vente de drogues, de la prostitution et d'autres activités criminelles dans les bars, les tavernes et les boîtes de nuit qui se trouvent sur leur territoire. Il arrive qu'une personne qui entretient des liens avec une certaine organisation criminelle, ou qui semble y être associée, se présente dans le bar ou la boîte de nuit contrôlé par la bande rivale. On montre la porte à l'intrus, qui refuse de partir. C'est à ce moment qu'une dispute éclate, puis dégénère en bagarre. On sort un couteau ou un fusil, et quelqu'un finit par se faire tuer. Ce n'était pas un geste planifié, alors il n'y a pas lieu de parler de préméditation. L'accusation normalement portée serait celle de meurtre au second degré.
Mais avec la modification proposée par le projet de loi , on pourrait envisager une accusation pour meurtre au premier degré. Nous avons vu une affaire de ce genre à Montréal, où un innocent a été assassiné par une bande de voyous dans un bar. Il y avait eu erreur sur la personne, car la victime n'était associée ni de près ni de loin à l'organisation criminelle rivale de la bande en question. Il reste néanmoins qu'il s'agissait d'un meurtre lié à une guerre de gangs.
Pour ce qui est de la nouvelle infraction appelée « décharger une arme à feu avec insouciance », comme le propose le projet de loi , elle permettra de combler le vide qui existe actuellement entre le trouble de l'ordre public par le déchargement d'une arme à feu (une infraction punissable par procédure sommaire d'une peine d'emprisonnement maximale de six mois), ou l'usage négligent d'une arme à feu (punissable d'une peine maximale de deux ans), et le déchargement d'une arme à feu contre une autre personne dans l'intention de la blesser ou de mettre sa vie en danger, punissable d'un emprisonnement dont la durée peut varier entre cinq et quatorze ans.
Dans le cas des fusillades au volant d'une voiture, il peut être très difficile de prouver que l'intention précise était de blesser ou de mettre en danger la vie de quelqu'un. Si les projectiles n'atteignent personne, l'intention peut en effet être très difficile à prouver, mais c'est tout de même un comportement beaucoup plus dangereux que celui de décharger une arme à feu avec insouciance en tirant dans les airs. Ces fusillades peuvent tuer des gens, et c'est déjà arrivé, y compris des passants qui n'ont rien à voir avec les organisations criminelles. La nouvelle offense qui consiste à décharger une arme à feu avec insouciance, comme le propose le projet de loi , nous permettrait ainsi d'imposer des peines plus sévères, c'est-à-dire un emprisonnement pouvant aller jusqu'à 14 ans et des minimums d'emprisonnement plus stricts lorsque l'infraction est commise à l'aide d'une arme de poing ou en association avec une organisation criminelle.
À première vue, les deux nouvelles infractions de voies de fait contre des agents de la paix ne semblent pas changer grand-chose, car les peines d'emprisonnement minimales ne sont pas plus sévères que celles imposées dans des cas de voies de fait semblables contre toute autre personne. Toutefois, ces nouvelles infractions prennent une grande importance si on tient compte du nouvel article 718.02 qui est proposé. Celui-ci énonce que le tribunal doit accorder une attention particulière aux objectifs de dénonciation et de dissuasion lorsqu'il impose une peine à l'égard d'une de ces infractions. On peut donc penser que des peines plus sévères seront imposées dans ces cas, et qu'un plus grand respect sera accordé aux agents de la paix. Je crois que ce changement est nécessaire, car on nous rappelle constamment que les policiers sont peu respectés, ce qui brime leur capacité de faire régner la paix.
Le nouvel article 718.02 proposé prévoit aussi que le tribunal doit accorder une attention particulière aux objectifs de dénonciation et de dissuasion lorsqu'il impose une peine à l'égard d'un acte d'intimidation d'une personne associée au système judiciaire. Cette mesure permettra aussi à tous ceux travaillant dans l'intérêt de la justice de bénéficier d'un plus grand respect.
