Le greffier m'informe que nous avons le quorum. Les connexions des députés à distance ont été testées.
Bienvenue à la 85e réunion du Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées de la Chambre des communes.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement, le Comité recevra une séance d'information de la Société canadienne d'hypothèques et de logement et du Bureau de l'infrastructure du Canada.
La réunion d'aujourd'hui se déroule en mode hybride, conformément aux règles en vigueur de la Chambre des communes. Les participants en personne ou en ligne pourront écouter et intervenir dans la langue officielle de leur choix. Que ceux qui sont dans la salle utilisent l'oreillette mise à leur disposition et sélectionnent la langue souhaitée.
Les députés en ligne sont invités à cliquer sur l'icône d'interprétation, au bas de l'écran de leur Surface, et à cliquer sur la langue voulue. Veuillez me signaler toute interruption des services d'interprétation. Que ceux qui sont dans la salle lèvent la main pour attirer mon attention et que ceux qui sont en distanciel utilisent la fonction de main levée. Je suspendrai la séance pendant que le problème est corrigé.
Je demande aux députés de parler lentement et de maintenir leur oreillette loin du micro afin d'éviter tout risque d'effet Larsen et de protéger l'ouïe de nos interprètes. Parlez le plus lentement possible pour que vos commentaires puissent être correctement interprétés.
Nous accueillons aujourd'hui Romy Bowers, présidente et première dirigeante de la SCHL. Bienvenue, madame Bowers.
Du Bureau de l'infrastructure du Canada, nous accueillons Kelly Gillis, sous-ministre, et Kris Johnson, directeur général, Direction de la politique sur l'itinérance. Bienvenue, madame Gillis et monsieur Johnson.
Madame Bowers, je crois savoir que vous avez une brève déclaration liminaire. Vous avez la parole.
:
Merci beaucoup, monsieur le président.
Merci de m'accueillir ici aujourd'hui pour parler des défis en matière de logement auxquels le Canada fait face, du travail de la SCHL pour aider, ainsi que de la voie que nous proposons de prendre.
[Français]
Selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement, ou SCHL, il y a deux crises du logement distinctes, mais elles sont liées.
Il existe une crise pour les plus vulnérables, soit pour les personnes qui ont du mal à répondre à leurs besoins fondamentaux en matière de logement en raison du manque de logements abordables ou sociaux et d'une aide au revenu insuffisante.
Parallèlement, il existe également une crise sur le plan de l'abordabilité pour les personnes à revenu moyen, qui ont de plus en plus de mal à se payer un logement sur le marché. Les crises sont distinctes, mais elles sont liées par le fait que le logement existe sur un continuum.
Les personnes qui n'ont pas les moyens d'acheter une maison resteront plus longtemps dans l'espace locatif. Cela rend le loyer plus cher pour ceux qui tentent de quitter le logement social et d'accéder au marché. Cela, à son tour, allonge les listes d'attente pour un logement social, ce qui a une incidence sur l'itinérance.
[Traduction]
Si nous voulons que le logement soit abordable au Canada, il faut globalement augmenter l'offre de logements. Nous avons besoin d'un plus grand nombre de logements sur le marché, en particulier de logements construits expressément pour la location, ainsi que davantage de logements sociaux, abordables.
En fait, il nous en faudrait encore plus. Nos recherches révèlent que, pour faciliter l'accessibilité d'ici 2030, le Canada aura besoin de 3,5 millions de logements de plus que ce qui est déjà prévu de construire.
L'atteinte de la cible et de l'abordabilité nécessitera une approche pangouvernementale. En tant qu'organisme national responsable de l'habitation au Canada, la SCHL joue évidemment un rôle crucial. Notre travail complète celui d'Infrastructure Canada, qui est le ministère responsable du logement. Grâce à notre partenariat renforcé, nous nous assurerons que les investissements dans le logement s'effectuent en tirant parti des infrastructures existantes. De plus, l'exemption de la TPS récemment annoncée pour la construction de logements locatifs et la hausse de la limite des émissions d'Obligations hypothécaires du Canada relèvent de Finances Canada. Ces deux mesures vont aussi stimuler l'expansion du parc immobilier.
Néanmoins, le gouvernement fédéral lui-même n'a pas accès à tous les leviers qui régissent l'abordabilité du logement. La plupart d'entre eux relèvent de la compétence des gouvernements provinciaux et territoriaux, ainsi que des administrations municipales. Ils ont, par exemple, la responsabilité des politiques d'utilisation des terres, des permis et des relations entre les locataires et les propriétaires-bailleurs. Ainsi, les principales approches à la disposition du gouvernement fédéral sont d'encourager les autres ordres de gouvernement à faire du logement une priorité.
Nous sommes d'avis que le partenaire le plus important est le secteur privé. Il fournit la grande majorité des logements au Canada. Nous avons besoin de capitaux du secteur privé. Les gouvernements doivent donc créer les conditions nécessaires pour attirer ces investissements.
Pourtant, les fonds du secteur privé ne suffiront pas non plus à eux seuls à régler la situation dans laquelle le Canada est plongé. La pénurie de main-d'œuvre qualifiée dans le secteur de la construction signifie que le Canada n'a pas la capacité humaine pour combler les écarts dans l'offre. Le Canada doit accroître la productivité du secteur de la construction, en partie en encourageant l'innovation et en réglant les problèmes liés à la chaîne d'approvisionnement. La construction résidentielle comme on la connaît depuis des décennies doit changer.
Je conclurai sur la nécessité indéniable de travailler en partenariat avec le secteur privé, d'autres ordres de gouvernement, le secteur sans but lucratif et les communautés autochtones. Tout le monde doit se mobiliser.
Heureusement, la Stratégie nationale sur le logement a été conçue dans cette optique. La collaboration est une part intégrante de bon nombre de ses initiatives. Cependant, nous avons des besoins toujours plus grands, et nous devons aller encore plus loin. La Stratégie nationale sur le logement a fait beaucoup de progrès depuis son lancement en 2017. Il n'empêche que, même à ce moment‑là, nous n'envisagions pas qu'elle soit l'unique solution aux problèmes de logement.
Je suis donc heureuse d'être ici aujourd'hui et de travailler en étroite collaboration avec le Comité sur la façon dont nous pouvons progresser en tant que pays en vue de relever les défis que pose le dossier du logement.
Enfin, comme les membres du Comité le savent peut-être déjà, je quitterai la SCHL en décembre prochain pour saisir une occasion qui m'a été offerte au Fonds monétaire international. J'ai eu le privilège de servir à la tête de la SCHL et de travailler avec un groupe d'employés très dévoués et engagés.
Je tiens également à souligner le dévouement des membres du Comité et à vous remercier de l'attention que vous portez au dossier du logement au Canada.
Merci.
:
Je vous remercie, monsieur le président, de m'accueillir aujourd'hui.
Je tiens d'abord à souligner que nous nous trouvons sur le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin anishinabe.
Infrastructure Canada a commencé à soutenir le plan d'action du gouvernement du Canada en matière de logement et d'itinérance en 2021
[Français]
Infrastructure Canada joue un rôle clé dans la politique fédérale en matière de logement, en partenariat avec la SCHL. Ce partenariat renforcé reflète l'approche pangouvernementale adoptée par le gouvernement fédéral pour s'attaquer au problème du logement et de l'itinérance.
[Traduction]
Nous partons du principe que les investissements dans le logement, les transports en commun, les infrastructures liées à l'eau, les centres communautaires et les parcs sont tous reliés, et qu'ils sont essentiels pour bâtir des collectivités connectées et abordables où il fait bon vivre. Des collectivités où les gens peuvent non seulement s'offrir un logement et mener une vie confortable, mais où ils peuvent aussi accéder facilement aux programmes et services essentiels, et où il leur est facile de se rendre au travail ou à l'école.
[Français]
Nous reconnaissons également que l'environnement du logement a radicalement changé ces dernières années. Une grave pénurie de logements, l'inflation et la hausse des taux d'intérêt ont créé une situation dans laquelle les Canadiens de la classe moyenne luttent pour avoir un coût de la vie abordable.
[Traduction]
Nous travaillons déjà en étroite collaboration avec la SCHL alors que nous prenons les mesures nécessaires pour aider à résoudre cette crise. Nous sommes heureux de bénéficier de son expertise tandis que nous continuons de prendre en charge un rôle plus grand dans la politique fédérale en matière de logement et de renforcer la capacité du gouvernement à mettre en œuvre un programme sur le logement et la lutte contre l'itinérance qui bénéficie à tous au Canada.
De plus, Infrastructure Canada dirige les efforts faits pour soutenir les Canadiens les plus vulnérables dans le cadre du programme Vers un chez-soi qui est la stratégie canadienne de lutte contre l'itinérance. Ce programme, qui fait partie de la Stratégie nationale sur le logement, aide les personnes en situation d'itinérance ou qui risquent de le devenir à accéder à des services de soutien et à un logement sûr et stable.
[Français]
Pour relever ce défi, la stratégie Vers un chez-soi est soutenue par un investissement de près de 4 milliards de dollars. Dans ce cadre de la stratégie, nous travaillons avec nos partenaires pour réduire l'itinérance chronique au Canada et réussir, au bout du compte, à l'éliminer, en aidant nos voisins les plus vulnérables à avoir accès aux logements sûrs et abordables qu'ils méritent.
[Traduction]
Grâce à une approche tenant compte à la fois des besoins en matière de logement et d'infrastructures, il est possible de mieux répondre aux besoins locaux tout en partageant des résultats communs.
[Français]
Relever les défis liés au logement et à l'abordabilité demande une approche pangouvernementale et davantage d'investissements de la part de tous les ordres de gouvernement ainsi que du secteur privé.
[Traduction]
Pour catalyser ce changement, le gouvernement fédéral agit en proposant des programmes et des solutions de financement qui rendent le logement et la vie plus abordables pour les Canadiens. Lorsque nous investissons dans le logement et les infrastructures communautaires, nous renforçons les collectivités et nous investissons dans le bien-être des Canadiens, aujourd'hui et pour les générations à venir.
J'ai eu le privilège de témoigner devant vous il y a quelques semaines en compagnie du ministre qui vous a présenté son plan en six points, vous a explosé la nécessité d'en faire plus et a sollicité votre avis. J'ai hâte de participer à la discussion d'aujourd'hui.
[Français]
Merci beaucoup.
:
Merci, monsieur le président.
Nous sommes heureux de vous revoir. J'espère avoir l'occasion de mettre à jour certains renseignements supplémentaires tirés de nos discussions précédentes.
Dans le cadre du Fonds pour accélérer la construction de logements, nous encourageons les administrations locales à voir grand et à faire preuve d'audace dans leurs approches, avec notamment l'accélération du calendrier des projets, l'autorisation d'une augmentation de la densité des logements et l'encouragement de la construction de logements abordables.
Pouvez-vous nous parler des pratiques exemplaires que vous avez récemment publiées sur votre site Web et que les municipalités peuvent consulter lorsqu'elles prennent des décisions pour réglementer le logement et maximiser la densité à l'échelle locale?
:
Comme je l'ai mentionné, nous avons reçu plus de 600 demandes de diverses municipalités au Canada. À la suite de notre examen initial des demandes, nous avons publié une liste des 10 pratiques les plus rigoureuses que nous avons observées dans les municipalités. Cette information est disponible sur notre site Web.
Je ne vais pas toutes les passer en revue, mais j'aimerais souligner certaines choses comme, premièrement, l'élimination de pratiques comme le zonage d'exclusion, ou la construction de logements de droit. C'est une excellente pratique. Vient ensuite l'intensification des logements à haute densité autour des nœuds de transport en commun. La troisième pratique est le soutien actif à la création de logements abordables dans les municipalités. Cela peut se faire au moyen d'exonérations d'impôt foncier et d'un traitement spécial des droits d'aménagement.
Je peux continuer, mais j'encourage vraiment le Comité à examiner les 10 éléments de notre site Web. Nous continuerons de les mettre à jour au fur et à mesure du traitement d'autres demandes, mais nous nous réjouissons de l'activité des municipalités et de l'enthousiasme dont elles font preuve à l'égard de l'adoption de certaines de ces mesures exemplaires.