Les changements proposés par le en ce qui a trait aux engagements préventifs de ne pas troubler l'ordre public en vertu de l'article 810.01 sont intéressants à mon avis, mais je dois avouer que cet article du code n'a jamais été utilisé au Québec. C'est probablement que dans nos efforts pour combattre le crime organisé, nous nous sommes concentrés sur la collecte de preuves suffisantes afin de pouvoir porter des accusations criminelles et d'obtenir des déclarations de culpabilité. Je sais toutefois que la reconnaissance du crime organisé est au coeur de la stratégie ontarienne contre les armes à feu et les gangs de rue, en particulier pour ce qu'ils appellent du « small fry »; au Québec, on parle plutôt de « menu fretin ». Au Québec, nous espérons pouvoir appliquer ces dispositions à l'avenir dans le cadre de notre propre stratégie de lutte contre les gangs de rue.
Le Barreau du Québec s'est opposé à quelques-unes des conditions proposées dans la nouvelle loi. Il s'oppose aux conditions précises proposées pour l'engagement de ne pas troubler l'ordre public, notamment celles impliquant la participation à un programme de traitement et le port d'un dispositif de surveillance à distance.
Certains avocats maintiennent qu'il s'agit de mesures drastiques pour quelqu'un qui n'a pas été accusé, et encore moins déclaré coupable, d'une infraction. Cependant, comme ces mesures sont laissées à la discrétion des juges des tribunaux provinciaux, je crois que nous pouvons leur faire confiance pour faire preuve de jugement et n'imposer ces conditions que lorsqu'ils ont des motifs raisonnables de croire que c'est nécessaire, ce qui devrait être plutôt rare.
J'appuie donc le projet de loi ; je tiens toutefois à souligner que beaucoup des changements législatifs proposés par le projet de loi , de même que le projet de loi , dépendent de la détermination par le tribunal de l'existence d'une organisation criminelle. Si vous voulez vraiment nous aider à combattre le crime organisé, je vous demande de vous arrêter un moment pour vous demander pourquoi le Parlement continue de traiter les organisations criminelles si différemment des organisations terroristes.
En 2001, le Parlement a tout simplement décrété que des dizaines d'organisations figurant sur une liste étaient des organisations terroristes. Les procureurs n'ont pas à prouver qu'il s'agit d'organisations terroristes; elles ont été déclarées comme des organisations terroristes par le gouverneur en conseil. La plupart de ces groupes n'ont jamais été déclarés coupables de terrorisme au Canada. En fait, la plupart de ces groupes ne sont même pas présents au Canada, et ils se livrent encore moins à des activités terroristes ici.
Par contre, depuis l'adoption de la première loi antigang en 1997, le Parlement demande aux procureurs de prouver qu'une organisation est criminelle dans chaque affaire traitée, même s'il s'agit de la même organisation. Par conséquent, chaque fois que nous accusons quelqu'un faisant partie des Hells Angels aux termes de la loi antigang, nous devons repartir du début et prouver que le club de motards des Hells Angels est une organisation criminelle.
Au cours des 12 dernières années, des dizaines de déclarations de culpabilité ont établi que le club de motards des Hells Angels était une organisation criminelle. Au Québec, même des membres en règle ont admis faire partie d'une organisation criminelle. À au moins trois reprises, les tribunaux de l'Ontario ont tranché que le club de motards des Hells Angels était une organisation criminelle présente dans l'ensemble du pays. Il s'agissait de décisions rendues par la Cour suprême de l'Ontario.
Pourtant, des tribunaux de la Colombie-Britannique, de l'Ontario et du Manitoba ont aussi tranché qu'en raison de l'état actuel de notre loi, cette détermination ne s'applique qu'à l'accusé en cause dans ces affaires précises. Nous, les procureurs, ne nous sommes jamais plaints et avons fait notre devoir avec diligence et efficacité, mais cette nécessité de toujours devoir prouver la même chose monopolise de précieuses ressources qui pourraient être utilisées à meilleur escient pour combattre le crime organisé.
L'étape la plus laborieuse dans la poursuite d'une organisation criminelle est justement de prouver que le groupe en question est bel et bien une organisation criminelle. Il peut falloir des mois pour faire cette démonstration devant les tribunaux. Je vais vous donner quelques exemples.
Au Québec, le 28 mars 2001, la police a effectué un nombre important d'arrestations chez les membres des Hells Angels, dans le cadre d'une intervention appelée « opération Printemps 2001 ». En tout, 119 membres et sympathisants ont été accusés par le Bureau de lutte au crime organisé, pour lequel je travaille, dans trois dossiers différents. Le projet Rush a permis à lui seul de porter des accusations contre 42 personnes dans un dossier; 36 d'entre elles ont été arrêtées et 35 se sont vu refuser la liberté sous caution.