:
C'est une chose à laquelle je pense beaucoup dans le cadre de mon travail. Quand on regarde les programmes offerts par la SCHL, on constate que la grande majorité d'entre eux sont des programmes de prêts. Je reconnais qu'il est difficile pour de nombreux petits organismes sans but lucratif de passer par le processus de souscription de prêts. La SCHL a travaillé très fort pour simplifier ses processus et faciliter le plus possible les formalités de demande. Nous avons créé un volet uniquement consacré aux subventions dans certains de nos programmes, ce qui simplifie les demandes et permet leur traitement en quatre à six semaines. C'est une grande amélioration.
En ce qui concerne l'utilisation de nos programmes de prêts, je pense que l'un des meilleurs outils dont nous disposons est ce que nous appelons un programme de financement initial. À l'heure actuelle, il s'agit d'un fonds très limité, mais c'est une façon pour nous de payer une partie des coûts que les organismes sans but lucratif doivent assumer pour faire effectuer une partie des évaluations de la documentation en vue de l'aménagement immobilier. Je pense qu'il y a beaucoup de potentiel pour l'expansion de ce programme.
Je veux aussi parler du travail du Centre de transformation du logement communautaire. Il s'agit d'un groupe financé par la Stratégie nationale sur le logement. Sa fonction consiste à fournir un soutien en matière de capacité aux organismes sans but lucratif. Malheureusement, ses services sont très sollicités et ses ressources sont limitées, mais il a fait de l'excellent travail pour développer la capacité des organismes sans but lucratif, et nous pensons qu'il y a beaucoup à faire dans ce domaine.
:
À la SCHL, nous examinons constamment nos processus. Nous sondons nos clients, qu'ils réussissent ou non à obtenir du financement, pour obtenir leur rétroaction, afin que nous puissions nous améliorer continuellement.
Pour ce qui est des progrès, depuis le début de la Stratégie nationale sur le logement, nous avons réduit nos délais de traitement de plus de moitié. En ce qui concerne les programmes qui ne comportent que des subventions ou des contributions, nous pouvons verser l'argent dans les 60 jours.
Vous avez parlé de l'Initiative pour la création rapide de logements. C'est un programme de subventions à 100 %. Nous avons très bien réussi à débloquer les fonds. Malheureusement, la demande pour ce programme est très forte, de sorte qu'environ une demande a été acceptée pour six demandes présentées, mais pour ce qui est de débloquer des fonds, c'est très rapide.
En ce qui concerne les programmes fondés sur les prêts, nous sondons nos clients et nous essayons d'évaluer leur état de préparation dès le début du processus. Nous constatons que si les clients ont mis leurs documents en ordre et s'ils ont conclu des ententes avec d'autres bailleurs de fonds, nous pouvons traiter leurs demandes beaucoup plus rapidement. Nous essayons de mieux faire cette évaluation préalable et de faire un peu de triage pour que les clients aient une idée réaliste du temps que cela prend.
:
Merci, monsieur le président.
Je vous remercie, mesdames Bowers et Gillis, d'être parmi nous ce matin.
La question de la crise du logement nous interpelle tous, et je pense que tout le monde a reconnu qu'il y en a une. Aujourd'hui, je ne veux pas parler des causes, mais plutôt des solutions.
Nous avons eu l'occasion de rencontrer le nouveau responsable de ce dossier. Par ailleurs, vous avez eu souvent l'amabilité de vous rendre disponibles pour venir nous rencontrer. Concernant la Stratégie nationale sur le logement, je me rappelle vous avoir déjà dit que nous en étions à mi-chemin, celle-ci devant prendre fin en 2027, je crois. La Stratégie est maintenant en place depuis environ cinq ou six ans.
La Société reconnaît qu'il manquera, d'ici 2030, 3,5 millions de logements, voire davantage compte tenu des cibles d'immigration du gouvernement fédéral, cible de plus d'un million d'immigrants au Québec.
Quelle est la stratégie de la SCHL pour affronter cette crise du logement?
Serons-nous capables de trouver des mesures susceptibles de nous aider à régler cette crise du logement?
:
Comme je l'ai mentionné dans ma déclaration préliminaire, nous estimons qu'il y a deux crises au Canada. Les populations les plus vulnérables sont aux prises avec une crise d'abordabilité. Cette crise vient du fait que, depuis 20 ou 30 ans, notre pays n'investit pas suffisamment dans le logement social ou communautaire, qui est un élément important de notre infrastructure sociale. Nous avons l'un des taux de logement communautaire les plus bas du G7 ou de l'OCDE.
Une des principales solutions serait que le gouvernement fédéral travaille avec tous les autres niveaux de gouvernement, y compris le Québec, et le secteur à but non lucratif, pour élargir le parc de logements sociaux. Nous estimons qu'il y a environ 650 000 logements sociaux au Canada, et certains experts estiment que nous devons doubler ce chiffre pour atteindre la moyenne du G7. C'est un élément de la solution.
La Stratégie nationale sur le logement représente un investissement de 82 milliards de dollars dans le logement. À mi‑chemin du programme, nous avons engagé environ la moitié du financement. Nous avons réparé 130 000 logements sociaux vieillissants et nous nous sommes engagés à créer environ 60 000 logements supplémentaires. Comme vous pouvez le constater, il reste encore beaucoup à faire, et il faut que ce soit une entreprise à l'échelle de la société.
En ce qui concerne la deuxième partie de la crise, il s'agit...
:
Permettez-moi de vous interrompre, car mon temps de parole est limité.
Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Par exemple, vous dites que vous misez beaucoup sur l’offre globale en matière de logements locatifs et que le secteur privé est le principal partenaire. Je ne veux pas démoniser le secteur privé, qui peut contribuer à l'offre de logements locatifs. Or, Montréal s'est doté d’un règlement, connu sous le nom de « 20‑20‑20 », pour forcer des promoteurs à construire notamment 20 % de logements sociaux et 20 % de logements abordables, mais ceux-ci préfèrent refuser et payer des pénalités plutôt que de s’engager.
Devrions-nous continuer à apporter notre soutien si cet engagement à construire n'est pas assorti de conditions?
En fait, inévitablement, il faut miser soit sur des organismes sans but lucratif, ou OSBL, soit sur des coopératives de logements, qui peuvent aussi faire partie de la solution à la crise.
Qu'en pensez-vous?
Ma question s'adresse à Mme Gillis.
Je suis ravie de vous voir ici aujourd'hui, et je suis très heureuse de voir la collaboration entre le ministère du Logement et le ministère de l'Infrastructure et des Collectivités. Je m'en réjouis, car je suis entièrement d'accord avec vous pour dire que d'autres éléments d'infrastructure sociale sont nécessaires, y compris le transport en commun et les centres communautaires, mais nous nous concentrons aujourd'hui sur le logement.
Ma question porte sur la Stratégie nationale sur le logement. Le nombre de sans-abri augmente depuis qu'elle est en place. Il s'agit donc d'un échec de la Stratégie nationale sur le logement. Je veux comprendre ce que les services d'Infrastructure Canada ont fait pour alerter le gouvernement lorsqu'ils ont constaté l'augmentation de l'itinérance.
:
Je vous remercie de la question.
Nous nous penchons sur l'itinérance, car Infrastructure Canada est responsable de la politique et du programme Vers un chez-soi depuis novembre 2021. Nous avons examiné très activement différentes possibilités.
L'une d'elles consiste à faire de la recherche avec un certain nombre de collectivités, ce qu'on appelle un programme de recherche-action, pour comprendre... Une fois que vous avez mis en place Vers un chez-soi, qui exige un accès coordonné par des listes de noms, ce programme fournit des systèmes et des outils aux entités communautaires de tout le pays pour les aider à réaliser leurs priorités. Il s'agit de bien comprendre ce dont les collectivités ont besoin pour travailler avec nous à l'avenir.
Nous avons également lancé le Programme de lutte contre l'itinérance chez les vétérans afin d'avoir un programme consacré directement aux vétérans. Il est terminé, et nous examinons les demandes. De plus, pendant la pandémie de COVID‑19, dans le budget de 2022, nous avons augmenté de 562 millions de dollars le financement de Vers un chez-soi, et les entités communautaires seront bientôt informées du montant complémentaire qu'elles vont recevoir.
Ce sont quelques-unes des mesures que nous avons prises assez récemment pour régler ce problème très important au pays.
Pour mettre les choses en contexte, j'ai demandé des copies de ces procès-verbaux en raison de mes préoccupations au sujet de la gouvernance du conseil d'administration de la SCHL, des conflits d'intérêts possibles au sein de ce conseil et des circonstances dans lesquelles les membres du conseil se retirent de la prise de décisions, le cas échéant.
Plus précisément, j'ai mentionné l'un des membres de votre conseil d'administration à l'époque qui était président-directeur général d'un organisme de logement qui a reçu des fonds de la SCHL. Il y a eu une annonce de financement à ce sujet qui a suscité l'attention des médias. Des députés libéraux et même l'actuelle du gouvernement libéral étaient présents. Il s'agit donc d'une question importante, et j'attends de vous que ces documents soient rapidement soumis au Comité.
:
Merci, monsieur le président.
Bienvenue à nos témoins d'aujourd'hui.
Au cours de la fin de semaine, j'ai eu l'occasion d'assister à la conférence de l'Association du logement sans but lucratif de l'Ontario, à Toronto. Madame Bowers, je sais que vous étiez présente et que vous avez parlé à de nombreux intervenants du secteur. La relation entre le logement et le transport en commun a été soulevée.
J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec Mark Richardson de HousingNowTO. Il a parlé de la publicité faite par le gouvernement provincial au sujet des terrains le long de la ligne Ontario, pour laquelle il a récemment lancé une demande de propositions au secteur de la construction pour deux tours de 25 étages à l'un des arrêts de transport en commun. Mark Richardson est un défenseur des transports en commun, bien sûr. Il a souligné le fait qu'il n'y avait pas d'exigences en matière de logement abordable. Il soulève un bon point.
Le gouvernement fédéral est un partenaire dans ce domaine pour ce qui est de fournir une infrastructure aux provinces pour le transport en commun de niveau supérieur, ce qui est l'un des objectifs du Fonds pour accélérer la construction de logements. Je pense que nous avons assez bien réussi à cet égard, mais nous avons affaire à un gouvernement provincial qui n'a pas les mêmes priorités que notre gouvernement en matière d'aide supplémentaire au logement abordable.
Madame Bowers, vous avez parlé de faire croître le secteur en doublant quasiment le nombre de logements sociaux ou abordables. Pour ce faire, comment pouvons-nous tirer parti de notre soutien à l'infrastructure pour les provinces — en l'occurrence la province de l'Ontario — afin de nous assurer que ses objectifs correspondent aux nôtres dans le dossier du logement?
À l'heure actuelle, ce n'est pas le cas. Que faut‑il faire du point de vue législatif pour s'assurer que cela change?
:
Merci, monsieur le président, de la question.
Lorsque nous examinons l'ensemble des futurs programmes d'Infrastructure Canada, depuis que l'itinérance et la SCHL ont été intégrées au portefeuille — comme cela a été annoncé dans les budgets de 2022 et de 2023 —, notre programme permanent de transport en commun, qui sera lancé et commencera à verser des fonds en 2026, sera assorti d'une exigence et d'une condition de logement abordable.
Cela dit, pour ce qui est de l'Ontario Line, des discussions sont en cours. Une liste de modalités a été signée en 2019 au sujet du logement abordable. Nous n'avons pas signé d'accord de contribution, et des discussions sont en cours avec la municipalité et la province au sujet des logements abordables qui seraient mis en place pour les quatre lignes de métro.
La nécessité de relier l'infrastructure et le logement abordable est vraiment importante dans tout ce que nous faisons du point de vue communautaire. Lors de notre examen de la prochaine génération de programmes d'infrastructure, ce sera une exigence dans tous nos programmes, pas seulement pour le transport en commun. Le Fonds pour le développement des collectivités du Canada, qui sera renouvelé le 1er avril 2024, comportera également des exigences en matière de logement.