Il a fallu construire un nouveau palais de justice pour pouvoir mener ce procès d'envergure. Toutefois, les juges de la Cour suprême ont décidé de séparer les co-accusés en petits groupes plus facilement gérables. Un des procès a réuni 14 accusés et s'est échelonné sur huit mois devant un jury. En tout, 73 témoins ont été entendus avant qu'un plaidoyer de culpabilité ait été établi.
Un deuxième procès a été entrepris avec 17 co-accusés devant jury, procès qui a duré trois mois. Il a ensuite fallu tout recommencer avec un nouveau juge et un nouveau jury quand le premier juge a démissionné de son poste. Le nouveau procès a duré 13 mois devant jury, au cours duquel 1 383 pièces ont été déposées en preuve et 151 témoins ont été entendus. Certains des accusés ont lancé la serviette en cours de route et ont plaidé coupable. Finalement, le jury a rendu son verdict à l'égard des neuf autres accusés et les a tous trouvés coupables.
Le troisième procès s'est déroulé en anglais et réunissait deux accusés. Il s'est déroulé sans jury et il a fallu trois mois et demi avant qu'un juge de la Cour suprême ne les déclare coupables. Dans ce dernier cas, le processus a été plus rapide parce qu'il avait déjà été admis que les Hells Angels était une organisation criminelle.
Pendant la tenue des procès des Hells Angels, le service de police de Montréal terminait une autre enquête, l'opération Amigos, qui visait le club de motards des Bandidos. L'opération a mené à une rafle massive qui a en fait mis un terme au club des Bandidos au Québec. Cinq des accusés ont comparu en 2004. Le procès devant jury a duré huit mois; 68 témoins ont été entendus, et tous les accusés ont été déclarés coupables.
La semaine dernière, nous avons battu tous nos records en portant des accusations contre 156 membres et sympathisants des Hells Angels dans le cadre d'un seul dossier. Il s'agit d'une opération encore plus importante que celle du printemps 2001. Il y aura sans aucun doute plus d'un procès, et on s'attend à ce que chacun d'eux s'échelonnent sur une longue période. Nous pouvons déjà voir ça d'ici. Nous aurons à reprendre le processus depuis le début et prouver que le groupe de motards des Hells Angels est effectivement une organisation criminelle. Même si nous avons confiance en nos moyens, il n'en demeure pas moins que plus le procès s'étire, plus on risque de rencontrer des pépins en cours de route. Par exemple, il suffit que quelqu'un de très important tombe malade pour faire avorter le procès. Si le juge, le procureur en chef ou plus de deux membres du jury doivent se retirer pour cause de maladie, tout le procès pourrait bien échouer, et il faudrait revenir à la case départ. Plus le procès est long, plus il y a de chances que les choses tournent mal.
C'est pourquoi je vous recommande vivement d'envisager sérieusement de mettre en place une loi qui déclarerait le groupe de motards des Hells Angels comme une organisation criminelle une fois pour toutes.
Je vous remercie de votre attention.
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Monsieur le président et honorables membres du comité, mon nom est Jocelyn Latulippe. Je suis inspecteur-chef et directeur de la Direction des services d'enquêtes criminelles de la Sûreté du Québec. Je suis accompagné de Me Francis Brabant, conseiller juridique à la Sûreté du Québec et membre du Comité d'amendements aux lois de l'Association canadienne des chefs de police. Je comparais devant vous aujourd'hui à titre de représentant de l'Association canadienne des chefs de police, étant moi-même coprésident du Comité sur le crime organisé de l'Association canadienne des chefs de police. J'en profite également pour vous transmettre les salutations distinguées de notre président, M. Steven Chabot, directeur général adjoint responsable des enquêtes criminelles à la Sûreté du Québec.
L'Association canadienne des chefs de police salue le projet de loi C-14, qui constitue une réponse législative très attendue au phénomène des meurtres et autres actes de grande violence commis par le crime organisé. Ainsi, lors de sa conférence annuelle tenue à Calgary en 2007, l'ACCP adoptait une résolution afin de soutenir les efforts du procureur général et du ministre de la Justice du Manitoba afin de réformer des lois fédérales visant le crime organisé.