Madame Bowers, vous avez parlé plus tôt du financement de démarrage. J'ai beaucoup d'organisations qui ont évidemment réussi à présenter une demande de financement de démarrage dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement. Cela aide les organisations qui n'ont pas beaucoup de personnel ou de ressources à faire preuve de diligence raisonnable afin de recevoir du financement pour certains des autres programmes que nous offrons dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement. Je pense que mon ami et collègue, M. Van Bynen, l'a mentionné tout à l'heure en parlant des défis auxquels font face les petites organisations.
Le financement de démarrage est important, mais vous avez aussi parlé d'accroître la capacité du secteur sans but lucratif. Il faut doubler le nombre d'unités, comme vous l'avez mentionné plus tôt. Je sais que bon nombre des organismes sans but lucratif de Hamilton comme Indwell, CityHousing Hamilton, Good Shepherd, Mission Services, et j'en passe, ont des demandes en cours. Ils font leur part et de bonnes choses avec les ressources que nous fournissons, mais si je leur disais aujourd'hui que nous avons besoin qu'ils en fassent deux fois plus, ils diraient tous, je pense, que ce n'est pas possible, en raison de leur taille, et peut-être même de l'expertise qui leur manque en matière de développement pour y arriver.
Que fait la SCHL pour essayer d'accroître la capacité de ce secteur afin de doubler le nombre d'unités d'ici 2030, comme vous en avez parlé?
:
Nous avons, à la SCHL, un groupe de personnes très dévouées qui connaissent bien le processus de développement immobilier. Nous sommes une organisation non pas de renforcement des capacités, mais d'assurance. Cependant, dans la mesure où nous avons du temps et des ressources, nous travaillons avec de petits organismes sans but lucratif pour les aider à traverser le cycle de développement immobilier.
Je n'appellerais pas cela un jumelage, mais nous essayons parfois d'établir de mettre en relation les grandes organisations à but non lucratif avec les plus petites, ou même les organismes à but non lucratif avec des partenaires à but lucratif qui sont prêts à appuyer le secteur sans but lucratif à titre gracieux ou en tant que soutien.
Lorsque je regarde les exemples internationaux, je pense qu'il y a eu un effort concerté de la part d'autres pays — par exemple le Royaume-Uni — pour accroître la capacité du secteur sans but lucratif, mais cela ne se fait pas du jour au lendemain. Je pense que c'est une chose sur laquelle nous devrons nous concentrer pendant un certain nombre d'années pour nous assurer que cela se produise, car le secteur sans but lucratif joue un rôle inestimable dans la fourniture de logements aux Canadiens vulnérables, et nous devons leur apporter un plus grand soutien.
:
Merci, monsieur le président.
Je vais revenir sur les commentaires, madame Bowers, au sujet du fonds d'acquisition.
C'est quelque chose que le NPD réclame depuis longtemps. Ma collègue, , l'a demandé.
La SCHL, ou même Infrastructure Canada, recommanderaient-ils au gouvernement de créer un fonds d'acquisition pour que certains de ces logements locatifs abordables soient mis à la disposition du public?
:
J'espère qu'il y aura des normes d'entretien pour les gens qui géreront ces nouveaux logements.
Je vais passer à ma dernière question, parce que je n'ai pas beaucoup de temps.
Entre 2006 et 2015, les conservateurs ont perdu 800 000 logements abordables. Sous les libéraux, la perte s'est poursuivie à un taux de 15 pour 1, soit 15 logements abordables perdus pour chaque nouvelle unité construite.
Ma question, madame Bowers, est la suivante: pourquoi avons-nous perdu autant de logements abordables?
:
Merci, monsieur le président.
Bonjour à mes collègues.
Madame Bowers et tous les autres, merci d'être venus.
J'aimerais d'abord faire un commentaire. Je tiens à vous féliciter pour le programme Vers un chez-soi. Je pense que c'est un excellent programme. Je sais que dans ma circonscription, c'est le Human Development Council qui administre le programme au Nouveau-Brunswick. Il ne fait aucun doute qu'il constate vraiment, comme la plupart des organismes sans but lucratif, l'impact de ce programme et l'aide qu'il apporte aux sans-abri.
Par ailleurs, j'ai rencontré un promoteur en fin de semaine, et il m'a dit que deux de ses principaux postes budgétaires sont la TPS et les intérêts. Bien entendu, le gouvernement a maintenant éliminé la TPS sur les nouvelles constructions de logements abordables. Pouvez-vous nous dire où en est la participation des provinces?
En ce qui concerne le Fonds pour accélérer la construction de logements, je pense que London, Hamilton, Brampton, Halifax, Kelowna... Mon collègue ici présent en est très satisfait, mais pas moi. Je suis à Saint John, au Nouveau-Brunswick, et j'ai appris récemment qu'une autre ville de notre province, Moncton, figure dans un autre groupe de villes qui ont été sélectionnées. Je me demande si vous pouvez nous en dire davantage sur la façon dont Moncton a été choisie et sur les critères utilisés pour ce deuxième volet.
Merci.
:
Puis‑je demander que ces résultats soient déposés au Comité? Comme vous êtes peut-être en transition, nous pourrions peut-être avoir un suivi.
Le projet de Code national du bâtiment existe depuis trois ou quatre ans. On pourrait penser que l'organisation responsable de la gestion ou, du moins, de l'examen de l'abordabilité aurait une idée de son coût supplémentaire par unité, qui, au bout du compte, sera d'abord assumé par le promoteur, bien sûr, puis par l'acheteur. Certaines études laissent entendre que c'est de 30 000 $ à 50 000 $ par unité. Il serait très utile que le Comité ait le point de vue de la SCHL à ce sujet.
De plus, il semble y avoir un problème d'exécution. Dans les 30 secondes qu'il me reste, je vais vous donner un exemple. Une administration régionale a proposé, dans le cadre de l'ICRL, l'initiative pour la création rapide de logements, d'augmenter son parc en rénovant des logements qu'elle possédait déjà, mais elle créait des unités supplémentaires. Elle s'est heurtée à un refus, même si ces unités ne coûtaient que 150 000 $ chacune. Sa demande a été rejetée parce qu'elle ne correspondait pas exactement au cadre rigide de l'ICRL.
Je pense que nous devons nous pencher davantage sur notre capacité d'exécution et sortir des sentiers battus. Soit dit en passant, d'autres ordres de gouvernement comptent cela dans leurs programmes de financement. Nous avons raté une occasion d'ajouter de nouvelles unités à très faible coût dans certaines collectivités de notre région.
Merci.
:
Madame Bowers, sauf le respect que je dois au , et que je vous dois en tant qu'administratrice des programmes de la SCHL, j'ai l'impression que nous ronronnons et qu'il n'y a rien qui va venir changer fondamentalement la crise du logement qui sévit actuellement. Je crains que, dans six mois, nous nous retrouvions ici et que rien n'ait changé.
Comme vous l'avez dit, la Stratégie nationale sur le logement, c'est un plan de 82 milliards de dollars, somme qui provient de notre argent public. Son objectif devrait être de diminuer la pression pour les gens qui cherchent un logement abordable ou un logement social.
Je ne vous demanderai pas de commenter la décision du gouvernement sur la taxe sur les produits et services, ou TPS. L'exemption de payer la TPS peut être un incitatif pour créer du logement, mais cela ne donne aucune garantie aux locataires que les prix vont baisser. Il va falloir créer énormément de logements avant que les prix baissent.
Je pose à nouveau la question que j'ai posée plus tôt. Il y a déjà des mesures qui pourraient être prises maintenant. La SCHL vante les mérites du Fonds national de co‑investissement pour le logement. Or, au Québec, des milliers de portes d'habitations à loyer modique, qui font l'objet d'une entente bilatérale entre Québec et Ottawa, sont placardées parce que la SCHL refuse d'envoyer un chèque, car la somme dépasse les coûts de rénovation initiaux.
Est‑ce exact?
:
Merci beaucoup. Mes commentaires s'adressent à Mme Bowers.
Madame Bowers, la dernière fois que vous êtes venue ici, je me suis opposée au fait que des fiducies de placement immobilier ou FPI soient financées par la SCHL. Je voudrais simplement vous résumer un extrait d'un article concernant RioCan, dans lequel le PDG de cette entreprise dit à peu près ceci:
Les obligations hypothécaires les moins chères en ville sont celles cautionnées par la SCHL, et elles peuvent servir à la construction d'immeubles locatifs résidentiels. Nous souhaitons donc ardemment que notre première transaction avec la SCHL ait lieu avant la fin de l'été.
.
Au cours des prochaines années, l'entreprise pourrait accroître son financement grâce à des prêts garantis par la SCHL de 800 millions de dollars.
.
Le financement peut se situer à environ 80 points de base en dessous de celui d'un prêt hypothécaire commercial traditionnel.
J'espère que nous profiterons beaucoup de cela. Nous avons l'intention de remplacer une bonne partie de nos obligations commerciales, parce que c'est tout simplement moins cher: 80 points de base sur 1 milliard de dollars, c'est 8 millions de dollars par année,
ce qui est une bonne chose pour les porteurs de parts. Lorsque nous économisons 8 millions de dollars par année, il y a 8 millions de dollars de plus à distribuer, à investir.
C'est le PDG de RioCan qui se vante de la façon dont la SCHL, qui relève du gouvernement canadien, enrichit les porteurs de parts de l'entreprise en augmentant leurs dividendes. En même temps, les loyers de bon nombre de ces FPI augmentent. Il est clair, d'après les commentaires du PDG de RioCan, que cette entreprise n'a pas besoin des incitatifs de la SCHL, qu'elle est tout à fait disposée à se tourner vers les prêts commerciaux traditionnels, et qu'aucun des taux préférentiels qu'elle reçoit ne profite aux locataires sur le marché.
Lorsque la SCHL a offert des taux d'intérêt si bas à ces FPI, s'attendait-elle à ce que ces dernières les redistribuent à leurs actionnaires?
:
Je ne peux pas me prononcer précisément sur la situation de RioCan, mais je peux vous dire que la SCHL offre une assurance hypothécaire aux promoteurs de logements construits expressément pour la location, ce qui comprend les FPI, et nous estimons qu'il est important de le faire parce que nous avons un déficit de logements locatifs au Canada, et que le cautionnement de la SCHL fournit un petit incitatif financier aux promoteurs commerciaux pour qu'ils s'engagent dans cet espace.
Il est beaucoup plus lucratif pour ces promoteurs de construire des appartements en copropriété que des logements locatifs, et c'est pourquoi nous offrons une assurance hypothécaire pour que l'équation financière soit favorable à ceux qui sont prêts à construire de tels logements. Il est très clair qu'il doit y avoir un niveau de rentabilité intéressant pour le secteur, compte tenu de la grande quantité de capitaux nécessaires pour le faire croître.
Cela dit, je suis également très sensible à la nécessité d'avoir des mesures de protection très fortes pour les droits des locataires. Il s'agit habituellement d'une compétence provinciale, territoriale ou municipale, mais l'objectif de la SCHL est d'offrir un financement moins coûteux, afin d'assurer la croissance du secteur. Nous sommes prêts à offrir des remises de primes pour respecter les objectifs d'abordabilité et d'autres objectifs sociaux, mais nous estimons que les entreprises avec lesquelles nous travaillons sont des acteurs responsables et qu'elles contribuent à l'offre de logements dont notre pays a désespérément besoin.
J'aimerais passer à Mme Gillis.
Le 11 mai 2021, le gouvernement du Canada a annoncé 10,4 milliards de dollars pour quatre projets de transport en commun à Toronto. Je suis certain que vous les connaissez très bien: 2,2 milliards de dollars pour le prolongement du métro de Scarborough, 1,8 milliard de dollars pour le prolongement vers l'ouest de la ligne Eglinton Crosstown, 2,24 milliards de dollars pour le prolongement vers le nord de la ligne Yonge, et 4 milliards de dollars pour la nouvelle ligne Ontario.
Pouvez-vous me dire combien d'unités ont été mises en chantier ou construites jusqu'à maintenant à proximité du prolongement du métro de Scarborough?
:
Merci, monsieur le président.