Trois de ces réformes, soit l'assimilation au meurtre au premier degré de tout meurtre perpétré par une personne lorsque celle-ci le commet au profit, sous la direction ou en association avec une organisation criminelle, ou encore lors de la perpétration d'un acte criminel au profit, sous la direction ou en association avec une telle organisation ainsi que la création d'une infraction propre aux fusillades au volant, notamment, de même que, finalement, l'addition de conditions pouvant être imposées en vertu de l'article 810.01 du Code criminel afin de contrôler plus efficacement une personne dont on soupçonne qu'elle commettra une infraction d'organisation criminelle, se retrouvent pratiquement intégralement dans le projet de loi.
De plus, le projet de loi C-14 propose de créer des infractions spécifiques du fait de commettre une agression armée ou d'infliger des lésions corporelles à un agent de la paix, ces infractions étant par ailleurs sévèrement punies. Ces mesures touchent particulièrement le travail de la police et la protection de nos policiers particulièrement exposés à la violence des gangs de rue actuellement. Il prévoit de plus des peines sévères afin de réprimer les agressions graves dont font trop souvent l'objet les personnes qui dénoncent des crimes. L'Association canadienne des chefs de police souhaite que ces mesures, ainsi que toutes celles prévues dans le projet de loi, soient adoptées aussitôt que possible.
Je souhaiterais également profiter de l'occasion qui m'est fournie afin de discuter de façon plus large de la situation actuelle du crime organisé au Canada et de ce que nous réserve l'avenir à cet égard si nous n'y remédions pas. Je vous propose une réflexion sur deux situations extrêmes que nous semblons vivre au Canada dans le cadre de la lutte contre le crime organisé.
En effet, les services policiers ont le défi constant de s'ajuster à deux réalités opposées et actuelles du monde criminel que sont la montée de la violence entre les gangs et la montée de l'infiltration dans les économies légales par les acteurs du crime organisé, le tout dans un contexte d'alliances sans frontières des membres du crime organisé composé de différentes réalités dans chaque province.
Tout d'abord, la première réalité constatée par les policiers est liée au fait que le crime organisé de rue est devenu de plus en plus violent et imprévisible. Dans ce contexte, le trafic et l'utilisation d'armes à feu prévalent de plus en plus, dans certaine région du Canada, augmentant les risques pour les citoyens et les policiers.
À l'inverse, les dirigeants des organisations criminelles d'envergure semblent chercher à prendre du recul. Ces acteurs du crime organisé de haut niveau deviennent plus stratégiques, cherchant à se donner des allures d'hommes d'affaires et d'investisseurs, en plus d'avoir appris des moyens de protection à la suite de chaque enquête majeure. C'est ainsi que certains éléments du crime organisé de haut niveau cherchent à profiter actuellement des partenariats grandissant entre les organisations criminelles, mais aussi du courant de mondialisation et de la situation économique difficile.
Alors que le projet de loi C-14 prévoit des mesures que nous soutenons ardemment en termes de lutte contre la violence issue du crime organisé, nous croyons qu'il est aussi important de voir à protéger nos économies et la libre entreprise contre les initiatives grandissantes des éléments supérieurs du crime organisé traditionnel qui veulent s'introduire comme des acteurs économiques, mais selon les règles de leur milieu. Ceux-ci facilitent leurs activités en ayant recours à des modèles d'intimidation, de prises de contrôle des attributions de contrat et d'acquisitions de monopoles, ce qui, à moyen et long terme, minera certainement l'économie et découragera aussi les bons investisseurs, spécialement lors de difficultés financières. Les infiltrations du crime organisé au sein des différentes économies de marché sont donc une préoccupation qui mérite que l'on s'y attarde.
De nombreux secteurs sont déjà à risque: la construction, le transport, l'aménagement paysager, la location d'équipement de construction, le remorquage et l'automobile. Le défi consiste à trouver des méthodes et des outils législatifs pour enrayer ce phénomène qui nécessite de nombreuses ressources policières sur de très longues périodes mais donne lieu à des succès parfois mitigés, sans compter les délais de détection qui sont très longs, les acteurs du crime organisé sachant se protéger des longues opérations policières en s'assurant que la trace de leur argent sale soit effacée.