Parmi les besoins les plus pressants en ce moment dans notre crise du logement, il y a ceux des personnes qui vivent dans des campements, ainsi que la façon dont nous traitons cette population très vulnérable de personnes qui ont des besoins très importants en matière de soutien en toxicomanie et de services en santé mentale et pour une foule d'autres enjeux liés aux problèmes qu'ils vivent.
Ma question porte sur l'initiative Vers un chez-soi, qui a obtenu des résultats incroyables, comme Mme Gillis l'a souligné plus tôt en réponse à la question de mon collègue sur le nombre de personnes que nous avons aidées dans le cadre de ce programme.
Je sais qu'un grand nombre de fournisseurs de services à Hamilton, comme Indwell, offrent d'excellents services de logement de transition à cette population très vulnérable. Ils les sortent des campements et les placent dans des logements de transition, avec des mesures de soutien pour s'assurer que lorsqu'un logement abordable est trouvé pour eux — un logement permanent —, ils ne retournent pas dans un campement après quelques semaines ou quelques mois.
J'ajoute à cela certains des programmes que nous offrons dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement. L'Initiative pour la création rapide de logements répond aux besoins d'une population très vulnérable. Le fonds de co‑investissement offre le même genre de soutien au secteur.
Je constate qu'il y a de nombreuses demandes pour des organisations comme Indwell, Mission Services et Wesley. Il y en a toute une série à Hamilton qui servent les gens qui sortent des campements, et ces organisations sont obligées de présenter une demande dans le cadre de différents volets pour mener à bien un projet.
Y a‑t‑il des discussions entre la SCHL et le ministère sur la façon de rationaliser ces mesures de soutien, afin que les petites organisations — les organismes sans but lucratif — ne soient pas obligées de remplir de multiples demandes lorsqu'elles essaient de servir certains de nos Canadiens parmi les plus vulnérables et lorsqu'elles essaient de le faire très rapidement?
:
Je vais commencer, puis je céderai la parole à ma collègue, Mme Bowers.
Il y a une collaboration très étroite entre Infrastructure Canada et la SCHL dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement et pour une partie du travail du fonds de co‑investissement qui finance les refuges.
Dans le cas des campements, Infrastructure Canada vient de faire un sondage auprès de 72 collectivités du pays pour mieux comprendre les problèmes. Pourquoi les gens utilisent-ils des campements? Y a‑t‑il des obstacles particuliers dans les refuges? Est‑ce un problème de capacité? Est‑ce en raison d'obstacles concernant la famille, les animaux de compagnie ou les mesures relatives aux services de toxicomanie et de soutien? Dans le cadre de l'examen des programmes à venir, nous pouvons être mieux informés et travailler en collaboration plus étroite avec nos collectivités.
L'une des préoccupations à l'heure actuelle concerne la capacité des refuges. Au cours de la pandémie de COVID‑19, il y a eu des réductions permanentes de cette capacité. Celle‑ci vient à peine d'être rétablie. On a eu recours à des refuges temporaires.
En ce qui concerne les différents programmes, je pense qu'une harmonisation est nécessaire entre les entités communautaires qui mettent en œuvre Vers un chez-soi et les possibilités qu'offrent les programmes — que ce soit la SCHL au chapitre de la construction, ou Vers un chez-soi, qui fournit des services complets.
C'est pourquoi nous avons également créé un groupe de travail fédéral-provincial-territorial sur le logement avec services de soutien et l'itinérance, non seulement pour assurer une étroite collaboration au sein même de notre organisation, mais aussi avec les provinces et les municipalités, afin de nous assurer que tous nos leviers sont harmonisés pour être le plus efficaces possible.
Madame Bowers, puis‑je vous poser une question sur l'innovation?
Vous avez parlé du nombre de logements nécessaires, non seulement dans le secteur abordable, mais aussi dans le secteur du marché, pour répondre à la demande.
Bon nombre des méthodes de construction que nous utilisons aujourd'hui remontent à une centaine d'années. Mon ami et collègue et moi avons eu l'occasion de visiter les installations d'Element5, à St. Thomas, pour voir certaines des méthodes novatrices qu'ils utilisent pour des projets de construction massives en bois. J'ai également eu l'occasion de visiter NRB, une autre entreprise de solutions modulaires en construction, qui offre des produits novateurs. Toutefois, ces entreprises ne sont certainement pas prêtes ou n'ont pas la capacité pour construire le nombre de logements nécessaires d'ici 2030 ou même 2050.
Pouvez-vous nous parler de ce que la SCHL fait pour stimuler l'innovation dans le secteur, afin de s'assurer que nous sommes en mesure de construire, à l'échelle nationale, la quantité de logements dont les Canadiens ont besoin?
:
Merci beaucoup de la question.
Ce rapport d'audit a été produit principalement pendant la pandémie de COVID‑19. Pendant cette période, le secteur des services aux sans-abri n'avait pas la capacité de faire rapport des résultats. Il se consacrait à sauver des vies et à assurer la sécurité des gens.
Depuis ce temps, nous avons rattrapé notre retard pour tous nos rapports, et les chiffres que j'ai donnés auparavant pour les trois premières années du programme font ressortir que les sommes dépensées pour ce programme particulier ont donné des résultats extraordinaires.
Des 1,3 milliard de dollars que vous avez mentionnés, 708 millions de dollars ont été consacrés à des services de santé spécialisés pour maintenir les gens en vie, comme les soins infirmiers, les vaccins, les masques, la distanciation sociale et le logement temporaire.
Cette information n'était pas disponible lorsque la vérificatrice générale a rédigé son rapport, parce que nous étions toujours en période de COVID. Depuis, le retard a été rattrapé et nous publions l'information...
:
Merci, madame Gillis. Je dois vous interrompre.
Je veux mentionner, pour les gens qui nous regardent, que nous avons très peu de temps. C'est pourquoi nous devons souvent couper court aux interventions.
Je m'inscris en faux contre cette réponse. En tant que personne qui vit dans une collectivité où le nombre de sans-abri a monté en flèche, je trouve un peu insultant, pour être honnête avec vous, madame Gillis, de dire que le programme a été couronné de succès.