Je désire vous sensibiliser à deux mesures susceptibles de soutenir nos efforts, soit le découragement de l'appui que donnent au crime organisé certains facilitateurs tels que des avocats, notaires, comptables, fiscalistes, courtiers immobiliers et détenteurs de comptoirs de change, tous corrompus par les acteurs du crime organisé ou qui gardent le silence face à des illégalités, et les méthodes nécessaires pour favoriser le partenariat entre les divers organismes chargés de l'application de la loi et des règlements en matière d'échange d'information. Il s'agit là d'une cible importante.
Que ce soit en matière financière ou en matière de renseignements sur les acteurs ou les souteneurs du crime organisé au sein de diverses corporations ou associations professionnelles, cela nécessite une collaboration des agences du revenu, lors de fraudes commises à l'encontre des gouvernements ou des nombreux organismes ou sociétés d'État victimes de vol d'identité, etc.
Ainsi, même dans le domaine de l'échange de renseignements entre les services policiers et organismes, le partenariat est une réalité incontournable qui peut contribuer beaucoup à la lutte contre le crime organisé. Tous les autres organismes concernés par le crime organisé doivent aussi nous appuyer, et nous devons trouver des mécanismes pour faciliter le travail conjoint dans le respect des lois existantes et des missions. Le partenariat contre le crime organisé doit donc être considéré de façon plus large en matière de renseignement et d'échange d'information.
En résumé, les facilitateurs et l'échange d'information entre organismes sont deux aspects qui méritent des réflexions et des réponses appropriées aux menaces qui nous guettent relativement à la progression du crime organisé. Il faut aussi tenir compte des problèmes déjà existants concernant entre autres la divulgation sans cesse grandissante et complexe d'éléments de preuve.
J'espère avoir réussi à vous sensibiliser aux possibilités actuelles et à nos réalités en matière d'enquêtes sur le crime organisé. Les deux phénomènes présentés sont grandissants et demanderont d'être approfondis dans l'avenir. Des solutions existent et nous serons prêts, en tant qu'association, à participer aux travaux visant à faire évoluer la lutte contre le crime organisé, en fonction de ces nouvelles réalités et de la progression de la menace.
Merci.
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Je suis prêt à accepter qu'on distribue aux collègues les recherches qui j'ai demandées, si tel est le voeu du comité.
J'ai trois questions à poser rapidement, car je sais que le temps dont je dispose commence à courir maintenant, monsieur le président.
Monsieur Richmond, j'ai fait parvenir à la greffière une motion qui sera débattue mercredi et qui, je pense, aura l'appui de tous mes collègues. Cette motion vise justement à déclarer que les Hells Angels sont une organisation illégale. L'idée d'avoir une liste à partir d'une condamnation, donc une liste regroupant toutes les organisations qui auront été déclarées comme étant des organisations criminelles en vertu de l'article 467 du Code criminel, me plaît beaucoup. À ma connaissance, seuls les Hells Angels ont été déclarés organisation criminelle, mais le Service canadien de renseignements criminels prétend qu'il existe 38 groupes de motards criminalisés. J'aimerais donc avoir l'information suivante: qui devrait-on inclure dans cette motion? Mercredi, nous voterons là-dessus. C'était ma première question.
Voici ma deuxième question. Le monsieur de la Police provinciale de l'Ontario semble dire que les dispositions concernant les fusillades gratuites, avec insouciance, ne seraient pas efficaces, alors que M. Richmond l'a brillamment contredit dans son témoignage. J'aimerais comprendre ce qui vous fait douter de cette efficacité, parce qu'on avait l'impression que les dispositions dans le projet de loi permettaient d'arrêter les gens. Or, vous dites que les dispositions ne réduiront pas les fusillades au volant. J'aimerais que vous expliquiez votre point de vue.
Ma troisième et dernière question s'adresse à M. Latulippe. Toute cette infiltration dans l'économie légale se fait-elle par les compagnies à numéro? Que pouvez-vous nous en dire? Pouvez-vous nous fournir plus d'information, sans que cela ne soit nécessairement une liste de noms de gens qui ont créé des compagnies à numéro. Quoique dans un monde idéal, ce serait ça.
Commençons par M. Richmond, suivi du représentant de la Police provinciale de l'Ontario. On terminera avec M. Latulippe.