Je n'ai pas encore terminé.
Je ne pense pas que l'approche soit très humaine ou réaliste. Pour être honnête avec vous, cela ressemble un peu à de la positivité toxique.
Le vendredi 27 octobre 2023, les volets de financement de Vers un chez-soi... Vers un chez-soi a 4 volets de financement régionaux destinés aux collectivités pour répondre aux besoins locaux des personnes en situation d'itinérance. Le volet de financement Communautés désignées est fermé. Il est impossible de présenter une demande dans le cadre du volet de financement Itinérance chez les Autochtones. Le volet de financement Itinérance dans les communautés rurales et éloignées est fermé. Il est impossible de présenter une demande dans le cadre du volet de financement Itinérance dans les territoires.
Madame Gillis, comment pouvez-vous prétendre que ce programme soit aussi efficace alors que les gens qui en ont le plus besoin ne peuvent même présenter de demandes?
:
Merci beaucoup de la question.
Dans le cadre du programme Vers un chez-soi, ce que nous voulons, c'est de la transparence et des résultats. C'est pourquoi je voulais mentionner le rapport de la vérificatrice générale. Nous pouvons maintenant faire rapport des résultats.
Nous savons qu'il faut en faire plus, et c'est pourquoi nous menons des programmes de recherche. Dans le cadre du programme en question, nous allouons des fonds aux entités communautaires sur une certaine période. Ces programmes continuent d'être financés.
En ce qui concerne ces demandes particulières, je vais demander à mon collègue de vous parler de ces volets qui ont été fermés et de ce qui se passe dans chacun de ces cas.
Madame Gillis, j'aimerais vous poser une autre question au sujet de la Stratégie nationale sur le logement. Vous avez parlé de la façon dont la coopération fait partie intégrante du programme et de sa structure. Grâce aux organismes sans but lucratif, les personnes ayant connu l'itinérance peuvent bénéficier d'un soutien global.
Quels sont les types de soutien disponibles? Encore une fois, je pose cette question du point de vue de mes électeurs et de résidants d'autres collectivités qui pourraient se dire que c'est une chose de demander à quelqu'un de... Vous avez dit que près de 70 000 personnes sont maintenant logées. À première vue, quelqu'un pourrait se dire: « C'est très bien; ils ont un logement », mais si on ne leur donne pas le soutien dont ils ont besoin pour faire la transition vers quelque chose de beaucoup plus positif, le problème va se répéter.
Pourriez-vous nous parler des mesures de soutien globales qui sont offertes dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement? Tout cela est livré par des organismes sans but lucratif sur le terrain.
En ce qui concerne Vers un chez-soi, nous avions avant une politique sur l'itinérance, qui s'appelait Logement d'abord, mais qui accordait vraiment la priorité au logement, par-delà des services globaux intégrés.
S'agissant des pratiques exemplaires internationales et du travail avec l'Alliance canadienne pour mettre fin à l'itinérance, quand on voit comment d'autres ont réussi à lutter contre l'itinérance, force est de constater qu'il est question de s'assurer que les collectivités comprennent et qu'elles aient un accès coordonné et des soutiens adaptés pour que les personnes en difficulté puissent obtenir les services dont elles ont besoin dans leurs collectivités.
Je vais poursuivre avec Mme Gillis sur la question de l'itinérance.
Madame Gillis, en juin dernier, notre comité a déposé un rapport sur la Stratégie nationale sur le logement. Dans ce rapport, il est question d'un objectif de réduction de l'itinérance chronique de 50 %. Le Comité a demandé qu'en décembre 2023, au plus tard, un plan soit déposé sur la façon d'atteindre cet objectif.
Il est un peu inquiétant qu'on nous parle de stabilité. On veut réduire l'itinérance chronique de 50 %, mais, cinq ans plus tard, on ne parle encore que de stabilité.
Quel plan prévoyez-vous mettre en œuvre? Qu'avez-vous l'intention de recommander au gouvernement? Est-il question de sommes d'argent supplémentaires, de mesures d'urgence particulières? Juste au Québec, selon le recensement de 2022, il y a 10 000 itinérants visibles.
Notre comité a demandé qu'on dépose un plan d'ici 2023. Avez-vous un plan déjà en route?
:
Je vous remercie de la question.
Il est très important de prendre les mesures nécessaires pour aider les personnes itinérantes.
Pour ce qui est des mesures prises par le gouvernement, il faut dire que le Fonds pour accélérer la construction de logements a été doublé. Il est passé de 4 milliards de dollars à 6 milliards de dollars. De plus, le gouvernement vient de lancer le Programme de lutte contre l'itinérance chez les vétérans.
Nous consultons les communautés pour connaître les besoins qui n'ont pas encore été comblés. Par exemple, nous venons de faire un sondage sur les personnes itinérantes qui ne sont pas dans le réseau de refuges. Nous regardons tout cela pour savoir quelles sont les prochaines étapes à entreprendre.
Nous avons aussi créé un nouveau comité. Nous travaillons avec les provinces et les territoires pour connaître les mesures qu'ils prennent actuellement afin de lutter contre l'itinérance. Nous voulons voir s'il est possible de mieux harmoniser les différents programmes afin d'avoir le plus de résultats possible.
Un nouveau comité fédéral a été constitué avec mes collègues, justement pour harmoniser le travail de Santé Canada, par exemple, avec celui des autres instances provinciales et territoriales. Nous examinerons tout cela et ferons des recommandations au gouvernement.
:
Merci beaucoup de la question.
Quand nous planifions des investissements dans les infrastructures des collectivités, par le biais d'une évaluation préalable détaillée des besoins de logement, nous nous efforçons de comprendre la démographie de la collectivité, la trajectoire de croissance, l'endroit où les gens vivent et leurs niveaux de revenu. Certaines collectivités ont déjà exigé ce genre d'exercice. Certaines collectivités de la Colombie-Britannique ont cette exigence.
C'est effectivement nécessaire quand on veut s'assurer que les collectivités ont l'information dont elles ont besoin pour planifier en conséquence, mais nous devons aussi nous assurer d'avoir des investissements harmonisés pour répondre aux besoins actuels et futurs des collectivités.